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Livre des Métamorphoses d’Ovide : Origine du monde

 
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damejane
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MessagePosté le: Lun 19 Jan 2009 - 20:18    Sujet du message: Livre des Métamorphoses d’Ovide : Origine du monde Répondre en citant

« le: 06 Novembre 2008 à 15:04: »

Citation:

Traduction (légèrement adaptée) de G.T. Villenave, Paris, 1806.
A propos des Métamorphoses.
Ovide naquit en 43 avant J.-C. et mourut en 17 après J.-C.. Dans un premier temps, il écrivit essentiellement des poèmes d’amour : les Amours, l’Art d’aimer, les Remèdes d’amour, les Héroïdes,...
Mais il rêvait d’une oeuvre plus importante et c’est ainsi qu’il écrivit les Métamorphoses qui rassemble, en un long poème de quinze livres, des légendes ayant pour thème la transformation, comme l’indique le titre de l’ouvrage. Il entreprit ainsi de classer chronologiquement (depuis l’origine du monde jusqu’au règne d’Auguste) les légendes concernant les métamorphoses d’êtres humains en plantes, en animaux, en rochers,...
Cette oeuvre vous permettra de juger de ses talents de conteur et de ses qualités d’écrivain.

http://www.lescheminsdhermes.org/-Livre-des-Metamorphoses-d-Ovide-.html


Livre des Métamorphoses d’Ovide : Origine du monde (I, 5-20)
Avant la formation de la mer, de la terre, et du ciel qui les environne, la nature dans l’univers n’offrait qu’un seul aspect ; on l’appela chaos, masse grossière, informe, qui n’avait que de la pesanteur, sans action et sans vie, mélange confus d’éléments qui se combattaient entre eux. Aucun soleil ne prêtait encore sa lumière au monde ; la lune ne faisait point briller son croissant argenté ; la terre n’était pas suspendue, balancée par son poids, au milieu des airs ; l’océan, sans rivages, n’embrassait pas les vastes flancs du globe. L’air, la terre, et les eaux étaient confondus : la terre sans solidité, l’onde non fluide, l’air privé de lumière. Les éléments étaient ennemis ; aucun d’eux n’avait sa forme actuelle. Dans le même corps le froid combattait le chaud, le sec attaquait l’humide ; les corps durs et ceux qui étaient sans résistance, les corps les plus pesants et les corps les plus légers se heurtaient, sans cesse opposés et contraires.
Livre des Métamorphoses d’Ovide : Séparation des éléments (I, 21-75)
Un dieu, ou la nature plus puissante, termina tous ces combats, sépara le ciel de la terre, la terre des eaux, l’air le plus pur de l’air le plus grossier. Le chaos étant ainsi débrouillé, les éléments occupèrent le rang qui leur fut assigné, et reçurent les lois qui devaient maintenir entre eux une éternelle paix. Le feu, qui n’a point de pesanteur, brilla dans le ciel, et occupa la région la plus élevée. Au-dessous, mais près de lui, vint se placer l’air par sa légèreté. La terre, entraînant les éléments épais et solides, fut fixée plus bas par son propre poids. La dernière place appartint à l’onde, qui, s’étendant mollement autour de la terre, l’embrassa de toutes parts.
Après que ce dieu, quel qu’il fût, eut ainsi débrouillé et divisé la matière, il arrondit la terre pour qu’elle fût égale dans toutes ses parties. Il ordonna qu’elle fût entourée par la mer, et la mer fut soumise à l’empire des vents, sans pouvoir franchir ses rivages. Ensuite il forma les fontaines, les vastes étangs, et les lacs, et les fleuves, qui, renfermés dans leurs rives tortueuses, et dispersés sur la surface de la terre, se perdent dans son sein, ou se jettent dans l’océan ; et alors, coulant plus librement dans son enceinte immense et profonde, ils n’ont à presser d’autres bords que les siens. Ce dieu dit, et les plaines s’étendirent, les vallons s’abaissèrent, les montagnes élevèrent leurs sommets, et les forêts se couvrirent de verdure.
