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l'écologie de la forêt :
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damejane
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MessagePosté le: Sam 13 Sep 2008 - 09:28    Sujet du message: l'écologie de la forêt : Répondre en citant

Un chamane brésilien à Londres :

« Acheter la forêt tropicale ne la sauvera pas». 



A l'occasion de sa venue à Londres, un leader yanomami d’Amazonie brésilienne
dénonce les initiatives de certaines organisations engagées dans des campagnes
de « rachat de la forêt » qu’il qualifie d’« inutiles ».
Programme à Londres :
• Mardi 16 octobre 2007, 11h : conférence de presse.
St Ethelburga’s, 78 Bishopsgate, London EC2N 4AG.
• Mardi 16 octobre, 15h : interviews et photos
Westminster Green (House of Parliament),
• Mercredi 17 octobre, 12h : remise d’une lettre au Premier ministre Gordon
Brown au 10 Downing Street.
Davi Kopenawa Yanomami, chamane et lauréat du prix « Global 500 » pour
l'environnement des Nations-Unies, se rend à Londres avec son fils pour
participer au lancement d'un nouveau rapport de Survival sur la crise sanitaire
que traversent actuellement les peuples indigènes. « Le progrès peut tuer »
traite des effets dévastateurs de la spoliation des terres indigènes qui ont
conduit à l’effondrement de leur santé physique et mentale. Le rapport sera
rendu public le 16 octobre à la Chambre des Communes. Davi se rendra ensuite en
Allemagne pour y rencontrer des dirigeants politiques.
Concernant la situation sanitaire critique de son peuple, Davi constate que la
seule façon de protéger la forêt amazonienne est de protéger les Indiens, en
reconnaissant leurs droits territoriaux :
"Vous, les napëpë [les Blancs] vous voulez que nous devenions comme vous au nom
de ce que vous appelez le « développement ». Mais nous savons que cela ne nous
apportera que maladies et mort. Maintenant vous voulez acheter des parcelles de
forêt tropicale ou cultiver des biocarburants. Cela est inutile.
"La forêt ne peut être achetée; elle est notre vie et nous l'avons toujours
protégée. Sans la forêt, il n'y a que la maladie et sans nous, ce n'est que de
la terre morte. Il est grand temps que vous commenciez à nous écouter.
Rendez-nous nos terres et notre santé avant qu'il ne soit trop tard pour nous et
trop tard pour vous."
La préoccupation grandissante pour le réchauffement climatique a conduit
certaines organisations à acheter des parcelles de forêt amazonienne en
prétendant que cela contribuait à réduire les émissions de gaz carbonique. L’une
des plus connues est Cool Earth, une organisation britannique fondée par le
millionnaire Johan Eliasch et le député Franck Field. Elle propose au grand
public de "protéger un acre" pour 70 livres (environ 100 euros) et voudrait
faire croire que cela contribuerait à "sauver le monde".
Mais de récentes études menées par Survival démontrent que plus de 162 millions
d'hectares de la forêt amazonienne ont déjà été protégés en étant reconnus comme
territoires indigènes, ce qui représente une superficie 15 000 fois supérieure à
celle concernée par le programme de Cool Earth.
Des scientifiques brésiliens et américains ont conclu que la manière la plus
efficace de lutter contre la déforestation en Amazonie était de protéger les
territoires indiens qui représentent un cinquième de l'Amazonie brésilienne.
Pourtant, les territoires de nombreux groupes ne bénéficient encore aujourd'hui
d'aucune protection.
11 Oct 2007


Lien source:

[b]http://terresacree.org SOS-Planete


damejane

.

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La vérité est la lumière de feu que te dicte ton coeur.
"Shanti-Om"


Dernière édition par damejane le Lun 16 Fév 2009 - 17:47; édité 2 fois
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MessagePosté le: Sam 13 Sep 2008 - 09:28    Sujet du message: Publicité

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damejane
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MessagePosté le: Sam 13 Sep 2008 - 09:30    Sujet du message: l'écologie de la forêt : Répondre en citant

.

(SOS-planète)

Coupes claires dans les forets primaires

De : Terre sacree
(vivant12@wanadoo.fr)
Envoyé :lun. 14/07/08 19:17
À : damejane


Coupes claires dans les forêts primaires
 

Les forêts plieront-elles devant notre boulimie pétrolière ou notre soif de produire toujours plus pour nourrir plus? Exploitation illégale du bois, concurrence avec les cultures, explosion des cultures de plantes à pétrole, ..., les menaces planant sur les forêts de la planète n'en finissent pas. 
Ce n'est pas neuf, mais deux rapports publiés cette semaine braquent les projecteurs sur ces ressources.  Environ 1,54 milliards d'hectares sont actuellement cultivés dans le monde. Mais pour satisfaire les besoins énergétiques et agricoles de la population en 2030, il faudra exploiter  515 millions d’hectares supplémentaires.
L'organisation américaine Initiative pour les droits et ressources milite pour la reconnaissance des droits fonciers et civiques de ceux qui vivent dans les forêts et pour une gestion plus démocratique des régions forestières. Elle publie cette semaine deux rapports concernant la gestion des forêts mondiales. “A moins que des mesures soient prises, les propriétaires traditionnels de la forêt et les forêts elles-mêmes vont être les plus grands perdants”, a mis en garde Andy White, coordinateur de RRI.
“Cela va signifier une plus grande déforestation, plus de conflits, plus d’émissions de CO2, plus de réchauffement climatique et moins de prospérité”, a-t-il ajouté, cité dans un communiqué".

 Il faut dire que rogner sur les forêts pour produire de la nourriture et/ou de quoi faire rouler nos voitures va exacerber le réchauffement climatique: la déforestation, c'est 20% des émissions de gaz à effet de serre.
“La double crise des carburants et des produits alimentaires attire de nouveaux investissements significatifs et une importante spéculation foncière. Seule la protection des droits des personnes qui vivent dans et aux environs des forêts les plus vulnérables peut empêcher la dévastation que ces forces provoqueront sur les pauvres”, poursuit Andy white.
On lui accorde le droit d'y croire, mais vus les montants en jeu, la protection des droits des personnes vivant de près ou de loin des forêts reste un doux rêve. En Indonésie, la forêt tropicale a été littéralement rasée pour laisser place aux plantations de palmiers à huile (agrocarburants); en République démocratique du Congo, les essences rares et l'explosion du prix du bois conduit de nombreuses compagnies forestières à exploiter légalement, mais surtout illégalement, des milliers d'hectares sans contrôle; au Brésil, les plantations de soja -transgénique- remplacent d'énormes surfaces de forêts primaires, ...

 Pourtant, l'Homme a besoin de ces étendues végétales qui couvrent 30% de la surface terrestre. Plus d'un milliard de personnes dépendent directement et indirectement de ces écosystèmes pour leur nourriture, leurs revenus, leur énergie, ... On estime à 350 millions le nombre de peuples autochtones ou tribaux dépendant en partie des forêts, dont 60 millions quasi intégralement.







Bien à vous, votre dévouée : damejane.

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damejane
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MessagePosté le: Dim 26 Oct 2008 - 13:04    Sujet du message: l'écologie de la forêt : Répondre en citant

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La situation des forêts dans le monde :

constat alarmant


dimanche 18 mars 2007 Posté par David Naulin


http://cdurable.info/La-situation-des-forets-dans-le.html?debut_articles_rubrique=60



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damejane
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MessagePosté le: Dim 26 Oct 2008 - 13:04    Sujet du message: l'écologie de la forêt : Répondre en citant

[SOS-planète]


Déforestation : à qui profite le désastre ?



De : Terre sacrée
(vivant12@wanadoo.fr)
Envoyé :ven. 03/10/08 16:37
À : damejane




1 ère partie



Déforestation : à qui profite le désastre ? vendredi 3 octobre 2008


L’ampleur de la déforestation
– 130 000 km² par an
– s’apparente à un désastre écologique et social. Particulièrement concernées : l’Amazonie, l’Afrique centrale et l’Indonésie. En cause, la survie des pauvres, l’industrie agroalimentaire et forestière, le consumérisme des riches. La protection de la biodiversité et l’atténuation des changements climatiques passent nécessairement par un questionnement radical des logiques productivistes et des inégalités.

Par Bernard Duterme Problématique complexe aux causes et aux effets multiples, la déforestation correspond d’abord à une évolution mondiale alarmante. Crise alimentaire, changements climatiques, impasses énergétiques… les tendances lourdes de l’actualité de ce début de 21e siècle, de par leurs connexions plus ou moins manifestes avec le déboisement et la dégradation des forêts, obligent la communauté internationale à enfin donner l’importance qu’il mérite au phénomène.

Le déclin rapide des superficies boisées ne date pourtant pas de ce millénaire. A la faveur d’autres lames de fond

– l’urbanisation, les pollutions, l’agroindustrialisation, la pauvreté… – aux liens implicites ou explicites avec la déforestation, le constat aurait déjà dû mobiliser les consciences. Sans doute les risques apparaissaient-ils plus éloignés. Toujours est-il, on le devine, que la diminution avancée du couvert forestier à l’échelle mondiale s’avère intimement liée, dans ses logiques et dans sa portée, aux modèles de production et de consommation privilégiés ces dernières décennies, voire ces derniers siècles.


S’en tenir ici à une approche strictement descriptive ou technique de la problématique ne pourra donc suffire, même si, dans un premier temps, il convient d’en prendre la mesure. Qu’entend-on par déforestation ? Quelle est son ampleur ? Quelles régions et populations du monde concerne-t-elle ? En quoi pose-t-elle problème ? Dans un deuxième temps, nous traiterons des causes évidentes et sous-jacentes de la déforestation, ainsi que de ses principaux moteurs et acteurs, pour ensuite débattre des enjeux cruciaux et des politiques auxquels elle renvoie. Importance des forêts et ampleur de la déforestation.


Aujourd’hui, les forêts naturelles couvrent encore un quart des terres émergées du globe (CIRAD, 2008) et remplissent toujours de multiples fonctions, tant écologiques qu’économiques, sociales et culturelles. Des fonctions notamment environnementales donc, qui, à la faveur des progrès des connaissances scientifiques, apparaissent chaque jour plus précieuses, à la fois innombrables et inestimables, indispensables à la perpétuation de la vie sur terre.


Contribution au cycle de l’eau, à la régulation du climat, à la protection des sols, au stockage de carbone et plus globalement au maintien et à l’entretien de la biodiversité…, le rôle vital des forêts est avéré. Sans elles, les sécheresses ou les inondations s’amplifient, les terrains s’érodent, le climat se réchauffe, les espèces végétales et animales disparaissent.


Les fonctions sociales, économiques et culturelles du couvert forestier sont elles aussi manifestes… et documentées. Selon l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO, 2008) – la principale agence des Nations unies active sur cette problématique –, les forêts hébergeraient quelque 350 millions de personnes dans le monde. Pour la Banque mondiale, « dans les pays en développement, 1,2 milliard de personnes dépendent de systèmes d’exploitation agroforestiers qui favorisent la productivité agricole et assurent des revenus » (Banque mondiale, 2004). Et selon le Pnud, plus de 2 milliards d’humains tireraient, à des degrés divers, leurs moyens d’existence, leur bois de feu, leurs plantes médicinales et leurs aliments, des forêts (Pnud, 2000).


