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La question de l’adolescence

 
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damejane
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MessagePosté le: Mar 16 Sep 2008 - 12:15    Sujet du message: La question de l’adolescence Répondre en citant

mercredi 29 novembre 2006, par damejane
Toutes les affres que subissent les « ados » sont perçues par l’entourage comme quelque chose de difficile à comprendre.

 Lorsque biologiquement, l’ "ado" passe par la porte de la crise de l’adolescence, il commence par voir se transformer son corps, (les hormones faisant leur œuvre). Sa voix change, elle mue, mais aussi ses perceptions, (ses sens muent), et s’ajoute à cela la sexualité, qui par sa puissance , cherche à prendre toute sa place, « chakra sexuel entamant un début d’ouverture ». C’est vécu comme un véritable chamboulement par l’intéressé. La sensualité, la séduction, la fragilité émotionnelle sont exacerbées par cette énergie couplée aux chakras émotionnel & sexuel. Il doit supporter cet afflux d’énergie qui se déverse sur la terre pénétrant les roues de feu en début d’activité, de cela il n’en est pas conscient mais il « vibre » tant sur le plan physique que sur un plan psychique . Un éveil partiel, (coupé en deux), s’opère dans la conscience de l’enfant-adolescent, formant une fracture qui apparaît aux observateurs extérieurs sous forme d’une crise interne violente.

 L’ « enfant-adulte » qu’il est, oscille par des états successifs, entre les valeurs, notions du « bien & du mal », qui l’avaient jusque là structuré au niveau de ce qu’il est (son soi), et ces nouvelles valeurs de ce qu’il voudrait, lui (ou elle), être.

 Il veut reprendre le pouvoir sur la direction de sa vie. Il réagit par une forme de rébellion, de colère, cherchant la fracture inconsciemment et consciemment avec le monde socialisant, la famille qui représente l’autorité, donc susceptible selon ce qu’il croit ressentir, de nuire à ses propres projets. Il vit et expérimente une remise en cause totale de tout ce qu’il est. Il doit faire face à une crise majeure de sa personnalité, liée à une souffrance réellement vécue du fait du flot continu des émotions qui le submergent. Il a besoin de se reconstruire mais il ne sait pas comment faire pour s’affirmer. Il va chercher un modèle autour de lui qui pourrait coller à ses attentes de vie.
 Et comme il ne veut plus être dirigé par une forme d’autorité dirigiste et manipulatrice, (que représente à ses yeux le monde des adultes), il ira chercher ce modèle auprès de ses copains du même âge. En effet ses amis vivent la même chose que lui, ce qui, à ses yeux sera valorisant pour lui.


 En général, il va s’identifier de façon erronée à une personne qui se démarquera par son pouvoir sur les autres, qui aura l’air d’être sûre d’elle. Pour l’adolescent en pleine crise c’est un moyen palliatif, pour afficher un semblant d’équilibre. Il adoptera la mode du moment avec tous ses rituels de groupe, sous une forme tribale, émergente, marquant notre société actuelle, il sera préoccupé par leur jugement. Et cela contribue pour lui à une forme de pensée de groupe, obligeant l’Ado à s’y conformer sous peine être rejeté et de se retrouver seul face à ses propres démons. Et quand ce système ne fonctionne pas, l’Ado rentre dans une souffrance démultipliée, tellement insupportable, qu’il songe au suicide et parfois, malheureusement, passe à l’acte. Dans ce cas de figure, il est dans une grande détresse morale, devient dépressif car il se sent inutile et sans valeurs au regard du monde. Très souvent, il ne se sent pas en sécurité, ou bien faire le deuil de l’enfance peut être rendu trop difficile.


 C’est une crise majeure dans sa vie d’Ado, car il est suffisamment mûr pour être conscient de ce qui se passe dans le monde, conscient des injustices et des difficultés auxquelles il devra faire face pour affronter cette vie. Mais c’est sa sensibilité émotionnelle mise à vif qui l’empêche d’avoir assez de recul. La peur prend une grande place dans tout ce qu’il vit lors de cette période critique. On pourrait parler, si j’ose dire, d’un clivage essentiel ressemblant à une pré-initiation de l’adolescent qui cherche son chemin de vie vers le passage à « l’âge adulte », lequel peut, en fait, prendre pas mal d’années. Il doit faire le deuil de la « petite enfance » pendant laquelle bien des aspects de sa vie étaient pris en charge par d’autres, ce qui est difficile pour lui. Il doit apprendre à assumer ses actes & pensés en tant qu’individu responsable, ce qui n’est pas davantage facile pour lui, car en lui-même il n’a pas la « distance émotionnelle suffisante » pour y voir clair et prendre les bonnes décisions. Il basculera plus facilement dans la facilité et, ( croyant être libre), fera tout et n’importe quoi, et prétendra à avoir réponse à tout.