Ainsi que le ciel est coupé par cinq zones, deux à droite, deux à gauche, et une au milieu, qui est plus ardente que les autres, ainsi la terre fut divisée en cinq régions qui correspondent à celles du ciel qui l’environne. La zone du milieu, brûlée par le soleil, est inhabitable ; celles qui sont vers les deux pôles se couvrent de neiges et de glaces éternelles : les deux autres, placées entre les zones polaires et la zone du milieu, ont un climat tempéré par le mélange du chaud et du froid. Étendu sur les zones, l’air, plus léger que la terre et que l’onde, est plus pesant que le feu.
C’est dans la région de l’air que l’auteur du monde ordonna aux vapeurs et aux nuages de s’assembler, au tonnerre de gronder pour effrayer les mortels, aux vents d’exciter la foudre, la grêle et les frimas ; mais il ne leur abandonna pas le libre empire des airs. Le monde, qui résiste à peine à leur impétuosité, quoiqu’ils ne puissent franchir les limites qui leur ont été assignées, serait bientôt bouleversé, tant est grande la division qui règne entre eux, S’il leur était permis de se répandre à leur gré sur la terre !
Eurus fut relégué vers les lieux où naît l’aurore, dans la Perse, dans l’Arabie, et sur les montagnes qui reçoivent les premiers rayons du jour. Zéphyr eut en partage les lieux où se lève l’étoile du soir, où le soleil éteint ses derniers feux. L’horrible Borée envahit la Scythie et les climats glacés du septentrion. Les régions du midi furent le domaine de l’Auster pluvieux, au front couvert de nuages éternels ; et par-delà le séjour des vents fut placé l’éther, élément fluide et léger, dépouillé de l’air grossier qui nous environne.
À peine tous ces corps étaient-ils séparés, assujettis à des lois immuables, les astres, longtemps obscurcis dans la masse informe du chaos, commencèrent à briller dans les cieux. Les étoiles et les dieux y fixèrent leur séjour, afin qu’aucune région ne fût sans habitants. Les poissons peuplèrent l’onde ; les quadrupèdes, la terre ; les oiseaux, les plaines de l’air.
Livre des Métamorphoses d’Ovide : Création de l’homme (I, 76-88)
Un être plus noble et plus intelligent, fait pour dominer sur tous les autres, manquait encore à ce grand ouvrage. L’homme naquit : et soit que l’architecte suprême l’eût animé d’un souffle divin, soit que la terre conservât encore, dans son sein, quelques-unes des plus pures parties de l’éther dont elle venait d’être séparée, et que le fils de Japet, détrempant cette semence féconde, en eût formé l’homme à l’image des dieux, arbitres de l’univers ; l’homme, distingué des autres animaux dont la tête est inclinée vers la terre, put contempler les astres et fixer ses regards sublimes dans les cieux. Ainsi la matière, auparavant informe et stérile, prit la figure de l’homme, jusqu’alors inconnue à l’univers.
Livre des Métamorphoses d’Ovide : Les quatre âges (I, 89-150)
L’âge d’or commença. Alors les hommes gardaient volontairement la justice et suivaient la vertu sans effort. Ils ne connaissaient ni la crainte, ni les supplices ; des lois menaçantes n’étaient point gravées sur des tables d’airain ; on ne voyait pas des coupables tremblants redouter les regards de leurs juges, et la sûreté commune être l’ouvrage des magistrats.