Non seulement les produits forestiers fournissent des protéines, des matières grasses, des vitamines et des minéraux que ne contiennent pas la plupart des aliments de base, mais ils permettent aussi de combattre la faim lorsque la sécheresse, les inondations, les ravageurs ou les maladies déciment les cultures. A la dendroénergie (énergie tirée du bois) sont imputables de 7 à 9% de l’énergie consommée dans le monde.

Ce chiffre atteint 80% dans plusieurs pays du Sud et dépasse même les 90% au Burundi, en République dominicaine, au Bhoutan, au Népal… (FAO, 2007). Autre rôle crucial de zones boisées souvent négligées : les mangroves, ces forêts de palétuviers que l’on trouve sur les côtes tropicales et qui n’occupent plus qu’environ 150 000 km² de superficie, sont considérées comme « essentielles aux cycles de vie de la majorité des espèces piscicoles vendues sur les marchés mondiaux » (Banque mondiale, 2004).


Au-delà, l’importance du secteur forestier dans l’économie et le commerce international (330 milliards de dollars, près de 4% des échanges de l’ensemble des matières premières, 14 millions d’emplois…) est une réalité bien établie. Qu’en est-il dès lors de l’évolution du couvert forestier ? De l’ampleur de la déforestation ? Si « le monde possède aujourd’hui un peu moins de 4 milliards d’hectares de superficie boisée » (ce total inclut les nouvelles plantations de monocultures d’arbres, quel que soit leur déficit en biodiversité par rapport aux forêts primaires), le déboisement « se poursuit au rythme alarmant d’environ 13 millions d’hectares par an », c’est-à-dire quelque 130 000 km² annuels, plus de quatre fois la superficie de la Belgique, un quart de la France (FAO, 2007).

Perte nette estimée, après régénération et nouvelles plantations (sans tenir compte donc de la qualité des « forêts » comptabilisées) : 8 millions d’hectares par année, soit 220 km² par jour… Pour alarmant qu’il soit, le phénomène est inégalement réparti. Globalement, si les superficies des forêts boréales et tempérées ont stagné ou ont légèrement progressé ces dernières décennies (après avoir plongé ces derniers siècles, particulièrement en Europe occidentale et aux Etats-Unis), c’est d’abord dans les régions tropicales que les forêts reculent à un rythme soutenu depuis le milieu du 20e siècle, rythme qui s’est encore accru au tournant des années 2000.

En témoigne notamment l’évolution récente des superficies boisées des quatre pays qui possèdent à eux seuls pratiquement la moitié de toutes les forêts de la planète : alors que la Russie (1er pays forestier) perd annuellement 0,1 million d’hectares, que le Canada (3e) affiche un solde pratiquement nul et que l’étendue des forêts aux Etats-Unis (4e) progresse de 0,2 million d’hectares, celles du Brésil (2e pays forestier) en revanche régressent de 3,1 millions d’hectares chaque année.


Depuis 1990, on calcule que le Brésil a perdu de la sorte quelque 50 millions d’hectares de forêts, plus de 10% de son couvert total. Les deux autres grands bassins forestiers intertropicaux

– la zone Malaisie/Indonésie et l’Afrique centrale – ne sont pas en reste.

Ainsi, sur la même période, l’Indonésie a perdu environ 32 millions d’hectares de surfaces boisées, plus d’un tiers de son couvert actuel. Et l’Afrique centrale, 14 millions d’hectares, quelque 6% de ses forêts. Le Soudan, la Birmanie, la Zambie, la Tanzanie, le Nigeria, la République démocratique du Congo, le Zimbabwe et le Venezuela figurent, derrière le Brésil et l’Indonésie, dans les dix pays dont la diminution nette annuelle du couvert forestier en chiffres absolus est la plus importante.


Au rythme actuel, sept Etats perdent chaque année plus de 3% de leurs forêts : les Comores (-7,4%), le Burundi (-5,2%), le Togo (-4,5%), la Mauritanie (-3,4%), le Nigeria (-3,3%), l’Afghanistan (-3,1%) et le Honduras (-3,1%). Trente autres pays affichent des reculs supérieurs à 1% par an (FAO, 2007).

Cas particulier et de taille : la Chine.

A lui seul, son reboisement soutenu explique le faible ralentissement de la déforestation planétaire enregistré entre 2000 et 2005 par rapport aux années 1990. Le couvert forestier chinois s’accroît en effet au taux annuel de 2,2% depuis 2000, ce qui équivaut tout de même à 4 millions d’hectares par an. En 2005, les nouvelles plantations de production s’étendaient déjà en Chine sur plus de 700 000 km²… Cela étant, le solde mondial annuel reste, on l’a vu, largement négatif et d’autant plus préoccupant que dans nombre de cas, les replantations qui atténuent dans les chiffres l’ampleur de l’hémorragie, diminuent de fait sur le terrain la qualité et l’utilité intrinsèques des forêts, quand elles n’aggravent pas les déséquilibres écologiques.


Autre aspect non reflété par ces tendances générales : la dégradation des forêts sur pied elles-mêmes, du fait des différentes formes de pollution, des coupes sélectives mais destructrices du voisinage, etc. (World Rainforest Movement, 2007). Causes de la déforestation L’élucidation des causes de la déforestation est difficile et controversée. A fortiori lorsqu’il s’agit de désigner les responsabilités et, au-delà, les acteurs qui tirent effectivement profit de la tendance.

Celle-ci étant désormais considérée universellement comme un « désastre » ou, pour le moins, comme un « sujet de préoccupation majeur », la mise au jour de ses logiques et le dévoilement de ses gagnants et perdants sont devenus l’enjeu politique, plus ou moins assumé, de nombre d’études et de rapports, de prises de position multiples et de luttes d’influence. La complexité du phénomène, la difficulté de le mesurer dans ses formes diverses et l’hétérogénéité des données produites ne facilitent pas le défi de l’explication causale.

Pour autant, une idée fausse semble en perte de vitesse. Celle, malthusienne, qui attribue invariablement et exclusivement au fléau de la pression démographique le recul des espaces vierges. L’image dichotomique avait l’avantage de la simplicité : nous sommes tous responsables au même titre de la dégradation irrémédiable d’une nature jusque-là « intacte ». C’est elle ou nous ! Elle sans nous (Rossi et André, 2006). Conséquence logique pour les courants « conservationnistes » :
il faut délimiter des « aires protégées », mettre le capital « naturel » sous cloche, le rendre imperméable aux perturbations de l’homme.


Premières victimes de cette conception figée, édénique et désanthropisée de la biodiversité : les populations agroforestières, privées d’accès à leur propre environnement parce que considérées comme principales coupables de sa dégradation. Comme nous le verrons plus loin, c’est se tromper et de diagnostic et de remède. Une autre idée reçue, moins fondamentale mais répandue dans l’opinion, est à nuancer d’emblée : celle qui confond déboisement et extraction industrielle des « bois précieux ».


Or les ressorts de la déforestation ne se limitent pas à l’exploitation commerciale des forêts tropicales. Légale ou illégale, elle n’en est pas même la principale cause. _ Elle est en quelque sorte, oserait-on dire, « l’arbre qui cache la forêt ». Certes importante et hautement problématique lorsqu’elle n’est pas durable et que les populations locales ne bénéficient pas de ses retombées, la coupe pour l’exportation vers le Nord de grumes d’Indonésie, d’Afrique centrale et d’ailleurs arrive en réalité loin derrière le moteur le plus actif du déboisement qu’est l’agriculture.

L’agriculture sous toutes ses formes : agriculture vivrière bien sûr, mais surtout agroindustrie d’exportation, utilisation croissante du sol pour produire ce que réclame le marché mondial, pour l’approvisionner en céréales, en viande, en huile, en pâte à papier, en carburants... L’expansion agricole serait ainsi responsable de plus de la moitié des destructions de forêts (Delacote, 2008 ; FAO, 2007).


Agriculture de subsistance, agrobusiness et « fast wood » Dans certaines régions du monde, en particulier en Afrique subsaharienne, cette expansion, ce déplacement continu de « la frontière agricole » est d’abord le fait des petits paysans, en quête de parcelles à cultiver. Non pas que ceux-ci soient par nature les prédateurs inconséquents d’écosystèmes dont ils sont les premiers à payer la dégradation, mais là où le manque de perspectives, de terres et de ressources est tel qu’il n’y a pas d’autres solutions, la pression des pauvres sur les forêts s’accroît inexorablement. De situations de « cohabitation équitable » avec le milieu forestier
– où l’empreinte des communautés locales sur la biodiversité participe à son nécessaire renouvellement
– on passe à des situations où la marginalisation des paysans engendre une utilisation non durable des forêts.

La technique itinérante du brûlis qui, dans des systèmes agraires à l’équilibre, permet de renouveler la fertilité par la friche, devient dans ces conditions de rareté un vecteur performant de destruction des forêts. Le lien pauvreté-déforestation, assimilable à un cercle vicieux
– le déboisement générant lui-même une série de conséquences dramatiques pour les populations locales –, est modulé par un faisceau de facteurs contextuels, plus ou moins opérants selon les régions. Parmi ceux-ci : l’orientation des politiques agraires, d’accès à la terre, de développement, la variation des prix agricoles, le droit foncier, l’état des infrastructures, les circuits commerciaux locaux et nationaux… et au-delà, les formes d’insertion dans le marché mondial et les ajustements macroéconomiques auxquels ont été soumis ces dernières années la plupart des pays dans lesquels la pauvreté est devenue « le terreau de la déforestation » (Alternatives économiques, 2008).

Prendre ces facteurs en considération, c’est admettre que « l’action de développement durable doit se concentrer sur l’évolution économique des populations, sur la réduction des situations de pauvreté et de vulnérabilité », plutôt que sur des « solutions d’ordre strictement écologique » et des « politiques de conservation qui s’attaquent aux symptômes et pas aux causes » (Rossi et André, 2006).

Si la pauvreté prend donc sa part dans la quête de terres agricoles au détriment du couvert forestier tropical, les usages industriels axés sur l’exportation et l’accumulation de profits sous-tendent les pratiques les plus prédatrices. « Il y a déforestation parce que des usages autres sont financièrement plus rentables que l’utilisation durable de la forêt, tout au moins pour les acteurs qui déboisent », explique l’économiste Alain Karsenty du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement, le CIRAD. « Là où les conditions économiques le permettent, il est plus profitable de faire des plantations de palmier à huile, de cacao ou de soja que d’exploiter durablement la forêt, et a fortiori de la conserver.