 Et, si l’adulte en face de lui cherche à le freiner, il réagira par la violence ainsi que par l’intimidation, le chantage, le terrorisme verbal. L’adulte en face, en l’occurrence le(s) parent(s), s’il réagit par la peur, puis au final cède pour ne pas souffrir de la situation, les limites nécessaires à la construction de l’ego de l’adolescent tombent. L’enfant « adolescent » prend le pouvoir sur le monde « adulte » et pour arriver à ses fins d’un bien être qu’il veut s’octroyer d’office, il prendra comme support ses copains qui font comme lui,. Bien que l’adolescent sache parfaitement ce qu’est la notion du bien et du mal, il ne veut pas souffrir dans ce monde qui lui paraît trop dur. C’est là tout un paradoxe dans lequel il entremêle ses besoins d’être heureux dont il veut une satisfaction immédiate, et ce qui est au fond de lui lui rappelant ce qui est juste et injuste. L’époque actuelle est énormément accentuée sur les désirs. Il suffit de regarder les médias, les films publicitaires, où le culte de la satisfaction matérielle est à son apogée provoquant une démultiplication des problèmes et les accélère par la vitesse et la facilité d’accès générale aux faux besoins créés.


 La seule chose qui peut aider l’Ado à sortir de cette crise c’est justement l’éducation qu’il aura eu avant cette période, avant ce si difficile passage obligé de l’adolescence. Si cette éducation a été faite avec les bonnes limites et une (bonne) instruction de ce qui est juste ou pas, qu’il ait reçu assez d’amour, et que l’enfant a pu y puiser suffisamment de bonnes choses pour son épanouissement, cela reste un socle solide pour affronter la crise inévitable du passage à l’Adolescence. Il a quand même toujours le choix, mais il est vrai que les conditions de vie, de culture ne sont pas partout les mêmes, ce qui n’excuse pas tout.


 Toutefois, les vies antérieures et donc : la connaissance cumulée, qui de ce fait apparaît comme « innée » dans la vie présente de l’individu, son degré d’initiation intérieur, qu’il a passé ou récapitulé, ou pas, couplé au karma généré par ces vies (donc « antérieures » , nous y insistons bien.. ) font un tout dans cette « mutation » de l’enfant qui doit faire face à ses propres transformations intérieures. Le passage à l’adolescence est une véritable « épreuve de vie » obligatoire pour l’enfant. On pourrait comparer cela avec la larve de papillon arrivée à une maturité suffisante, qui, devenant chrysalide, devant briser son cocon, vient à en sortir, se sèche les ailes et prend son envol.


- citation : L’amitié déçue est la plus grande épreuve de la puberté : dès lors qu’il faut quitter la famille pour aller dans l’inconnu, poussé par une sexualité qui a été marquée par la prohibition de l’inceste, les amis de classe d’âge voisine prennent une importance capitale. Comme on ne trouve de motivation que dans la foi en soi-même, si les amis trahissent, on est comme dépossédé. Et c’est à ce point d’abandon, de solitude, de désarroi, que, peut-être, un collectif où il n’y a pas de relations personnalisées va pouvoir utiliser des restes de force en donnant un certain sens à cette énergie captée par le groupe. Que ce soit un collectif dans un militantisme actif ou que ce soit un collectif dans une réception passive :écouter des disques, fumer, boire ou se droguer ensemble de quelque chose pour une satisfaction partielle. La fragilité, la faille des adolescents en rupture viennent de ce que le travail pour chacun individuellement valorisé n’existe pas légalement. Je crois que c’est cela qui fait actuellement basculer tant de jeunes...


P.-S.
- la citation ci dessus est extraite de : La cause des adolescents, de Françoise Dolto (pages 66 & 67).


damejane 
 
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_________________
La vérité est la lumière de feu que te dicte ton coeur.
"Shanti-Om"


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MessagePosté le: Mar 16 Sep 2008 - 12:15    Sujet du message: Publicité

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