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La notion de Karman et de réincarnation selon le Bouddhisme..

 
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damejane
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MessagePosté le: Mer 10 Sep 2008 - 21:29    Sujet du message: La notion de Karman et de réincarnation selon le Bouddhisme.. Répondre en citant

.


La notion de Karman et de réincarnation selon le Bouddhisme..


(essais, basé sur les citations en partie extraites du livre)


Livre : LES QUESTIONS DE MILINDA
Auteur : MILINDA-PANHA
- Paru en 1923
Editions Bossard, Paris, 1923. Un volume in-8 broché de 170 pages.
Traduit du pali et annoté par Louis Finot.
Collection Les Classiques de l'Orient  Bois in texte d'Andrée Karpelès.
Exemplaire numéroté sur vélin bouffant.




La doctrine du Karman est tout simplement la loi de causalité appliquée
et de ses effets dans le temps. Mais cette loi  était déjà  une doctrine sujette
à controverses à l’époque du Bouddha.

Selon l’approche, entre autre, d’Alexandra David-Neel,
il semblerait que cette « controverse » avait de multiples facettes
liées à de multiples subtilités dans l’Inde chez les brahmanes 
et produisant ainsi des nuances « philosophiques » sur le thème du karman,
sur sa nature et son activité d’influence.
 Déjà, dans les temps anciens, en Inde, avant l’arrivée de Bouddha,
il y avait un enseignement ésotérique sur la question et,
(entre la croyance populaire et les enseignements), il apparaissait des contradictions
liées aux visions des peuples sur les événements du monde
ou sur le plan individuel quant à cette croyance populaire
que tout ce qui arrivait était du à la seule volonté des Dieux.
Cette volonté des Dieux ne donnait pas d’explications,
il en était ainsi parce que les Dieux l’avaient voulu ainsi.
Donc si l’on naissait riche, bien portant et que tout vous souriait,
c’était du à la bonne volonté des Dieux,
de même que si on naissait pauvre, malade, handicapé.
Cette croyance populaire aurait pu produire une acceptation
de la condition humaine de chacun, mais il n’y aurait plus d’espoir,
ce qui fit croire que l’on pouvait attendrir ou attirer l’attention des Dieux
pour produire des changements de conditions de vie vers une amélioration.  

 Citation d’Alexandra David-Neel * :

« *Dans tous les âges et dans toutes les civilisations,
le commun des hommes a pensé de la sorte et ce genre de transaction
avec la Divinité forme la partie affective de toutes les religions. »


Seulement ce serait trop simple si on laisse cette doctrine en l’état,
et certains penseurs se posèrent la question de la manifestation des causes,
car un effet « karmique » serait le produit d’une cause ou alors serait
une manifestation d’une volonté arbitraire en l’état, sans explications ? 
S’il y a volonté, il y a en amont une manifestation de désir
et ce dernier serait produit par quelque chose.

Voyez vous la question du Karman n’est pas aussi simple,
et elle comporte des nuances colorées par les situations.

« Artabhâga demande au sage de grand renom Yâjnavalkya :
 « Quand l’homme meurt, sa voix s’en va par le feu,
son souffle dans le vent, son œil au soleil, sa pensée à la lune,
son oreille aux régions du ciel, son corps à la terre,
son moi à l’éther, son poil aux plantes, sa chevelure aux arbres ;
son sang et sa semence se déposent dans les eaux.
Mais ou l’homme demeure en lui-même ?
Yâjnavalkya répondit : «  Artabhâga, cette connaissance n’est
pas pour nous deux. Pas un mot,  à ce sujet, parmi le peuple ».
Yâjnavalkya et Artabhâga, se retirèrent à l’écart pour continuer
la conversation tous les deux des œuvres du Karma ainsi :
par des œuvres pures, l’homme devient pur ;
par des œuvres mauvaises, l’homme devient mauvais ».

Ce que nous enseigne ce texte, c’est que cette connaissance
était connue par une élite de penseurs et  elle n’était pas diffusée ouvertement
mais elle deviendra la base du bouddhisme :

-« toutes choses proviennent d’une cause , (*Ye dharmâ hetu prabhavâ )».