Il est également souvent plus rentable de convertir la forêt naturelle en plantations d’arbres à croissance rapide pour la fabrication de pâte à papier. » (Karsenty, 2007) En ligne de mire, l’agroindustrie, particulièrement florissante en Amérique latine et en Asie du Sud-Est, qui alimente depuis plusieurs décennies le marché mondial en maïs et en soja (brésilien, argentin…) pour l’élevage européen, en viande pour les fast-foods nord-américains, en huile de palme (indonésienne, malaise, nigériane…) pour l’industrie alimentaire et cosmétique, en pâte de bois et en cellulose pour la fabrication du papier, etc.

L’expansion de l’ensemble du secteur
– et par conséquent la pression sur les forêts
– est boostée aujourd’hui par la montée en puissance de la demande en agrocarburants, dérivés eux-mêmes, dans leurs différentes formes, de la plupart de ces cultures intensives, qu’elles soient oléifères (soja, palmiers à huile…), riches en sucre (maïs, canne…) ou autres encore (cellulose…). Si cette industrie génère d’importants bénéfices pour les Etats producteurs et les grands groupes nationaux et transnationaux de l’agrobusiness, la logique et les effets de son mode de production dominant ouvrent sur de sérieuses impasses. Des impasses qui débordent la seule problématique de la déforestation, pour embrasser notamment celle de la sécurité alimentaire.


Le schéma type est celui de la monoculture homogène à perte de vue, sur d’immenses propriétés foncières, aux méthodes de travail de plus en plus mécanisées, peu coûteuses en main-d’œuvre, mais gourmandes en pesticides et généralement en eau. Socialement, elle présuppose la concentration de la terre et vise la concentration des revenus, le plus souvent au détriment d’importants secteurs du monde rural (paysans sans terre, autochtones, populations agroforestières…), parfois expropriés ou expulsés, le plus souvent laissés en marge, tenus à distance ou intégrés à la force de travail dans des conditions aléatoires, en termes de salaire, de rythme d’activité, d’exposition aux épandages chimiques…

En matière d’impact environnemental, la plupart des études – militantes ou académiques, officielles et non officielles – convergent dans leurs grandes lignes : l’agroindustrie et la monoculture d’arbres à croissance rapide, ce que le Centre de recherche forestière internationale (CIFOR) appelle très pertinemment le fast wood, participent à la dégradation accélérée du milieu ambiant et à l’érosion de la biodiversité. Le fait est que, de multiples façons et souvent de manière irréversible, ces cultures portent atteinte aux forêts, aux prairies, à la qualité des sols, aux ressources hydriques, à la diversité biologique.

Le World Rainforest Movement, principale coalition mondiale d’organisations mobilisées contre la déforestation, parle à juste titre de la création de « déserts verts » à propos de l’extension de ce type de production à haute rentabilité, mais dont les externalités négatives, en termes de pollution, d’épuisement des terres, de consommation en eau, de contamination des nappes phréatiques et de la chaîne alimentaire…, font au mieux l’objet de compensations symboliques de la part des grands noms de l’agrobusiness. A la logique du profit, le secteur sacrifie volontiers la raison écologique, en plantant par exemple nombre d’espèces exotiques hors de leur région d’origine ou de leur habitat naturel, pourvu que les rendements suivent, que les conditions favorables à la croissance rapide et au développement de l’agroindustrie soient réunies :

climat atmosphérique (selon la latitude, la vitesse de pousse peut être multipliée par cinq) et social (malléabilité des acteurs sociaux et politiques) propice, facilité d’accès à la terre et aux forêts, qualité des sols, approvisionnement en eau aisé, résistance aux pollutions, réglementation locale laxiste en matière de cultures transgéniques…


Ces dernières connaissent en effet une progression constante, en dépit des incertitudes et des risques. Sous la pression des multinationales du secteur, plus de la moitié du soja cultivé aujourd’hui est génétiquement modifié. Cela pourrait réduire la demande en pesticides grâce à l’utilisation de variétés moins exposées aux maladies, mais la résistance de ces variétés aux herbicides peut également encourager leur épandage massif. La tendance touche aussi les arbres et en particulier les plantations en rang d’oignons de fast wood, celles-là mêmes que les grands recensements du couvert forestier dans le monde, notamment ceux de la FAO, continuent à comptabiliser au même titre que les forêts naturelles ou primaires, à la richesse en faune et en flore pourtant incomparable.



Ainsi, au Brésil, la recherche s’est portée sur la modification génétique de l’eucalyptus et des essais ont été réalisés sur le terrain, avec pour objectif d’exacerber certaines caractéristiques de l’essence : la vitesse de croissance, la contenance en cellulose et la tolérance au glysophate, cet herbicide de triste réputation pour ses effets secondaires nocifs sur le vivant.


Au Chili, deux défis sont en passe d’être relevés : la manipulation des gènes des pins pour les rendre résistants à un insecte (la mite du bourgeon) qui affecte les plantations ; et la modification génétique des eucalyptus pour leur permettre de mieux affronter le froid et pour pouvoir ainsi étendre les plantations – auxquelles s’opposent les indigènes mapuches

– vers le Sud et plus haut dans la cordillère (World Rainforest Movement, 2008).

Plus globalement, on l’aura compris, l’expansion de l’agroindustrie exportatrice au préjudice des forêts s’inscrit au centre de la double problématique de la sécurité alimentaire et de la faim dans le monde, que l’on a vue resurgir en 2007 à la faveur de la forte hausse des prix agricoles. Hausse essentiellement provoquée par la demande accrue des économies émergentes, la faiblesse des stocks, l’envolée de la production des agrocraburants et la flambée des prix du pétrole, le tout exacerbé par la spéculation.


Mais hausse qui met surtout en lumière, à travers les crises sociales qu’elle génère en Afrique, en Asie et en Amérique latine, les impasses du modèle – longtemps préconisé par le FMI et la Banque mondiale
– du « tout à l’exportation » au détriment des cultures vivrières et des marchés locaux, ainsi que les aberrations de la mise en concurrence des paysans du Sud à la productivité faible, avec les exportations des surplus du Nord, souvent subventionnées, qui inondent les villes des pays en développement (Berthelot, 2008 ; Zacharie, 2008).

Sur fond de crise alimentaire, la pression sur la terre et donc sur les forêts tropicales a tendance à s’accroître encore. Davantage cependant pour approvisionner le marché mondial en produits agricoles, en viande, en pâte à papier et depuis peu en carburants, que pour privilégier l’agriculture paysanne locale dont dépendent pourtant plusieurs centaines de millions de familles dans les pays du Sud. Derrière le modèle productiviste dominant et non durable qui hypothèque la survie des populations agroforestières, érode la biodiversité et dope les émissions de carbone liées au déboisement, un modèle consumériste se perpétue dans les pays riches et là où la croissance économique permet aux plus fortunés de s’aligner sur les standards occidentaux. Extraction de bois de feu et de bois rond industrie.

Si l’affectation des terres boisées à l’agriculture, à l’élevage et à l’industrie du fast wood constitue donc de fait le principal ressort de la déforestation, d’autres causes directes et indirectes ne peuvent être sous-estimées. Parmi celles-ci, bien sûr, l’usage non durable des forêts elles-mêmes, qui renvoie lui aussi, pour les régions tropicales, tantôt à la récolte de bois de feu (ou bois de chauffe) par les habitants locaux, tantôt à l’exploitation et au commerce national et international de bois rond industriel. La première serait de loin la principale consommatrice des ressources ligneuses dans les pays en développement.


En Afrique, selon la FAO, 90% du bois prélevé sert de combustible, essentiellement pour le chauffage et la cuisson dans les zones rurales et les quartiers pauvres des villes. Le prélèvement qui se fait d’ordinaire par abattage d’arbres ou ramassage de branches tombées à terre, dépasse largement la coupe annuelle autorisée et apparaît comme « illégal » au regard du cadre juridique existant dans la plupart des pays…


La tendance, similaire en importance dans les Caraïbes, en Amérique centrale et en Asie du Sud (entre 80% et 90% du bois prélevé y sert de bois de chauffe) et moins nette en Asie de l’Est et en Amérique du Sud (+- 50%), correspond à la géographie de la pauvreté dans le monde et appelle moins des explications démographiques, techniques ou ethniques que des analyses politiques des conditions socioéconomiques et culturelles qui amènent des pans entiers des populations nationales à participer activement à la disparition de leurs forêts. Si la dendroénergie est appelée à devenir, face à l’épuisement des combustibles fossiles, une composante significative des politiques énergétiques des pays riches, force est de reconnaître que dans ses formes dominantes actuelles (bois de chauffe dans les pays pauvres), elle crée plus de problèmes qu’elle n’en résout.


Le cas d’Haïti, développé plus loin dans ce numéro d’Alternatives Sud par Ilionor Louis, illustre bien l’impact calamiteux de l’inégale répartition des richesses et du dénuement d’une majorité de la population sur des forêts qui ne couvrent déjà plus que 3,7% du territoire national et continuent à disparaître au rythme d’environ 1% par an. Ces pauvres qui déboisent et produisent du charbon de bois pour alimenter les cuisines populaires de tout un pays sont aussi les premières victimes des effets de pareil désastre écologique, en particulier des dégâts des inondations qui en résultent. Au-delà, Ilionor Louis souligne le manque d’efficacité des alternatives techniques ou partielles
– promotion de réchauds améliorés, utilisation de gaz de pétrole liquéfié…
– et fait de la lutte contre la pauvreté et de la redistribution, les conditions préalables à un reboisement durable.


A côté de la pauvreté, l’autre grand motif d’extraction réside dans l’alimentation du marché mondial par l’industrie de l’exploitation forestière. Si l’Europe, l’Amérique du Nord et le Japon, rejoints par la Chine ces dernières années, dominent de la tête et des épaules le commerce international du bois en tant que principaux producteurs, exportateurs et importateurs des produits de la sylviculture, là où les problèmes les plus aigus se posent en matière de déforestation, de dégradation ou de gestion non durable des forêts, c’est dans l’abattage abusif, destructeur et illégal tel qu’il a tendance à être pratiqué dans les régions tropicales. Souvent, la coupe elle-même fait déjà plus de dégâts qu’elle ne le devrait. « Partout en région tropicale, les pratiques inappropriées continuent largement de prévaloir, au détriment du bien-être de la main-d’œuvre et de la population locale, de l’efficacité et de la durabilité de l’environnement » (FAO, 2007).


En cause donc, les dommages collatéraux de l’abattage sélectif de « bois précieux », l’absence de plans d’exploitation, les débardages dévastateurs, le manque de contrôle, la construction anarchique de routes de pénétration, etc. Les organisations internationales, comme l’OIBT (Organisation internationale des bois tropicaux) et la FAO, ainsi que les principaux centres d’étude indépendants (CIRAD, CIFOR…) en conviennent : malgré le poids relatif minoritaire des forêts tropicales dans l’approvisionnement en bois du commerce mondial , leur surexploitation est une réalité et l’illégalité des pratiques atteint des proportions démesurées.