Les pins abattus sur les montagnes n’étaient pas encore descendus sur l’océan pour visiter des plages inconnues. Les mortels ne connaissaient d’autres rivages que ceux qui les avaient vus naître. Les cités n’étaient défendues ni par des fossés profonds ni par des remparts. On ignorait et la trompette guerrière et l’airain courbé du clairon. On ne portait ni casque, ni épée ; et ce n’étaient pas les soldats et les armes qui assuraient le repos des nations.
La terre, sans être sollicitée par le fer, ouvrait son sein, et, fertile sans culture, produisait tout d’elle-même. L’homme, satisfait des aliments que la nature lui offrait sans effort, cueillait les fruits de l’arbousier et du cornouiller, la fraise des montagnes, la mûre sauvage qui croît sur la ronce épineuse, et le gland qui tombait de l’arbre de Jupiter. C’était alors le règne d’un printemps éternel. Les doux zéphyrs, de leurs tièdes haleines, animaient les fleurs écloses sans semence. La terre, sans le secours de la charrue, produisait d’elle-même d’abondantes moissons. Dans les campagnes s’épanchaient des fontaines de lait, des fleuves de nectar ; et de l’écorce des chênes le miel distillait en bienfaisante rosée.
Lorsque Jupiter eut précipité Saturne dans le sombre Tartare, l’empire du monde lui appartint, et alors commença l’âge d’argent, âge inférieur à celui qui l’avait précédé, mais préférable à l’âge d’airain qui le suivit. Jupiter abrégea la durée de l’antique printemps ; il en forma quatre saisons qui partagèrent l’année : l’été, l’automne inégale, l’hiver, et le printemps actuellement si court. Alors, pour la première fois, des chaleurs dévorantes embrasèrent les airs ; les vents formèrent la glace de l’onde condensée. On chercha des abris. Les maisons ne furent d’abord que des antres, des arbrisseaux touffus et des cabanes de feuillages. Alors il fallut confier à de longs sillons les semences de Cérès ; alors les jeunes taureaux gémirent fatigués sous le joug.
Aux deux premiers âges succéda l’âge d’airain. Les hommes, devenus féroces, ne respiraient que la guerre ; mais ils ne furent point encore tout à fait corrompus. L’âge de fer fut le dernier. Tous les crimes se répandirent avec lui sur la terre. La pudeur, la vérité, la bonne foi disparurent. À leur place dominèrent l’artifice, la trahison, la violence, et la coupable soif de posséder. Le nautonier confia ses voiles à des vents qu’il ne connaissait pas encore ; et les arbres, qui avaient vieilli sur les montagnes, en descendirent pour flotter sur des mers ignorées. La terre, auparavant commune aux hommes, ainsi que l’air et la lumière, fut partagée, et le laboureur défiant traça de longues limites autour du champ qu’il cultivait. Les hommes ne se bornèrent point à demander à la terre ses moissons et ses fruits, ils osèrent pénétrer dans son sein ; et les trésors qu’elle recelait, dans des antres voisins du Tartare, vinrent aggraver tous leurs maux. Déjà sont dans leurs mains le fer, instrument du crime, et l’or, plus pernicieux encore. La Discorde combat avec l’un et l’autre. Sa main ensanglantée agite et fait retentir les armes homicides. Partout on vit de rapine. L’hospitalité n’offre plus un asile sacré. Le beau-père redoute son gendre. L’union est rare entre les frères. L’époux menace les jours de sa compagne ; et celle-ci, les jours de son mari. Des marâtres cruelles mêlent et préparent d’horribles poisons : le fils hâte les derniers jours de son père. La piété languit, méprisée ; et Astrée [= la Justice] quitte enfin cette terre souillée de sang, et que les dieux ont déjà abandonnée.