( *dharma-hetu 能作因 prabhavâ 出, 力)

Cette conception Bouddhiste de la justice faite par
une juste rétribution Karmique donne un sens à la vie,
a un sens bien plus supérieur que celle de la  croyance arbitraire
attribuée au bon vouloir d’une Déité qui ferait des être un « jouet »
causant ainsi son bonheur ou son malheur.
Cette vision d’une justice impersonnelle qui s’applique systématiquement,
ouvre bien plus de perspectives et de possibilités d’évolution spirituelles
de chacun car nul n’est lésé.


Citation tirée des enseignements Bouddhistes  Hinayânistes : ]

-Les questions au roi Milinda*:
* Nota : ( Milinda est un personnage historique,
un des rois grecs qui régnèrent sur Bactriane, à l’est de l’inde,
après les conquêtes d’Alexandre Le Grand,
vers le 2ème siècle avant Jésus Christ.
Son nom était Ménandrosa ou Ménandrou).]

« Le roi demande à Nâgasêna :
Pourquoi les hommes ne sont-ils pas semblables ?
Pourquoi certains ont-ils une vie brève et d’autres une longue vie ;
pourquoi certains sont-ils laids, d’autres beaux ;
pourquoi certains sont-ils puissants, d’autres riches, d’autres pauvres ;
pourquoi certains naissent-ils dans une basse condition sociale
et d’autres parmi les hautes classes de la société ;
pourquoi certains sont-ils stupides et d’autres intelligents ? »
Nâgasêna répondit :
 « Pourquoi toutes les plantes ne sont-elles pas semblables ?
Pourquoi certaines ont-elle une saveur aigre
et d’autres sont-elle salées, ou âcre, ou acide,
ou astringentes ou douces au goût ? »
« ---Il me paraît, dit le roi,  que ces différences proviennent
de la qualité des semences.
« ---Ainsi  en est-il, Ô roi, des différences que vous avez remarquées
parmi les hommes et  dont vous me demandez la raison. 
Les êtres ont chacun leur Karman propre, ils sont les héritiers de leur karman.
Ils ont leur karman pour ancêtre, pour famille et pour Seigneur suprême.
C’est le karman qui classe selon toutes les espèces de catégories. »

( source citation(s) / poème(s) n° 569:
Milandapanha, Bouddhisme, Theravada)
Milinda-panha (Les Questions de Milanda) rédigé en pali
(le texte original parle de karma, terme pâli pour le sanscrit karma),
voir la traduction de Louis FINOT, datée de 1923,
republiée dans la coll. " Connaissance de l'Orient ",
Paris, Gallimard, 1992, p. 111. 112




Et selon Anguttara Nikâya :
« Mes œuvres (karman) sont mon bien,
mes œuvres sont mon héritage,
mes œuvres sont la matrice qui m’a engendré.
Mes œuvres sont la race à laquelle j’appartiens,
mes œuvres sont mon refuge.


Il ressort de ces déclarations que l’homme a
une responsabilité inclusive dans sa conduite.
Par ses actions bonnes ou mauvaises, il aura un héritage implicite de son karma.
Toutefois, il serait absurde de penser qu’une gastroentérite
ou un mal de tête ou une indigestion par exemples,
seraient en relation directe avec le Karman.
Si l’on considère le Bouddha par ce fait reconnu
qu’il avait atteint l’illumination parfaite
et qu’il avait donc épuré tout son Karman,
comment se pouvait il qu’il ait été malade,
qu’il ait été empoisonné, ou qu’il ait eu le pied blessé.
Ce genre de considérations n’échappa pas au roi Milinda
et il interrogea Nâgasêna à ce sujet voici ce qu’il répondit :


« Il n’est point exact que toute souffrance provienne du Karman.
La bile, les humeurs, leurs combinaisons, les variations de la température,
l’action d’agents extérieurs, etc.., peuvent produire la souffrance.
Donc ceux qui affirment que le karman est l’unique cause
des souffrances des êtres soutiennent une erreur. »


Mais cette réponse ne satisfait pas le roi,
car il pense que Nâgasêna n’a pas répondu à la question
mais l’a plutôt esquivée.
Pour toutes ces particularités,  comme la température, la bile, etc..,
ont une cause et il pose la question de leur présence en  l’organisme de l’homme
ou  le fait du milieu de l’homme ou il se trouve.
Nâgasêna répond :

 
« la bile peut être troublée par le froid,
par la chaleur, par les aliments non appropriés.»