Le pourcentage de grumes prélevées illicitement, usinées sur place ou propulsées sur le marché international, dépasserait régulièrement les 50% (au Brésil, au Cameroun, au Ghana…), voire les 75% (en Indonésie…).

Globalement, l’exploitation illégale représenterait au moins un tiers du volume du bois tropical échangé chaque année. La tendance, selon Alain Karsenty du CIRAD, connaîtrait même un essor soutenu. Si cet accroissement provient sans doute du comportement prédateur des compagnies forestières, il serait d’abord le résultat de l’introduction par les Etats locaux de tentatives de régulation de l’exploitation par des contraintes de gestion et d’organisation territoriale, les nouvelles lois créant logiquement de nouveaux hors-la-loi... Mais l’essor de l’illégalité renvoie aussi à des dynamiques plus complexes, variables selon les pays et les niveaux de développement.


Ainsi par exemple, là où les Etats ont mené des politiques volontaristes de développement de l’industrie locale du bois, appuyées sur l’interdiction d’exporter des grumes non usinées, les surcapacités de transformation atteintes « produisent un effet d’irréversibilité : le coût social et politique du désinvestissement est trop élevé pour être une option retenue, et la fuite en avant dans l’exploitation illégale est une solution implicitement admise. » (Karsenty, 2003)


C’est notamment le cas en Indonésie et en Malaisie où les niveaux officiels de prélèvements soutenables sont constamment et copieusement dépassés pour pouvoir alimenter l’industrie à satiété. Ailleurs, c’est d’abord la quasi-absence de l’Etat ou son caractère mafieux ou les deux à la fois
– absence de moyens et forte corruption
– qui laissent les coudées franches aux entreprises forestières détentrices de confortables concessions. En Afrique, le secteur demeure largement dominé par les groupes européens (Rougier, Pasquet, Danzer, Alpi, Fipcam…), mais aussi malais, libanais et chinois (la Chine, premier importateur mondial de bois rond industriel depuis 2004
– et premier exportateur de meubles… –, importe à elle seule la moitié des grumes en provenance des régions tropicales).


Des réformes importantes ont toutefois été entreprises ces quinze dernières années visant à doter les Etats nationaux de codes forestiers plus contraignants, de modalités d’adjudication plus équitables, d’outils de surveillance, de quotas de coupe à transformer localement, etc. Avec des résultats inégaux et parfois contradictoires.

En effet, l’introduction de nouvelles exigences pour les compagnies forestières a entraîné des restructurations et une concentration accrue du secteur. D’où une marginalisation et une « informalisation » croissante des filières d’approvisionnement pour les usages nationaux. « Ce phénomène est, en partie, lié à l’extraversion de l’industrie du bois, notamment en Afrique centrale, où les grandes entreprises exportent de 80% à 100% de leur production. Les consommateurs africains désargentés doivent se rabattre sur un secteur semi-artisanal en pleine expansion (il représente près du double de la production du secteur industriel au Ghana et au moins le quadruple en RDC), dont l’impact écologique peut être redoutable.


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MessagePosté le: Dim 26 Oct 2008 - 13:08    Sujet du message: l'écologie de la forêt : Répondre en citant

Déforestation : à qui profite le désastre ?


2 ème partie, suite et fin



Enfin, les niveaux élevés de corruption et l’implication personnelle fréquente du milieu politique et administratif dans l’économie forestière minent les systèmes de régulation. » (Karsenty, 2006) Deux rapports publiés en 2008 confirment, pour la République démocratique du Congo, l’échec des réformes du domaine de la foresterie. Le premier, élaboré par Global Witness en charge de l’Observation indépendante des forêts (OIF), souligne, dans ses conclusions, « l’absence complète de contrôles significatifs, une ambiguïté juridique et un manque de pratiques standardisées, laissant le secteur dans une situation d’anarchie et conférant un terrain propice aux pratiques abusives et frauduleuses ».

Le second, produit par le Panel d’inspection de la Banque mondiale, stigmatise surtout le manque de considération pour les populations locales et l’environnement dont ont fait preuve les réformes de l’exploitation industrielle du bois, soutenues par la Banque elle-même. Ailleurs, les experts de Greenpeace décrivent par le détail « le pillage » des forêts d’Afrique centrale par les multinationales, au mépris des autochtones, de la faune et de la flore, et du droit local...


En Europe et en Amérique du Nord surtout, en amont ou en aval de la sensibilité en hausse des opinions publiques à cette facette de la déforestation – « la main basse des consommateurs des pays riches sur les bois précieux tropicaux » –, de multiples initiatives publiques et privées ont vu le jour, destinées à favoriser une exploitation forestière durable dans les pays du Sud. Notamment par le biais de la « certification ». Toutes ne se valent cependant pas. Elles varient en crédibilité selon les méthodes de vérification mises en oeuvre, selon les critères retenus quant à l’origine et la nature des produits, selon qu’elles émanent des entreprises du secteur, des Etats ou des ONG, ou encore de combinaisons de ces différents acteurs …

Les plus opportunistes de ces initiatives sont peu convaincantes, les plus officielles sont peu contraignantes, les plus contraignantes sont peu respectées. Certaines toutefois ont permis des améliorations sensibles. Urbanisation, exploitation minière, barrages, tourisme, pollutions, incendies…

Outre la consommation non durable de bois et la pression de l’agriculture et de l’élevage sur les forêts, d’autres causes de la déforestation sont encore à mentionner. Et d’abord, d’autres usages du sol qui grignotent sensiblement le couvert forestier tropical. Des phénomènes aussi globaux et évidents que l’urbanisation et la construction d’infrastructures bien sûr.
– dans le sud et l’est de l’Amazonie brésilienne et le long de l’Amazone et de ses affluents, d’immenses étendues sont désormais classées « zones urbaines » et peuplées aujourd’hui d’environ 70% des 14 millions d’habitants que compte la région
–, mais aussi des intrusions et des impacts plus précis et dévastateurs liés à la prospection et aux exploitations minières et pétrolières, à la construction de grands barrages, à l’établissement d’implantations touristiques, ou encore, dans les mangroves, à l’élevage industriel de crevettes…

En la matière, les exemples abondent où les opérations sont conçues et réalisées par des investisseurs extérieurs, non seulement au détriment des forêts et des écosystèmes locaux, mais aussi à l’insu des populations des lieux concernés, dépossédées de leurs terres et de leurs ressources ou victimes directes des nuisances et des pollutions occasionnées. Eléments clés de ces diverses formes de pénétration dans les forêts : les routes. Encouragée par les autorités pour « mettre en valeur » de nouvelles régions, leur construction, privée ou publique, planifiée ou anarchique, signe l’arrêt de mort à terme de forêts jusque-là préservées, par les effets en chaîne qu’elle déclenche.


Les conséquences d’une exploitation ciblée
– d’acajou, d’or, d’argent ou d’autres ressources précieuses
– sont souvent plus destructrices que l’exploitation elle-même.

Ainsi, en Amazonie, une fois les premiers exploitants passés, « les routes servent de voies d’accès à un mélange détonant d’occupants sans titre, de spéculateurs, de grands propriétaires terriens et, invariablement, de bandits armés. Tous ces requins atteignent le cœur jusque-là impénétrable de la forêt, puis détruisent les pistes et changent la disposition des lieux pour faire croire qu’ils sont chez eux.

L’appropriation des terres par la corruption, l’intimidation et la falsification de titres de propriété est tellement répandue qu’elle porte un nom : ‘grilagem’, du mot portugais ‘grilo’, ‘criquet’. Ceux qui s’y adonnent, les ‘grileiros’, sont depuis longtemps connus pour leur talent à faire ‘vieillir’ prématurément de prétendus titres de propriété dans un tiroir où ont été placés des criquets affamés » (National Geographic, 2007).


A l’exception d’un petit nombre d’autoroutes nationales et fédérales, la quasi-totalité des routes d’Amazonie ont été construites illégalement. Les feux de forêts constituent une autre menace permanente pour les régions tropicales boisées. Près de la moitié seraient volontaires, pour déboiser et par la suite, on l’a vu, pour cultiver. L’autre moitié sont accidentels et ont tendance à s’accroître, en raison de la diminution des pluies, consécutive au… déboisement des forêts pluviales.

L’aggravation des sécheresses liées au réchauffement de la planète amplifie encore les risques et les effets d’incendies susceptibles de dévaster des régions entières. Les effets destructeurs de certaines pollutions, des pluies acides, des attaques de ravageurs – insectes, maladies, nématodes, parasites…

– entrent aussi en ligne de compte. Selon la FAO, s’il est difficile de quantifier les impacts réels, il est avéré que « la rapidité des transports et la libéralisation du commerce », ainsi que l’expansion des « monocultures » au préjudice de la biodiversité « ont favorisé la diffusion des ravageurs » (FAO, 2007).

Encore une fois donc, les causes de la déforestation apparaissent intimement liées aux modèles productivistes et consuméristes dominants. Déforestation et changements climatiques Depuis le début des années 2000, pratiquement chaque semaine nous apporte de nouvelles données qui indiquent comment les changements climatiques affectent déjà profondément et affecteront davantage encore le couvert forestier mondial (Alternatives Sud, 2006).


Ainsi, il nous a été donné de voir comment la prolifération de certains insectes consécutive à des canicules répétées en régions tempérées ou à des hivers exceptionnellement doux en zones boréales pouvait hypothéquer la survie des principaux massifs forestiers de la planète. La propagation du dendroctone du pin ponderosa dans l’ouest du Canada, par exemple, constitue l’infestation la plus importante jamais enregistrée en Amérique du Nord. Si en 2005 elle avait déjà fait perdre, en volume de bois tué, l’équivalent de six ans de récolte à la Colombie britannique, elle pourrait affecter d’ici à 2013, 80% des pins à maturité de cette province canadienne, et s’étendre vers le Nord (The Canadian Chamber of Commerce, 2007).


A l’inverse des impacts du réchauffement de la terre sur les forêts, le rôle de ces dernières dans l’atténuation des changements climatiques, et en particulier dans la limitation des émissions de gaz à effet de serre, a également pris beaucoup de relief ces dernières années. Pour devenir peut-être la bouée de sauvetage d’une communauté internationale en quête de solutions efficaces et consensuelles.


Dès lors, la future politique climatique mondiale, discutée lors du Sommet de Bali en décembre 2007, va-t-elle permettre en retour de renverser la tendance en matière de déforestation ? Réussir, au nom de la réduction globale des émissions de carbone, là où les scientifiques, les mouvements écologistes, indigènes ou paysans et certaines politiques publiques ont échoué ces dernières décennies ? Bien qu’elles aient longtemps été sous-estimées, voire ignorées ou contredites, les estimations convergent enfin :

la déforestation, à son rythme actuel, est responsable d’environ 20 à 25% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, principales causes du réchauffement de la planète. Plus précisément, la destruction de la forêt tropicale provoque chaque année plus de rejet que l’ensemble du secteur des transports à travers le monde.