Livre des Métamorphoses d’Ovide :Les Géants (I, 151-162)

Un être plus noble et plus intelligent, fait pour dominer sur tous les autres, manquait encore à ce grand ouvrage. L’homme naquit : et soit que l’architecte suprême l’eût animé d’un souffle divin, soit que la terre conservât encore, dans son sein, quelques-unes des plus pures parties de l’éther dont elle venait d’être séparée, et que le fils de Japet, détrempant cette semence féconde, en eût formé l’homme à l’image des dieux, arbitres de l’univers ; l’homme, distingué des autres animaux dont la tête est inclinée vers la terre, put contempler les astres et fixer ses regards sublimes dans les cieux. Ainsi la matière, auparavant informe et stérile, prit la figure de l’homme, jusqu’alors inconnue à l’univers.
Livre des Métamorphoses d’Ovide : Les quatre âges (I, 89-150)
L’âge d’or commença. Alors les hommes gardaient volontairement la justice et suivaient la vertu sans effort. Ils ne connaissaient ni la crainte, ni les supplices ; des lois menaçantes n’étaient point gravées sur des tables d’airain ; on ne voyait pas des coupables tremblants redouter les regards de leurs juges, et la sûreté commune être l’ouvrage des magistrats.
Les pins abattus sur les montagnes n’étaient pas encore descendus sur l’océan pour visiter des plages inconnues. Les mortels ne connaissaient d’autres rivages que ceux qui les avaient vus naître. Les cités n’étaient défendues ni par des fossés profonds ni par des remparts. On ignorait et la trompette guerrière et l’airain courbé du clairon. On ne portait ni casque, ni épée ; et ce n’étaient pas les soldats et les armes qui assuraient le repos des nations.
La terre, sans être sollicitée par le fer, ouvrait son sein, et, fertile sans culture, produisait tout d’elle-même. L’homme, satisfait des aliments que la nature lui offrait sans effort, cueillait les fruits de l’arbousier et du cornouiller, la fraise des montagnes, la mûre sauvage qui croît sur la ronce épineuse, et le gland qui tombait de l’arbre de Jupiter. C’était alors le règne d’un printemps éternel. Les doux zéphyrs, de leurs tièdes haleines, animaient les fleurs écloses sans semence. La terre, sans le secours de la charrue, produisait d’elle-même d’abondantes moissons. Dans les campagnes s’épanchaient des fontaines de lait, des fleuves de nectar ; et de l’écorce des chênes le miel distillait en bienfaisante rosée.
Lorsque Jupiter eut précipité Saturne dans le sombre Tartare, l’empire du monde lui appartint, et alors commença l’âge d’argent, âge inférieur à celui qui l’avait précédé, mais préférable à l’âge d’airain qui le suivit. Jupiter abrégea la durée de l’antique printemps ; il en forma quatre saisons qui partagèrent l’année : l’été, l’automne inégale, l’hiver, et le printemps actuellement si court. Alors, pour la première fois, des chaleurs dévorantes embrasèrent les airs ; les vents formèrent la glace de l’onde condensée. On chercha des abris. Les maisons ne furent d’abord que des antres, des arbrisseaux touffus et des cabanes de feuillages. Alors il fallut confier à de longs sillons les semences de Cérès ; alors les jeunes taureaux gémirent fatigués sous le joug.
Aux deux premiers âges succéda l’âge d’airain. Les hommes, devenus féroces, ne respiraient que la guerre ; mais ils ne furent point encore tout à fait corrompus. L’âge de fer fut le dernier. Tous les crimes se répandirent avec lui sur la terre. La pudeur, la vérité, la bonne foi disparurent. À leur place dominèrent l’artifice, la trahison, la violence, et la coupable soif de posséder. Le nautonier confia ses voiles à des vents qu’il ne connaissait pas encore ; et les arbres, qui avaient vieilli sur les montagnes, en descendirent pour flotter sur des mers ignorées. La terre, auparavant commune aux hommes, ainsi que l’air et la lumière, fut partagée, et le laboureur défiant traça de longues limites autour du champ qu’il cultivait. Les hommes ne se bornèrent point à demander à la terre ses moissons et ses fruits, ils osèrent pénétrer dans son sein ; et les trésors qu’elle recelait, dans des antres voisins du Tartare, vinrent aggraver tous leurs maux. Déjà sont dans leurs mains le fer, instrument du crime, et l’or, plus pernicieux encore. La Discorde combat avec l’un et l’autre. Sa main ensanglantée agite et fait retentir les armes homicides. Partout on vit de rapine. L’hospitalité n’offre plus un asile sacré. Le beau-père redoute son gendre. L’union est rare entre les frères. L’époux menace les jours de sa compagne ; et celle-ci, les jours de son mari. Des marâtres cruelles mêlent et préparent d’horribles poisons : le fils hâte les derniers jours de son père. La piété languit, méprisée ; et Astrée [= la Justice] quitte enfin cette terre souillée de sang, et que les dieux ont déjà abandonnée.
Livre des Métamorphoses d’Ovide :Les Géants (I, 151-162)
Le ciel ne fut pas plus que la terre à l’abri des noirs attentats des mortels : on raconte que les Géants osèrent déclarer la guerre aux dieux. Ils élevèrent jusqu’aux astres les montagnes entassées. Mais le puissant Jupiter frappa, brisa l’Olympe de sa foudre ; et, renversant Ossa sur Pélion, (deux montagnes) il ensevelit, sous ces masses écroulées, les corps effroyables de ses ennemis. On dit encore que la terre, fumante de leur sang, anima ce qui en restait dans ses flancs, pour ne pas voir s’éteindre cette race cruelle. De nouveaux hommes furent formés : peuple impie, qui continua de mépriser les dieux, fut altéré de meurtre, emporté par la violence, et bien digne de sa sanglante origine.


Bonne lecture : damejane.

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_________________
La vérité est la lumière de feu que te dicte ton coeur.
"Shanti-Om"


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MessagePosté le: Lun 19 Jan 2009 - 20:18    Sujet du message: Publicité

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