La souffrance serait le résultat de la chaleur,
du froid, de l’alimentation malsaine.

« Le nombre des événements se produisant  par le fait du karman
est minime en comparaison de ceux que d’autres causes engendrent. »


Nâgasêna reprend l’exemple de l’accident de Bouddha causé
par la jalousie de Dévadatta, son cousin, qui fit dévaler un rocher sur une pente,
dans le but d’écraser le Bouddha qui était assis en contrebas,
mais le rocher fut dévié de sa route en touchant deux autres personnes
et finalement, c’est un éclat de pierre qui s’est détaché qui a blessé le pied de Bouddha.
Pour Nâgasêna, la douleur ressentie par le Bouddha consécutive à sa blessure serait un effet 
soit de son propre Karman, soit de causes qui lui seraient étrangères ainsi qu’à ses œuvres.
En ayant évoqué ces deux formes de causes, Nâgasêna n’en reconnaissait aucune,
car pour lui bouddha ayant épuré son karman et ayant atteint l’illumination,
l’accident douloureux ne pouvait être attribué au Karman, pour lui il est extérieur.
Pour le roi Milinda cette conclusion donnée en réponse ne lui paraît pas suffisante.
Ce qu’il ressort de ce dialogue entre le roi Milinda et Nâgasêna est ce refus de croire
que tout ce qui arrive aux hommes serait le produit du karman,
telle la croyance populaire.
Cette croyance enracinée dans les couches les plus profondes des peuples de l’Inde
des temps anciens  a produit des raisonnements comme penser
qu’il ne faut pas soigner, être charitable, ou de soulager ceux qui souffrent
sous peine de contrarier le Karman hérité et d’en créer de nouveaux
ou de retarder la résolution du Karman de l’être auprès duquel
on aurait Fait une action de service d’aide.
Cette forme sectaire de croyance a gardé encore ses racines
de nos jours dans certains milieux des couches sociales,
comme si il n’y avait rien à faire, et conduirait loin de toute aide ou secours.

Si on se base sur cette théorie, l’homme qui renaît ne se souvient pas
de ses vies passées et ne sait pas quels crimes il aurait pu commettre
dans ses vies antérieures et devrait subir ce qui lui arrive sans aucune forme d’espoir.
Or, la réincarnation permet à l’être de produire de bonnes actions,
d’acquérir des mérites et ainsi alléger son propre Karman
et celui des autres puisqu’il agira en fonction
de ce qui se présente dans sa présente incarnation.
En occident, la croyance sectaire de l’idée de la responsabilité personnelle
se doit d’admettre  les lois de l’hérédité 
*qui punissent les fautes du père jusqu’à la 3èmè et la 4ème génération.
« (*Exode, XX, 5) »

Nota :
Rappelons que le Bouddhisme Hinayâniste est la pure
et la stricte doctrine que le Bouddha a enseignée :
c'est la loi Bouddhique telle que le Bouddha l'a transmise.
Le Mahâyâniste désigne le Bouddhisme tel qu'au fond il s'est forgé
au cours des siècles par porosité avec mille autres systèmes cosmogoniques,
philosophiques et religieux qu'il a lentement absorbés.
Le Mahayanisme est une religion constituée.
Ce présent dialogue en est issu.


Poursuite du dialogue :
Milinda demande à Nâgasêna :

« --- Qu’est-ce qui renaît, Nâgasêna ?
   --- Le Nom* et la Forme (la personnalité) renaît.