Dans les pays du Sud, 35% des émissions sont dues au déboisement et jusqu’à 65% dans les régions les plus pauvres. D’une part donc, c’est connu, les forêts absorbent et stockent naturellement du carbone en grande quantité , d’autre part, sous les tropiques, elles permettent aussi la formation de nuages qui contribuent à limiter le réchauffement en réfléchissant la lumière du soleil. Elles jouent un rôle crucial dans le refroidissement et l’assainissement de l’atmosphère, dans la provision d’eau douce et de pluie. La forêt amazonienne, à elle seule, emmagasine le plus grand volume d’eau douce de la planète et rejetterait dans l’air 20 milliards de tonnes de vapeur en une seule journée. Bref, la préservation des forêts apparaît aujourd’hui essentielle à l’efficacité des efforts mondiaux entrepris pour atténuer les changements climatiques. D’autant plus depuis que le rapport Stern, du nom de l’ancien vice-président de la Banque mondiale, est venu corroborer en 2006 que les initiatives de réduction de la déforestation étaient dans l’ensemble moins coûteuses que celles entreprises dans d’autres secteurs.



Quatre stratégies au moins sont envisagées : la diminution de la déforestation et de la dégradation des forêts ; la reforestation ; l’augmentation de la densité de stockage de carbone du couvert forestier existant ; et enfin, la revalorisation des produits issus des forêts, visant à rendre cette forme d’occupation des sols plus rentable que d’autres… Le Protocole de Kyoto - établi par les Nations unies en 1998 et entré en vigueur en 2005 - permettait déjà aux pays développés, via le mécanisme de développement propre, de « réduire leurs émissions » en finançant des projets de reforestation dans les pays du Sud (Alternatives Sud, 2006). Si, à en croire la FAO, les retombées sur le secteur forestier en sont encore à ce jour très modestes, la qualité environnementale des projets financés est également pour le moins controversée.


L’idée débattue fin 2007 lors du Sommet mondial de Bali sur le climat, pour donner suite au Protocole de Kyoto au-delà de 2013, consiste à ajouter à ce mécanisme des dispositifs récompensant les Etats qui luttent contre la déforestation. « Il s’agirait de rémunérer ainsi les tonnes de carbone qui ne seront pas parties en fumée » (Alternatives économiques, 2008). De rétribuer les « déforestations évitées ». De nouveau, le projet prête le flanc à plusieurs niveaux de critiques. Techniques d’abord, de faisabilité. Comment mesurer la « déforestation évitée » ? R. Pirard et A. Karsenty identifient trois difficultés : « la légitimité de l’extrapolation à partir des tendances historiques ; la capacité d’estimation des scénarios de référence de type prédictif ; enfin, la possibilité réelle d’imputer à différentes politiques publiques la baisse du taux de déforestation et, plus encore, d’en mesurer l’effet net » (2007).


Le risque est grand en effet qu’un tel dispositif incite à accélérer le déboisement avant l’entrée en vigueur du mécanisme, récompense de fait les pays qui ont déjà déboisé tout ce qui pouvait l’être, génère des réductions fictives d’émissions, rémunère des diminutions de déforestation qui auraient de toutes façons eu lieu, ouvre la porte à diverses formes de chantage à la coupe et nourrisse un nouveau marché d’expertise et de consultance forestières…


Au-delà des problèmes de faisabilité en effet, il est à craindre que les mesures préconisées exonèrent à moindres frais les pays du Nord de leurs responsabilités et avantagent plus les entreprises forestières, leurs plantations et leurs consultants que les forêts tropicales elles-mêmes et leurs habitants. Ce point de vue, partagé par la plupart des organisations sociales internationales actives contre la déforestation, comme la Global Forest Coalition, le World Rainforest Movement, le Forest Peoples Programme et l’International Alliance of Indigenous and Tribal Peoples of the Tropical Forest, va de pair avec l’analyse selon laquelle ce nouveau système mondial d’incitants financiers à réduire la déforestation, plutôt qu’identifier et freiner ses véritables moteurs et ses principaux responsables

– la pauvreté dans les régions tropicales, les intérêts de l’industrie et le consumérisme des pays riches
–, risque en réalité de finir par récompenser, dans sa mise en application, les entreprises et les gouvernements qui la stimulent (Reyes, 2008).


Parmi les grands promoteurs d’initiatives et de nouveaux mécanismes visant à la « réduction des émissions dues à la déforestation (RED) », figure la Banque mondiale, mobilisée elle aussi pour une « meilleure gestion forestière », susceptible d’« accroître les revenus en milieu rural » et d’« aider l’ensemble de la planète à atténuer le changement climatique de façon plus énergique ». Moyens préconisés : une activation des « marchés du carbone actuels (qui) n’exploitent que très peu les bénéfices potentiels du CO2 lié aux forêts » et des incitants publics et privés au déboisement évité et au reboisement (Banque mondiale, 2007).


Mais, que ces politiques soient menées dans le cadre du projet de « Partenariat mondial pour les forêts », imaginé par la Banque dès 2006 de concert avec les grandes ONG conservationnistes, les Etats et les entreprises, ou à travers le « Fonds de partenariat pour le carbone forestier », lancé à Bali fin 2007, elles font aussi l’objet de sévères critiques. Des critiques qui portent d’abord sur la prééminence des approches globales fondées sur le marché… et ses vertus philanthropiques. « Bien que la Banque mondiale favorise un financement mixte pour la déforestation évitée, elle est in fine une importante pionnière et partisane de l’échange de carbone.

Les économistes de la Banque insistent sur le fait que seuls les marchés pourront rapporter assez de fonds pour assurer l’efficacité des efforts mondiaux d’atténuation des changements climatiques. De fait, le plan de financement de son Fonds de partenariat pour le carbone forestier suppose que celui-ci sera financé presque entièrement par des fonds commerciaux à partir de 2014 » (Griffiths, 2007).

Les populations tributaires des forêts d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine et leurs organisations représentatives nourrissent quant à elles de vives craintes à l’égard du peu de cas que les initiatives de la Banque en matière de foresterie du carbone, font des questions sociales et de droits humains. « Comment une organisation si favorable ces dernières années aux industries d’extraction, à l’exploitation forestière marchande, à l’agrobusiness et aux plantations à croissance rapide tiendrait-elle compte des droits, des réalités et de l’avis des peuples autochtones ? ». Plus d’un indice technique permet en effet de comprendre que, dans leurs formes actuelles, les nouveaux dispositifs de primes aux pratiques prétendument durables, à l’extraction à impact réduit et aux activités de reboisement finiront par profiter d’abord à de grands concessionnaires commerciaux, aux sociétés d’exploitation forestière et de plantation industrielle (Forest People Programme, 2008 ; Lovera, 2007).


C’est désormais une évidence, l’apparent consensus dans la mobilisation mondiale pour atténuer le réchauffement climatique en préservant les forêts est lourd de contradictions et d’intérêts antagoniques, lorsqu’il n’aggrave pas lui-même le problème. Solutions politiques locales, nationales ou mondiales ?

Quelles politiques dès lors mettre en œuvre aux niveaux nationaux et international pour renverser la tendance périlleuse de la déforestation, au bénéfice prioritaire tant des populations locales que de l’équilibre environnemental global ?

D’apparence ingénue, la question en contient d’autres. Le principal défi à relever se situe sans doute moins dans la formulation technique idéale de ce en quoi devrait consister une gestion « durable » des forêts – une gestion qui assure leur renouvellement – que dans la désignation des espaces réels de souveraineté.


A qui revient-il d’énoncer, d’exécuter ou de garantir une exploitation raisonnée des terres et des ressources forestières ?
A qui appartiennent-elles et au nom de quels intérêts sont-elles gérées ?

Dans ce débat comme dans d’autres, une première ligne de fracture oppose les tenants d’une privatisation des forêts – au motif que le propriétaire privé est plus enclin que l’autorité étatique à garantir la reconstitution d’un bien dont il tire son revenu (libres) – aux défenseurs d’une gestion publique théoriquement seule à même d’orchestrer l’accès aux richesses forestières en privilégiant l’intérêt national.

Si les premiers semblent faire peu de cas du comportement essentiellement prédateur des grands concessionnaires forestiers, particulièrement là où les velléités de régulation ne font pas le poids, les seconds nourrissent cependant peu d’illusions sur les capacités réelles d’intervention de bon nombre d’Etats du Sud et, dans les pays où les gouvernements disposent des moyens de leur politique, sur l’orientation effective des arbitrages opérés entre les intérêts de l’industrie forestière, de l’agrobusiness, des communautés locales et de l’environnement.


Un deuxième clivage distingue les niveaux de pouvoir :
régime international, souveraineté nationale ou gestion communautaire ?

« Les forêts ne sont pas considérées comme des biens publics mondiaux alors qu’elles fournissent plusieurs de ces biens publics comme le maintien de la biodiversité ou l’atténuation des changements climatiques », regrette le CIRAD. « Elles sont soumises à la stricte souveraineté des Etats. Un pays peut actuellement laisser détruire ses forêts pour la production de biocarburants ou par l’exploitation illégale du bois. La question d’une gouvernance mondiale des forêts se pose de manière de plus en plus pressante » (CIRAD, 2007).


Ce à quoi certains pays du Sud ont tendance à répondre aujourd’hui sur le mode des déclarations du président brésilien Lula : « Les pays riches sont malins, ils édictent des normes contre la déforestation, après avoir détruit leurs propres forêts » (Le Monde, 1er mars 2007). Et de s’appuyer sur une étude réalisée par l’Institut brésilien de recherche agronomique (Embrapa), où il est démontré que l’Europe n’a conservé que 0,3% des forêts existant il y a huit mille ans, contre 69% au Brésil…

Cela étant, malgré les réformes des codes forestiers nationaux et les réglementations environnementales engagées ces dernières années, souvent à l’instigation des grands bailleurs internationaux, les politiques de plusieurs Etats tropicaux restent sous le feu des critiques des défenseurs de la nature et des mouvements populaires locaux. En particulier les politiques forestières du Brésil qui, en dépit de mesures draconiennes prises par le gouvernement Lula (interdiction d’abattage dans certaines zones, conditionnalités environnementales au crédit public…), continuent à donner priorité aux appétits du secteur agroindustriel, grand pourvoyeur de devises, spécialement en période de hausse des cours mondiaux des denrées alimentaires et des carburants...


En face, les associations de lutte contre la déforestation y trouvent de nouvelles raisons d’appuyer l’idée d’une transmission de la propriété des forêts des Etats vers les communautés locales, probablement plus sensibles à la nécessité de maintenir leur pérennité ; « les hommes qui vivent de la forêt étant ceux qui la font vivre ». C’est dans cet esprit que s’inscrivent les douze principes de l’« Initiative de Mumbai – Porto Alegre pour les forêts », lancée en 2004 et 2005 par une convergence d’organisations sociales des cinq continents. On y plaide bien sûr pour la préservation des forêts et le respect des droits et des intérêts des populations qui les habitent ou en sont tributaires, mais on y invite aussi les gouvernements à fournir un environnement politique, juridique et social favorable à la gouvernance des forêts par les communautés elles-mêmes. On y dénonce enfin la marchandisation de la nature, l’exploitation forestière et les plantations industrielles, ainsi que les dénommés projets de développement et de conservation de certaines ONG et institutions internationales, « qui provoquent la déforestation et la dégradation des forêts, le déplacement des populations forestières ou la perte de leurs moyens de subsistance ».


Il n’y a cependant pas de solution simple pour, à la fois, lutter contre la pauvreté qui entretient un cercle vicieux avec la déforestation, et brider les intérêts des industries d’exportation et le consumérisme des pays riches. La démarche implique « un ensemble de politiques locales et globales qui doivent par ailleurs être cohérentes entre elles. Cela va de la valorisation des produits issus de l’agriculture et de l’exploitation forestière durables » à des politiques structurelles de redistribution foncière, de soutien aux marchés locaux, d’appui technique à l’agriculture de subsistance et à l’agroforesterie, de développement des rendements agricoles par des méthodes écologiques, de régulation drastique des fronts pionniers dédiés aux cultures d’exportation, de sécurisation juridique du statut des forêts et de leur intégration dans l’aménagement du territoire et la planification de sa gestion, de renforcement des systèmes de contrôle, etc. (Delacote, 2008).


De multiples études indiquent que la productivité des forêts gérées durablement suffirait largement à couvrir l’ensemble de nos besoins. A condition bien sûr, touchons du bois, d’oser mettre en cause les configurations actuelles du commerce mondial, les modes de production sur lesquels il s’appuie et les modèles de consommation qu’il alimente... Le chantier est immense et complexe, mais, on l’aura compris, la lutte contre la déforestation n’a de sens que couplée aux défis de la crise alimentaire, des changements climatiques, des impasses énergétiques et des inégalités dans le monde.

Bibliographie

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Alternatives Sud (2006), « Changements climatiques : impasses et perspectives »,

Paris-Louvain-la-Neuve, Syllepse-CETRI, Vol. XIII, n°2.
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« La Banque mondiale recommande une meilleure gestion de la forêt et une utilisation plus soutenue des marchés de CO2 »,
Communiqué de presse n°2007/114/DEC. Berthelot J. (2008),
« Démêler le vrai du faux sur la flambée des prix agricoles mondiaux », france.attac Carrere R. et Colchester M. (2005),
« The World Bank and forests : a tissue of lies and deception », wrm CIFOR (2008), cifor CIRAD (2007),
Atelier international sur les politiques forestières et la « déforestation évitée », cirad CIRAD (2008),
cirad Delacote Ph. (2008), « La pauvreté, terreau de la déforestation »,

Alternatives économiques, n°265. Duterme B. (1999), « Comment la déforestation a aggravé l’ouragan Mitch »,
Amérique centrale, édition spéciale. FAO (2007),
Situation des forêts du monde 2007, Rome. FAO (2008),
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Global Forest Watch (2008),globalforestwatch Griffiths T. (2007),
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« La disminucion de la deforestación en el Convenio sobre el Clima : ¿se trata de financiar bosques, plantaciones o empresas forestales ? », Cobertura Forestal, globalforestcoalition National Geographic (2007),

« Amazonie : que reste-t-il de la forêt ? », n°89, février. OIBT (2006),
itto 25 mai. Pirard R. et Karsenty A. (2007),

« Changement climatique : faut-il récompenser la ‘déforestation évitée’ ? », Nature sciences sociétés, 15(4). Pnud (2000), undp Reyes O. (2008),

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« La biodiversité : questions de perspectives », Annales de géographie, vol. 115, n°651.

United Nations (2008), Non-legally binding instrument on all types of forests, Resolution adopted by the General Assembly, 62/98. The Canadian Chamber of Commerce (2007),chamber World Rainforest Movement (2007),

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« Investir dans la souveraineté alimentaire », Imagine, n°67, mai-juin.Éditorial de Alternatives Sud, Paris – Louvain-la-Neuve, Syllepse

– CETRI, 2008 michelcollon


http://www.altermonde-sans-frontiere.com/spip.php?article8247

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MessagePosté le: Dim 26 Oct 2008 - 13:10    Sujet du message: l'écologie de la forêt : Répondre en citant

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Protection des forêts primaires :
par la loi FLEGT


De : Terre sacrée
(vivant12@wanadoo.fr)
Envoyé :lun. 13/10/08 21:52
À : damejane


En pied d'article, un mail de Marie-Martine Buckens, journaliste,
concernant FLEGT, dont il est question dans un dernier envoi.



Protection des forêts primaires : par la loi FLEGT Une loi, la loi FLEGT, va être votée le 15 Octobre, par la Commission européenne.

Cette loi propose un projet de réglementation forestière ambitieux quicontribue à stopper l'exploitation illégale et à protéger les forêts,le climat et la biodiversité.


Selon la "liste rouge" de l'Union mondiale pour la nature (UICN)publiée le lundi 6 Octobre, la moitié des espèces de mammifères est endéclin et probablement un cinquième est menacé d'extinction, soit 1141 sur 5 487 recensées. Créée en 1963, cette liste fait apparaître,dans sa version 2008, 188 mammifères "en danger critique", comme le lynx ibérique, le tigre de Sibérie, les grands singes, etc...

Cette crise est considérée comme la sixième grande période d'extinction desespèces,la prédédente ayant entraîné la disparition des dinosaures ily a 65 millions d'années.

Myriam Niéruchalski
Ingénieur biologiste Bénévole à Greenpeace.



Un mail correctif
De : Terre sacrée
(vivant12@wanadoo.fr)
Envoyé :mar. 14/10/08 14:06
À : damejane




Un mail de Marie-Martine Buckens, journaliste :

Bonjour,

Ce petit mot pour, d'abord, vous remercier pour votre site, ensuite pour vous signaler une erreur dans ce dernier envoi, concernant FLEGT.


Tout d'abord, il ne s'agit pas d'une loi, mais d'un plan d'action, adopté en 2005 par le Conseil des ministres de l'Union européenne. L'essentiel de ce plan d'action prévoit la conclusion d'"accords de partenariat volontaires" (APV) avec des pays ou des régions exportateurs de bois vers l'Union européenne (premier importateur de bois tropicaux africains ). Au terme de ces accords, les exportations de ce pays (ou région) vers l'UE ne seront accordées que si elles sont munies d'un 'certificat' prouvant que ces bois ne proviennent pas d'exploitation illégale (ce qui ne veut pas dire "durable"). Le Ghana est le premier pays à avoir signé, en septembre dernier, un APV avec la Commission européenne. Des pourpalers sont en cours avec le Cameroun, la RDC, Congo Brazza, et l'Indonésie, notamment.


Parallèlement, la Commission européenne s'apprête à proposer un règlement général prévoyant le contrôle des importations et l'interdiction d'utilisation de bois d'origine illégale. Cette proposition aurait dû être présentée en septembre et a été repoussée en raison semble-t-il du lobby forestier finlandais notamment alors que des fédérations d'importateurs de bois, notamment l'UCBD (Union pour le commerce de bois durs dans l'UE) seraient en faveur d'une telle législation. Bonne journée! Marie-Martine Buckens, journaliste

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MessagePosté le: Dim 26 Oct 2008 - 13:10    Sujet du message: l'écologie de la forêt : Répondre en citant

.
Le Brésil mise sur la technologie pour protéger
sa forêt tropicale en Amazonie


De : Terre sacrée
(vivant12@wanadoo.fr)
Envoyé :jeu. 16/10/08 14:36
À : damejane





Le Brésil mise sur la technologie pour protéger sa forêt tropicale en Amazonie
16/10/2008 (Par Sandra BESSON)



Le Brésil a choisi de tout miser sur la technologie et l’intelligence artificielle pour protéger sa forêt tropicale en Amazonie. La surveillance permanente de la zone par des satellites et autres capteurs devrait permettre notamment de réduire les taux de déforestation.

Lorsque le pilote d’un avion colombien transportant de la drogue a atterri sur une piste d’atterrissage clandestine dans la vaste forêt tropicale d’Amazonie, chacun de ses mouvements était surveillé depuis le ciel.

Guidée par un avion espion high-tech planant au-dessus des nuages, la police brésilienne a arrêté le pilote quelques minutes plus tard et a pu confisquer 300 kg de cocaïne.


La police espère que cette prise, qui a eu lieu il y a quelques semaines, permettra bientôt de démanteler la totalité des cartels internationaux.

Nous ne pouvons pas être partout, la région est gigantesque. C’est pourquoi nous avons besoin de l’intelligence et de la technologie pour concentrer nos ressources.

Confronté à une pression internationale croissante au sujet de la préservation de l’Amazonie, le Brésil mise de plus en plus sur la technologie pour lutter contre les activités illégales, telles que le trafic de drogues mais également le déboisement et la déforestation.

« Nous ne pouvons pas être partout, la région est gigantesque. C’est pourquoi nous avons besoin de l’intelligence et de la technologie pour concentrer nos ressources » a déclaré Marcelo de Carvalho Lopes, directeur du Système de Protection de l’Amazonie, baptisé Sipam.

Avec le Sipam, qui a été lancé en 2003 pour un coût de 1,4 milliards de dollars, les autorités luttent contre la déforestation, les feux de forêts et le trafic de drogues en analysant des images satellites et des photographies aériennes.

Des centaines de capteurs climatiques, des téléphones satellites et des connexions Internet sont installés sur les 5,2 millions de km² de forêt tropicale en Amazonie, soit une surface plus grande que celle couverte par l’Union Européenne.

« L’Etat avait besoin de plus de présence là-bas » a indiqué Marcelo de Carvalho Lopes.

Sur les murs d’une grande salle de conférence aux quartiers du Sipam à Brasilia, sont accrochées les dernières images des zones les plus affectées par la déforestation illégale, prises avec des appareils photos infrarouges des avions de l’Armée de l’Air.

Les images seront utilisées comme preuves dans des procès contre des centaines de déboiseurs illégaux.

Actuellement, seulement 8% de l’ensemble des sanctions et amendes contre la déforestation illégale sont perçues par le gouvernement, d’après le ministère de l’environnement.

Les images de haute résolution permettront également de voir les endroits où les déboiseurs prévoient de couper les arbres, donnant aux autorités une chance de prévenir la déforestation avant qu’elle ne se produise.

« Envoyer des individus à pied pour qu’ils prennent ces images coûte cher, prend du temps et est dangereux. Ces images sont une avancée importante » a déclaré Wougran Soares Galvao, Directeur des Opérations pour le Sipam.

D’ici la fin de l’année, le Brésil aura scanné 86% de l’Amazonie. Avec les images de haute-résolution, le Brésil pourra mieux faire appliquer la loi et devrait mieux réussir à protéger la forêt tropicale en Amazonie.