(*Il est plus conforme à la signification du terme de mettre
le verbe au singulier car le couple forme une unité inséparable.
Rappelons que le Nom représente les manifestations qui constituent l’Esprit ;
sensations, perceptions, constructions mentales, conscience ;
tandis que la  Forme est la partie physique de la personne.)

(Milinda reprend le dialogue)
« --- Est-ce le même Nom et forme qui renaît ?
   --- Non, mais pour ce Nom et Forme des actes sont accomplis,
des actes bons ou mauvais et, par l’effet de ceux-ci, un autre Nom et Forme naît.
« --- S’il en  était ainsi, le nouvel être ne serait pas libéré de son karman ?

Nâgasêna répond :
« --- Oui, s’il n’était pas le produit d’une renaissance,
mais comme il est tel, il n’est pas libéré de son mauvais karman. »

Ce que  Nâgasêna fait comprendre à Milinda, par sa réponse, est :
 -que le nouvel être  qui renait est la conséquence e
t la prolongation des expériences passées et produites avec un  karman
qui ne sera que le produit de ses œuvres.



Voici quelques exemples pour alimenter la réflexion cités par  Nâgasêna:

« Un homme prend son repas à l’étage supérieur de sa maison,
laisse sa lampe flamber trop haut et celui-ci met le feu au chaume du toit.
La maison prend feu tout entière et le  se communicant de maison en maison,
tout le village entier est incendié.
On s’empare de cette homme et on lui dit :
« Vous avez brûlé le village. »
Mais lui réplique :
« Je n’ai pas brûlé le village, la flamme de la lampe qui m’éclairait,
tandis que je mangeais, était une chose, le feu qui a brûlé le village en était une autre. »
Nâgasêna et le roi Milinda étaient d’accord pour conclure que
l’homme était coupable et devait être puni puisque le feu
qui a détruit le village provenait de la flamme de la lampe.
Puis, poursuivant... :
« Imaginez, ô roi, qu’un homme paie une dot aux parents d’une petite fille dans l’intention de la prendre plus tard, pour femme et, après cela, qu’il s’en aille. En son absence la petite fille grandit. Alors, un autre homme verse une dot aux parents et épouse la jeune fille. Cependant, le premier revient et dit : « pourquoi as-tu épousé ma femme ? » Mais le nouveau mari répond : «  ce n’est pas ta femme que j’ai prise.. »
Nâgasêna, de poursuivre :
Le premier acquéreur avait choisi une fillette,
le second avait épousé une jeune fille en âge d’être mariée.
De toutes les façons, physiquement et mentalement,
cette dernière était différente de celle dont le voyageur avait versé la dot.
Cependant, c’était toujours elle. »…..
« Imaginez que quelqu’un achète un vase de lait à un garde troupeaux
et s’en aille en laissant le vase à ses soins en disant :
« Je reviendrai demain ».
Et le jour suivant, le lait se caille. Quand l’acheteur revient,
on lui offre du lait caillé, le beurre, le fromage ne sont
que des aspects différents du lait, comme la fillette et la jeune fille
sont des aspects successifs d’une même femme. »


A la question du roi Milinda :
« Le but de votre sortie du monde, à vous Bouddhistes,
étant de mettre fin à la douleur présente et d'empêcher qu'une autre ne naisse,
cela est-il dû à un effort antérieur ou à un effort présent? »

Nâgasêna répond:
« L'effort présent, Maharaja, est inopérant [pour cette vie] :
c'est l'effort passé qui est efficace.
- Donne-moi une comparaison.
- Si tu avais soif, est-ce alors seulement que tu ferais creuser
une citerne ou un bassin pour boire ?
Si tu avais faim, est-ce alors seulement que tu ferais labourer un champ,
semer du riz, récolter du grain ?...
- Non, Vénérable.
- De même, l'effort présent est inopérant, c'est celui du passé qui est efficace. »

(source citation(s) / poème(s) n° 569: 
Milinda-panha, Bouddhisme, Theravada) Milinda-panha
(Les Questions de Milinda) rédigé en pali (le texte original parle de kamma,
terme pâli pour le sanscrit karma),
voir la traduction de Louis FINOT, datée de 1923,
republiée dans la coll. " Connaissance de l'Orient ",
Paris, Gallimard, 1992, p. 115-116