L’amélioration des contrôles de trafic aérien et une loi entrée en vigueur en 2004 qui permet à l’Armée de l’air d’abattre les avions suspects, ont permis de réduire le trafic de drogue aérien, d’après Ricardo Augusto Silverio dos Santos de l’agence des services secrets du Brésil, Abin.

Le problème est que les cartels trafiquant de la cocaïne pour la vendre au Brésil ou sur des marchés en Europe arrivent maintenant depuis la Colombie par bateau plutôt que par avion. « Ils ont changé leur mode opératoire » a expliqué Ricardo Augusto Silverio dos Santos.


Le Sipam installe actuellement de nouveaux équipements de surveillance le long des grandes voies fluviales et préparent des opérations contre les réseaux de narcotiques.

Mais les ressources et la coordination qui rendent possible une intervention rapide sont encore insuffisantes.

Les taux de déforestation ont été divisés par deux depuis 2004 mais certaines zones de la taille de l’état du Connecticut aux Etats-Unis sont toujours déboisées chaque année. « Nous n’avons pas les hommes, les véhicules ou même les routes pour faire ce qui doit être fait » a indiqué Marcelo de Carvalho Lopes.


http://www.actualites-news-environnement.com:80/18397-Bresil-foret-tropical…




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MessagePosté le: Dim 18 Jan 2009 - 17:41    Sujet du message: l'écologie de la forêt : Répondre en citant

« Répondre #7 le: 30 Novembre 2008 à 00:13: »
.

L'Amazonie a perdu 12.000 km2 de foret
en 2007-2008, une hausse de près de 4%‏




De : Terre sacrée
(vivant12@wanadoo.fr)
Envoyé : sam. 29/11/08
À : damejane57




L'Amazonie a perdu 12.000 km2 de forêt en 2007-2008, une hausse de près de 4%


RIO DE JANEIRO (source vérifiée)

— L'Amazonie brésilienne a encore perdu 11.968 km2 de forêt d'août 2007 à juillet 2008 à cause des déboisements et des incendies, un chiffre qui montre que "le poumon vert" de la planète continue à reculer sous les coups de la déforestation illégale.


La déforestation de l'année 2007-2008 est supérieure de 3,8% à celle de l'année précédente, selon les données publiées vendredi par l'Institut national d'études spatiales (INPE).


Les Etats les plus touchés par la déforestation sont le Para (nord), qui a perdu 5.180 km2 de forêt en raison de l'avancée des exploitants forestiers, et le Mato Grosso (centre-ouest), un grand producteur de soja qui a perdu 3.259 km2.


Le Brésil avait réussi à réduire de 59% la déforestation lors des trois dernières années, après un pic de 27.423 km2 de forêt détruite d'août 2003 à juillet 2004.


Le résultat de la dernière année 2007-2008, équivalant à la moitié du Salvador, de la Slovénie ou d'Israël, représente une augmentation de 3,8% par rapport à la même période de l'année précédente (11.524 km2).


Le gouvernement avait prévenu en début d'année qu'il y aurait une hausse sensible de la déforestation et avait ainsi lancé une nouvelle série de mesures pour la combattre, notamment une augmentation des amendes.


Simultanément, le gouvernement a passé des accords avec les filières de production du soja, de la viande, du bois et des minerais pour que celles-ci n'achètent pas de productions illégales.


Le ministre de l'Environnement, Carlos Minc, a affirmé récemment que, sans ces mesures, la déforestation aurait été deux fois plus importante


http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5gKK2R8YYy0SpnFXuLpQm68-5…


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MessagePosté le: Dim 25 Jan 2009 - 23:19    Sujet du message: Gabon : 40 milliards de FCFA pour valoriser la forêt tropicale‏ Répondre en citant

« Répondre #8 le: Hier à 12:12 »

.
Gabon : 40 milliards de FCFA
 pour valoriser la forêt tropicale‏


De :  Terre sacrée
(vivant12@wanadoo.fr
Envoyé : ven. 23/01/09 22:48
À :  damejane57
   



Gabon : 40 milliards de FCFA pour valoriser la forêt tropicale 
La France vient d’accorder au gouvernement gabonais une conversion de sa dette à
hauteur de 60 millions d’euros, soit près de 40 milliards de francs CFA, pour le
financement dans les prochains mois des projets de valorisation et de protection de
la forêt tropicale gabonaise. Cette décision avait été prise lors de la visite à Libreville
en juillet 2007 du président français, Nicolas Sarkozy, et s’inscrit dans le cadre de
mécanismes de compensation des émissions de gaz à effet de serre par
les pays fortement industrialisés.

Une partie de la dette du Gabon envers la France sera convertie, à hauteur de
60 millions d’euros, soit près de 40 milliards de francs CFA, en financement
pour la valorisation et la protection de la forêt tropicale gabonaise.
Conformément à la décision annoncée en juillet 2007 par le chef de l’Etat
français, Nicolas Sarkozy, la conversion de la dette du Gabon envers la France
servira à valoriser les écosystèmes forestiers locaux.
Dans le cadre du mécanisme de conversion dette-nature, cet important financement
devrait permettre de valoriser et de protéger la forêt équatoriale gabonaise,
mais aussi de soutenir le développement des parcs nationaux.
13 parcs nationaux ont été délimités au Gabon. Ils s’étendent sur 11% de la surface
couverte par la forêt tropicale.
«La conversion de dette doit contribuer à pérenniser le financement de la protection
de ces aires protégées», a expliqué le chargé de mission «Bassin du Congo» du Fonds
mondial pour la nature (WWF), Gilles Moynot.
Le projet comporte également un volet sur l’exploitation durable des ressources forestières
du Gabon dans le cadre du processus de diversification de l’économie gabonaise.
Le Gabon se place au 37e rang mondial et 5e rang africain des producteurs de pétrole,
mais ses réserves sont appelées à disparaître dans les prochaines décennies.
La conversion de dette doit ainsi permettre de faire sortir le pays de sa dépendance
aux ressources pétrolières en diversifiant son économie, à travers notamment l’exploitation
durable de ses forêts.
Dans un communiqué publié en décembre dernier, WWF avait souhaité que les
60 millions d’euros permettent «d’améliorer les conditions de vie des populations
locales très dépendantes de ces écosystèmes».

Les projets dans lesquels sera investie cette somme n’ont pas encore été lancés
mais un comité technique paritaire devrait faire émerger des propositions au
cours du premier trimestre 2009. 

Ces propositions seront examinées par le Comité d’orientation stratégique où siège
WWF en tant que représentant de la société civile française.

Indépendamment du mécanisme de conversion dette-nature, le gouvernement
gabonais a interdit depuis le 1er janvier dernier l’exploitation de cinq essences
forestières pour une durée de 25 ans, afin d’en assurer la pérennité.
L’exploitation de l’Afo, du Pandok, du Douka, de l’Ozigo et du Moabi a ainsi été
prohibée, alors que ces bois sont très côté sur le marché international, notamment le
Moabi dont les fruits permettent de fabriquer de l’huile alimentaire ou du beurre de Karité.

«Prohiber la commercialisation d’essences sensibles, objets de conflits sociaux, au
profit de l’intérêt général est une première de la part d’un gouvernement
d’Afrique Centrale», a salué WWF dans un communiqué.
«Sur le principe, cette loi va dans le bon sens, même s’il n’y a eu aucune concertation
en amont avec les différents acteurs», souligne Gilles Moynot.

Le Gabon est situé dans le Bassin du Congo, deuxième plus grand massif forestier
tropical du monde, après l’Amazonie. 80% du territoire national est recouvert
par la forêt. Par ailleurs, la France est le deuxième consommateur de bois
en provenance du Gabon, après la Chine.

Le mécanisme de conversion dette-nature a été expérimenté à plusieurs reprises
en Afrique, notamment en 2005, où la France avait signé avec le Cameroun
un Contrat Désendettement Développement (C2D), qui avait permis d’affecter
20 millions d’euros à la protection des forêts camerounaises.

En 2008, ce mécanisme avait permis à Madagascar de rediriger 13 millions d’euros
dans la Fondation pour les aires protégées et la biodiversité. 
Publié le 21-01-2009 Source : géo.fr Auteur : Gaboneco 
http://www.gaboneco.com/show_article.php?IDActu=11916

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MessagePosté le: Dim 25 Jan 2009 - 23:20    Sujet du message: l'écologie de la forêt : Répondre en citant

« Répondre #9 le: Hier à 13:53 »


Salut à tous!
Utiliser une dette - donc de l'argent qui n'existe pas et dont le montant a été fortement augmenté par sa persistance à ne pas exister - pour financer des mesures de préservation m'apparaît comme une étrange manière d'envisager l'efficacité de ces mesures. Comment payer ce que ces mesures dictent?

Si l'effacement de cette dette (de toute façon insolvable) est une manière de plus de se donner une vitrine de bonne conscience au french national président.. il pourra dire au prochain cocktail de la "crème internationale" qu'il a significativement aidé le Gabon.
Je subodore que les bénéfices faits par les entreprises françaises en revendant le bois du Gabon on déjà plus que largement épongé la dette, que des "accords" avec ces sociétés françaises ont été signés pour prendre soin de la poule aux oeufs d'or. Le colonialisme et l'esclavagisme ont une garde robe qui permet de changer assez facilement d'apparence. J'ai déjà suivi quelques épisodes de "Guignol's Théâtre au grand bal des hypocrites" et avoue une certaine réserve quant aux "cadeaux" présidentiels.
Si l'effacement de cette dette est un geste sincère de bonne volonté, je serai vraiment heureux d'être surpris.
Fraternel partage!

Lanou


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MessagePosté le: Dim 25 Jan 2009 - 23:39    Sujet du message: Les altermondialistes font de l'Amazonie un symbole de leur combat Répondre en citant

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« Répondre #10 le: 25 janvier 2009 à 22:37 »

Les altermondialistes font
de l'Amazonie un symbole de leur combat‏



De : Terre sacrée
(vivant12@wanadoo.fr)
Envoyé : dim. 25/01/09 15:37
À : damejane57




Les altermondialistes font de l'Amazonie un symbole de leur combat BELEM

(Brésil)
- En décidant de se réunir au coeur de l'Amazonie, les altermondialistes veulent faire de cette immense forêt menacée par l'agro-industrie le symbole de leur lutte pour la protection de l'environnement et des peuples indigènes, selon les organisateurs.


Quelque 100.000 militants se retrouvent du 27 janvier au 1er février pour la 8ème édition
du Forum Social Mondial (FSM) dans la ville de Belem (nord du Brésil) située sur le fleuve
Para, à plusieurs milliers de kilomètres de Porto Alegre (sud), la ville qui a vu naître le
premier sommet altermondialiste en 2001.


Le FSM a choisi de consacrer sa première journée de débats, mercredi, à la sauvegarde
de l'Amazonie, "le poumon de la planète, que le marché, dans son aveuglement, cherche
à posséder et à anéantir", a déclaré à l'AFP Graça Costa, responsable de l'Amazonie
pour l'ONG brésilienne FASE.


Dans un document, l'ONG souligne que, "face à la disparition accélérée de la biodiversité
et à la crise climatique, la préservation de l'Amazonie et de ses populations sont un défi
pour l'ensemble des peuples de la planète".


La plus grande forêt tropicale de la planète s'étend sur 5,5 millions de km2, dont 60%
au Brésil, et est partagée entre neuf pays sud-américains (Bolivie, Brésil, Colombie,
Equateur, Guyana, Pérou, Surinam, Venezuela et Guyane française).


Mais cette forêt, qui abrite le plus grand réservoir de biodiversité au monde
- un dixième de la faune connue et plus de 40.000 espèces végétales - et joue un rôle
essentiel dans l'équilibre climatique de la planète, a déjà perdu 17% de sa surface
originelle, selon l'Institut national de recherches spatiales brésilien. Elle est amputée
tous les ans de milliers de km2 (12.000 km2 en 2007/2008 au Brésil) sous la pression
de la puissante agro-industrie (culture intensive du soja, élevage),
et de l'exploitation forestière illégale.


Le gouvernement du président Luiz Inacio Lula da Silva s'est toutefois engagé,
pour la première fois en décembre dernier, à réduire de 70% la déforestation d'ici à 2018.


Le Brésil est le quatrième principal émetteur de gaz à effet de serre, responsable du
réchauffement climatique, et la déforestation représente 75% de ces émissions.


Le choix de Belem témoigne ainsi, selon Graça Costa, "de la volonté de donner plus
de visibilité à cette région et aux peuples indigènes" qui tentent de préserver
leur mode de vie traditionnel.


Dans la seule partie brésilienne de l'Amazonie où vivent 80% des indiens du pays,
ils ne sont plus qu'une toute petite minorité: quelque 600.000 au milieu de 25
millions de personnes. Ils vivent le plus souvent dans de vastes réserves protégées,
mais leur terres sont néanmoins grignotées par l'avancée de colons fuyant souvent la misère.



Cette difficile cohabitation provoque des conflits entre fermiers blancs et Indiens cherchant
à protéger leur habitat naturel.

La FASE souligne que de puissants groupes privés brésiliens et multinationaux se disputent
les ressources de la région en s'appropriant les terres, en détruisant la faune et la flore et en
anéantissant les modes de vie des populations indigènes "au nom du progrès et du développement".


Pour l'ONG, il faut donc "trouver les moyens de préserver la forêt pour les générations à venir
et d'accepter les défis de l'innovation technologique" afin de proposer un modèle de
développement de l'Amazonie fondé sur l'utilisation durable des ressources.

(Source vérifiée / 25 janvier 2009)


http://www.romandie.com/ats/news/090125052021.j5n5mced.asp
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MessagePosté le: Lun 16 Fév 2009 - 17:50    Sujet du message: l'écologie de la forêt : Répondre en citant

« Répondre #11 le: 26 Janvier 2009 à 12:11: »

Yooo!

Voici une info qui est en synchronicité avec cette démarche:

http://www.chamanisme.fr/Athamis-Bresil-Rencontres.html


Fraternel partage!

Lanou

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MessagePosté le: Lun 16 Fév 2009 - 17:51    Sujet du message: Les sols de la forêt tropicale peuvent stocker le CO2. . Répondre en citant

« Répondre #12 le: 05 Février 2009 à 17:19:


Les sols de la forêt tropicale peuvent stocker
le CO2 sous forme de calcaire‏



De : Terre sacrée
(vivant12@wanadoo.fr)
Envoyé : mer. 04/02/09 00:41
À : damejane




Les sols de la forêt tropicale peuvent stocker le CO2 sous forme de calcaire.


En effet, certains arbres puisent dans le sol des minéraux contenant le calcium dont ils ont
besoin et le stockent en quantité importante sous forme de cristaux d'oxalate de calcium.
Lors de la décomposition de l'arbre, par un processus complexe de réaction chimique auquel
participent des bactéries, ces cristaux sont dégradés en calcaire, ont établi les professeurs
Michel Aragno et Eric Verrechia des universités de Neufchâtel et de Lausanne.


Normalement, la biomasse ne stocke le CO2 que de manière transitoire car celui-ci est
restitué lors du processus de décomposition, tandis que le calcaire a "un temps de résidence
qui peut atteindre un million d'années", relèvent les chercheurs.

"C'est un argument supplémentaire pour la préservation et la gestion durable de la forêt
tropicale pour lutter contre l'effet de serre", a indiqué à l'AFP le professeur Aragno.


"On gagne sur tous les tableaux car le calcaire fertilise le sol tropical qui en est normalement
dépourvu, permettant d'améliorer la pratique de la culture en sous-bois", a-t-il ajouté.

"Un seul arbre suffirait à stabiliser sous forme de calcaire la concentration de CO2 dans la
colonne d'air située au dessus d'une surface de 1.000 m2", selon les recherches des
scientifiques suisses.


Plusieurs essences, présentes aussi bien en Afrique qu'en Amazonie, sont capables de
contribuer à cette transformation, selon les deux chercheurs qui citent notamment l'Iroko,
un arbre dont le bois est recherché.

En revanche, sous les climats tempérés, le calcaire est présent naturellement dans le sol et
les arbres y puisent le calcium dont ils ont besoin et le restituent ensuite, donnant un bilan
nul en terme de stockage durable de CO2.


http://fr.news.yahoo.com/2/20090203/tsc-les-sols-de-la-foret-tropicale-peuv…


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MessagePosté le: Mar 24 Fév 2009 - 16:06    Sujet du message: l'écologie de la forêt : Répondre en citant

« Répondre #13 le: 21 Février 2009 à 22:32: »


Belgique :
Greenpeace déplore
l’autorisation des peupliers OGM‏


De :  Terre sacrée
(vivant12@wanadoo.fr
Envoyé : dim. 15/02/09 17:59
À :  damejane57@hotmail.fr


Belgique : Greenpeace déplore l’autorisation des peupliers OGM
dimanche 15 février 2009, par laprincesse 14 février 2009


Bruxelles, Belgique :
— Greenpeace déplore la décision des ministres Magnette (Environnement) et Onkelinx (Santé) d’autoriser l’essai en champs de peupliers transgéniques, demandés par le Vlaams Instituut voor Biotechnologie (Gand). Ce type d’essai en champ constitue une première étape vers une possible commercialisation à grande échelle d’arbres génétiquement modifiés et présentant un danger réel pour l’environnement. En mai 2008, Greenpeace s’est rendue chez les ministres pour les informer des risques liés au développement de ces cultures transgéniques. La pression du gouvernement flamand semble avoir eu raison de la bonne volonté des ministres fédéraux, qui - dans un premier temps - avaient refusé l’essai gantois. En mai 2008, Greenpeace avait demandé aux ministres en charge du dossier d’exiger une évaluation globale des dimensions environnementales, socio-économiques et éthiques liées à la dissémination d’organismes génétiquement modifiés (OGM) dans l’environnement. Cette revendication intervenait d’ailleurs dans les conclusions du Printemps de l’Environnement, piloté par le ministre Magnette...

Le respect de cette exigence aurait permis de répondre à une question fondamentale : a-t-on vraiment besoin de peupliers génétiquement modifiés pour répondre de manière responsable et durable au problème des changement climatiques ?

Pour Greenpeace, le dossier des peupliers transgéniques de Gand illustre à quel point la recherche scientifique peut être utilisée pour éviter de porter le fer où il faut. La modification génétique envisagée vise à faciliter la production de bioéthanol. Or, pour lutter efficacement contre le climat, il faut commencer par modifier nos modes de consommation et diminuer le nombre de kilomètres parcourus. En produisant du biéthanol transgénique, on tente de répondre à un problème environnemental en en créant un autre.

L’introduction d’arbres génétiquement modifiés dans l’environnement pose des risques considérables. Les peupliers se reproduisent par voie sexuée et végétative, un morceau de branche ou de racine suffit donc à générer un arbre entier. En cas de commercialisation, le risque de transfert de matériel génétique des plantations vers les espèces sauvages apparentées serait donc réel. La lignine joue, d’autre part, un rôle essentiel dans la rigidité du bois. La transmission des caractéristiques des peupliers OGM (essentiellement moins de lignine) pourrait entraîner un affaiblissement des espèces naturelles. Si les risques d’un essai un champ sont limités, il n’en va pas de même pour une commercialisation à grande échelle....
http://www.hns-info.net/spip.php?article17289

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MessagePosté le: Mar 24 Fév 2009 - 16:07    Sujet du message: l'écologie de la forêt : Répondre en citant

« Répondre #14 le: 21 Février 2009 à 22:39: »


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Les "agrocarburants",
ennemis des forêts ?‏


De :  Terre sacrée
(vivant12@wanadoo.fr
Envoyé : dim. 15/02/09 19:47
À :  damejane


Les "agrocarburants", ennemis des forêts ? Créé le 15/02/09 Les agrocarburants créent la polémique. Alors que de nombreux écologistes les considèrent comme un moyen efficace de lutter contre le réchauffement climatique, certains experts craignent qu'il ne s'agisse là que d'une illusion. Au contraire, la tendance aux agrocarburants pousserait les Etats tropicaux, comme le Brésil, à étendre les surfaces de cultures de soja, de cannes à sucre...au détriment de la forêt, qui protège justement du réchauffement. Les agrocarburants, ex-biocarburants, participent-ils à la déforestation ? Selon de nombreux chercheurs, il s’agirait en effet d’un effet pervers des carburants d’origine végétale. "Ce que nous voyons désormais avec ce boom des biocarburants c'est une menace grandissante pour la forêt tropicale", a expliqué, samedi, Holly Gibbs, une scientifique de l'Université Stanford . "Il y a une inquiétude croissante que l'augmentation de la production de biocarburants pourrait accroître les émissions nettes de CO2 plutôt que de les réduire.

" Brésil, Indonésie et Malaisie...ont répondu à la demande mondiale grandissante pour l'alimentation humaine, animale et les agrocarburants en augmentant leur production de soja, d'huile de palme, de colza, a expliqué la chercheuse. La superficie des terres de culture dédiée au soja au Brésil a augmenté de près de 15% par an depuis 1990.

Ce phénomène reflète en partie la hausse de la demande alimentaire mais les scientifiques pensent que la récente augmentation des superficies de cultures est en grande partie liée aux agrocarburants. La production mondiale d'éthanol a quadruplé et celle de biodiesel à décuplé entre 2000 et 2007, a relevé Holly Gibbs.

Pour parvenir à ces conclusions, la chercheuse a analysé des images satellites recueillies entre 1980 et 2000 montrant que plus de la moitié des nouvelles terres cultivées proviennent du défrichement de zone de forêt tropicale intacte. "C'est une préoccupation majeure pour l'environnement de la planète", a jugé cette spécialiste soulignant que les forêts tropicales sont les plus efficaces pour emprisonner le CO2 dont elles stockent plus de 340 milliards de tonnes.

http://www.europe1.fr/Info/Actualite-Internationale/Amerique-latine/Les-bio…

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