  Autres Extraits du Milindapanha
 (http://www.buddhaline.net/message_spip.php3?id_forum=18031)
« Suppose qu’un homme prenne des mangues à un autre.
Le propriétaire des mangues le saisit et le mène devant le roi en l’accusant de vol.
Si l’accusé répond :
"Ce ne sont pas les mangues de cet homme que j’ai emportées :
autres les mangues qu’il a plantées, autres celles que j’ai emportées;
je n’ai encouru aucune punition", cet homme est-il coupable ?
« -- Il l’est. »
« -- Pourquoi ? »
« -- Parce que, quoi qu’il en dise, les dernières mangues
sont solidaires des premières.
De même, Mahârâja, quand le Nom-et-forme accomplit
un acte bon ou mauvais, c’est cet acte qui détermine la renaissance
d’un autre Nom-et-forme ;
on ne peut donc dire que celui-ci soit affranchi des péchés antérieurs.


Le Roi Milinda demanda à Bhikkhu Nâgasêna :
« Vénérable, tous les êtres humains ont le même type de corps,
pourquoi certains vivent longtemps,
d’autres meurent très jeunes; certains ont une bonne santé,
d’autres sont malades ; certains sont riches, d’autres sont pauvres;
certains sont nobles, d’autres sont humbles; certains sont intelligents,
d’autres sont peu intelligents.
Pourquoi sont-il si dissemblables ?” »


Bhikkhu Nâgasêna répondit :
 « C’est comme les fruits sur les arbres, certains sont sucrés,
d’autres sont acides, acres, amers ; certains sont bons à manger,
d’autres sont immangeables.
Pourtant ils sont tous des fruits. Parce que leurs graines de semences sont différentes.
Il en est de même pour les êtres humains.
C’est à cause de leurs karmans spécifiques, à cause de leurs propres connaissances,
de leurs propres comportements qui étaient différents depuis toujours.
C’est pourquoi la position du caractère original de chaque être est différente de l’autre.
De là vient leur dissemblance ?
Bouddha nous avait enseigné : c’est à partir des bons et des mauvais agissements
de chaque être, depuis très longtemps auparavant,
que proviennent les conséquences par la suite.
Quand antérieurement on a fait des bonnes actions,
maintenant on peut vivre longtemps, avoir la santé et la prestance,
le pouvoir et la noblesse, l’intelligence et la sagesse.
Si antérieurement on a fait de mauvaises actions, maintenant
on peut mourir prématurément, on est souvent malade,
on a un physique laid, un rang social défavorisé et de basse condition,
d’un niveau d’intelligence peu élevé ou l'on est idiot.
Ces conséquences sont sans erreurs possibles.
Dans le cycle de morts et de renaissances, les conséquences de nos actes
nous gèrent, nous protègent, nous récompensent et nous punissent.
Tout vient de nous :
nous créons les causes et nous récoltons les conséquences .»


Histoire no. 39 "Creuser un puits"
 Le Roi Milinda demanda au Bhikkhu Nâgasêna
:

« Si une personne voulait faire du bien,
il devrait le faire dans le passé ou dans le future ?
 -Il devrait les faire déjà dans le passé pour pouvoir recueillir
des bonnes conséquences maintenant.
Il ne faut pas attendre pour les faire plus tard, il n’y aura pas d’effets.
Par exemple, votre Majesté, si vous ne commenciez à creuser un puits
que lorsque vous avez soif, auriez-vous à temps de l’eau pour boire ? »
 -Non, Vénérable, je mourais de soif. Il faut creuser d’avance le puits.
-Il en est de même, il n’y a pas de différence. Il faut faire du bien,
se perfectionner durant plusieurs vies antérieures pour pouvoir
recevoir des bonnes conséquences dans cette vie.
Il ne faut pas attendre pour le faire dans le futur, il n’y aura pas d’effets.
Bouddha nous a enseigné : « Quand vous constatez que c’est une bonne action à faire,
il faut l’accomplir tout de suite pour pouvoir prendre le chemin de la Sagesse.
Ne faites pas comme le cocher qui quitte le grand chemin pour prendre
un sentier tortueux et qui pleurera ensuite lorsque sa voiture sera cassée.»
Il en est de même, sans aucune différence, de celui qui, aveuglé par l’ignorance,
est sorti du bon chemin. Il est égaré dans les mauvaises voies.
Quand il verra la mort s’approcher, il se mettra à se lamenter
tout comme le cocher qui a sa voiture cassée. »


Histoire no. 40
Le crocodile, la tortue, le paon, le pigeon :
 Le Roi Milinda demanda à Bhikkhu:

 « Les Vénérables nous enseignaient :
-- Le feu de l’enfer dégage une chaleur nettement plus brûlante
que celle du feu normal. Si l’on jetait un petit caillou dans le feu,
il resterait encore en entier toute une journée.
Si l’on jetait une grosse pierre dans le feu de l’enfer,
elle disparaîtrait en un clin d’œil”.
Je doute car il m’est impossible de croire à cela !
Les Vénérables avaient encore dit ceci :
 «Les êtres qui sont condamnés en enfer, sont brûlés vifs durant des milliers d’années
mais ils ne sont pas réduits en cendres.
Face à ce raisonnement, je doute encore plus. »

 - Majesté, réfléchissez à ceci :
Les crocodiles, les tortues, les paons,
les pigeons femelles mangent-ils des graviers ?
 - Oui, ils les mangent.
 - Ces graviers sont-ils digérés ?
 - Oui, ils sont tous digérés.
 - Et les œufs dans leurs ventres sont-ils digérés ou non ?
- Non, les œufs ne sont pas digérés.
Pourquoi les œufs ne sont pas digérables ?
C’est parce qu’ils sont influencés par le karma.
Il en est de même pour l’homme. Celui qui est condamné en enfer,
il y sera brûlé durant des milliers d’années sans être réduit en cendres,
c’est à cause de l’influence de son karma.
Bouddha avait enseigné :

“Tant que le karma n’est pas épuisé,
l’homme ne peut pas mourir”.

Très bien, c’est excellent.
( source )Extrait du Sutra Milinda Panda
Traduits par Diêu Tinh
(http://www.buddhaline.net/message_spip.php3?id_forum=18031)




Après tous ces exemples donnés sur la « conception » du Karman par Nâgasêna,
ils montrent toute la subtilité de la représentation du karman
et des changement qui peuvent survenir pour un même objet
ou personne comme le lait qui se caille et qui devient du fromage,
comme la fillette et la jeune file qu’elle est devenue plus tard.
Même si cela évolue en « autre chose, il resterait un forme d’identité d’origine.

Une part des Bouddhistes enseignent que les éléments ne se transforment pas
mais disparaissent alors que l’autre partie semble dire le contraire comme :
Nâgasêna avec Milinda.
Ces deux vus semblent inconciliables.
On peut considérer que c’est une illusion que de croire à l’évolution
d’une chose unique car certains pensent que la nature des éléments
qui sont apparus disparaît pour en laisser d’autres arriver.
(Loi de l’impermanence)
C’est un débat fort intéressant qui est posé sur le sujet du karman.
Cela ne règle pas vraiment la question fondamentale,
que tout homme peut se poser, d’une juste loi de rétribution
et d’équilibre donnée en fonction de nos actes « morales »
et produisant un résultat,
(on pourrait nommer cela un livre des comptes en bonnes actions et en mauvaises actions),
que l’être récoltera dans ses incarnations futures.
Jusqu’à présent, ici, nous n’avons parlé que du karman individuel,
or Nâgasêna n’ignorait pas l’interaction des karmas d’un groupes d’êtres
pouvant se croiser sur plusieurs vies ou ayant commis de bonnes
ou mauvaises actions ensembles dans une vie.
Voici une question que le roi Milinda posa à Nâgasêna
à propos des existences antérieures du Bouddha :

« En ce temps là, le futur Bouddha était un jeune brahmine nommé Gotipâla.
Sous cette personnalité, il insulta le Bouddha Kasyapa, l’un de ses prédécesseurs.
Invité à aller écouter sa prédication, il répondit à ceux qui l’y conviaient :
« quel bien peut-il résulter pour nous d’aller  rendre visite à ce moine bon à rien ? »

Nâgasêna, explique :
« La conduite de Gotipâla était due à sa naissance et à son entourage familial.
Il appartenait à une famille d’incroyants. Sa mère, son père, ses sœurs, ses frères ;
ses parentes et ses parents, ses serviteurs étaient des adorateurs de Brahmâ,
des fidèles de Brahmâ.
Convaincus que les Brahmines étaient les plus nobles et les plus honorables des hommes,
ils méprisaient ceux qui avaient adopté la vie religieuse sans appartenir à leur caste.
C’est sous l’influence de ce qu’il avait entendu répéter autour de lui que,
lorsque le potier Ghatikâra l’invita à rendre visite au Maître, il répondit :
« quel bien peut-il résulter pour nous d’aller rendre visite à ce moine bon à rien ? »

Ce texte montre que le milieu social ou géographique dans lequel on s’incarne,
la famille, la culture, les croyances des parents, les amis ainsi que l’éducation,
influenceront le comportement et les actions de l’être,
l’effet de groupe par son influence ne peut être dissocié
et aura un effet karmique pour la présente incarnation
mais aussi pour les prochaines.
Même si Gotipâla avait fait de bonnes action dans ses vies antérieurs,
lorsqu’il renaît, il est comme amnésique, aveugle,
il ne se souvient pas de ses actions passées dans ses vies antérieures,
mais il reste une trace de ses bonnes dispositions,
(en gestation et attendant de se manifester),
qui lui permettront un jour, (quand les conditions seront favorable),
de retrouver en lui sa pleine capacité d’ouverture de conscience.
Ce qui est raconté dans les textes est,  qu’une occasion se présenta à Gotipâla, 
qui finit par rendre visite au Bouddha Kasyapa
et lorsqu’il l’entendit prêcher, il su en lui-même instantanément
qu’il enseignait la vérité, parce qu’il savait au fond de lui que c’était juste,
(qu’il avait gardé des traces inscrites en son cœur, provenant de ses vies passées,
mais plutôt l’état d’avancement « accumulé ou de récapitulation », 
du aux vies passées, de l’évolution de son cœur).
Il devint le disciple du Bouddha Kasyapa
et au fur et à mesure découvrit de nouvelles possibilité
et « pouvoirs » supérieurs,
de clairvoyance et de concentration de la pensée.
Note :citation de hildegarde de bingen :

Si l’homme ne porte pas en lui la question,
la réponse ne se trouvera pas non plus dans l’Esprit.




Au regard des différents exemples donnés par les textes,
des échanges entre le roi Milinda et Nâgasêna, on peut observer
cette loi des phénomènes qui surgissent, ces objets et ces événements 
à l’origine peuvent se croiser et s’entremêler
et sont liés par une notion d’interdépendance.
On parle de (pratîtyasamûtpâda) qui veut dire :
Chaine des origines interdépendantes. Si telle ou telle chose ou événement existe,
telle ou telle évènement naît, ces origines ne sont qu’un aspect du karman.
On distingue trois formes de karman ou d’enchainement produit d’une œuvre avec son résultat.
1ère forme :
Il y a le karman général, celui qui est généré par la ronde des existences,
(de réincarnations en réincarnations)
que l’on nomme aussi la ronde des existences :
(le samsara).
Note de L2L : (En Tibétain, le "samsara" se dit : "Khorwa")
C’est une ronde qui semble sans  fin et se perpétuant,
tant que l’ignorance, les désirs et l’illusion sont maintenus en l’être, 
que ce dernier n’en a pas pris conscience et qu’il n’aura pas entrepris
de façon consciente un travail pour acquérir des mérités
et briser un jour la ronde du samsara.
Le karman se perpétuant d’une vie à l’autre sera en fonctions
de la façon dont l’être aura su plus au moins géré ses vies
avec plus ou moins de conscience du « bien et du mal ».

L’interdépendance se révèle là aussi dans le contexte du milieu social,
les rencontres, les croyances, la contrée et le pays , les coutumes,
qui forment et forge l’être qui subit plus ou moins bien,
ou qui réagira en fonction de ses désirs et des valeurs qu’il attribue à la vie, 
il adoptera ce qui est bon pour sa présente existence en fonction de ses choix de critère.
La ronde des naissances, ( Samyutta Nikâya),
et le fait qu’à chaque nouvelle incarnation, l’être ne se souvient pas de ses vies antérieurs,
ne donne pas la possibilité de remonter à la source
du commencement des désirs et de l’ignorance qui posent un voile sur les yeux,
les oreilles de l’être ainsi que sur son cœur.
Il en est ainsi tant qu’il n’aura pas pris conscience de tout cela.
Une chose toute simple à se rappeler, qui dit existence dit production d’activités
et donc production d’effets qui peuvent être positifs ou négatifs
et parfois les deux à la fois, si l’être se place d’un point vu égoïste.

2ème forme :
On parle du karman des objets inanimés, on parle plus de mécanisme comme l’apparition, l
a croissance, de désintégration, de la disparition.
Si l’on prend l’exemple d’un rocher ou d’une pierre, les effet du temps,
de l’érosion due par le vent, le pluie, seront plus ou moins les mêmes,
sauf qu’une pierre on peut chouter dedans, et qu’n rocher peut se fragmenter
puis rouler  et dévaler de la montagne et écraser une voiture,
ou être freiné dans sa course par des arbres puis être stoppé
par un affaissement de terrain suffisamment creux et large
pour l’empêcher de continuer sa course.
Une pierre peut servir à paver un chemin ou bien avec d’autre
former un cercle protecteur au contact d’un feu de camp.
Une pierre ou un rocher peut être ravinée par le torrent de la rivière
en fonction de la saison, la puissance de l’eau sera plus
ou moins forte pour faire son œuvre sur elle.

3ème forme :
C’est le karman moral qui est lié aux être vivants mais qui est lié aussi 
au karman général et au karman des objets inanimés.
Au début de l’article, il est fait mention de la croyance populaire
qui ne fait pas de distinction subtile,
mais qui  est plutôt focalisée sur ce karman moral.
L’homme par sa nature, poussé par l’élan vital est actif soit par des actions, 
soit : par des activités avec  des actes de volonté,
mais aussi qui peuvent être des actes involontaires,
lesquels,  dans tous les cas,  produisent des changements
dans le milieu de là où il vit.
Cela a aussi des effets sur ce qui le constitue,
tant sur le plan physique que sur le plan intérieur.
 Citation1 :
( source : Suramgamasamadhisutra,
 extraits des p. 147 à 150, traduction É. Lamotte,
dans Aux sources du Bouddhisme,
Fayard, p.165  itation(s) / poème(s) n° 785: 
Divers Sutras, Bouddhisme, Mahayana )

«« Il ne voit jamais l'existence propre des êtres,
mais pour les mûrir, il parle des êtres.
Il ne voit ni être vivant ni individu, mais il parle d'être vivant et d'individu.
Il ne voit pas l'existence propre des actes ni l'existence propre de la rétribution,
mais il enseigne aux êtres l'acte et la rétribution.
Il ne voit pas l'existence propre des passions du samsara,
mais il enseigne à bien connaître les passions du samsara.
Il ne voit pas le nirvana, mais il parle d'arriver au nirvana.
Il ne voit pas que les dharma comportent des caractères distinctifs,
mais il parle de dharma bons et mauvais.[ ... ]
Muni de la profonde et merveilleuse sagesse, il élimine toutes les pratiques des êtres ;
pour mûrir les êtres, il semble exercer les pratiques,
mais en vérité il n'a aucun dharma à pratiquer, et il a dépassé toutes les pratiques.
Depuis longtemps, il a éliminé la " prise " relative au moi et au mien,
mais il " prend " les choses dont il a besoin.
Le Bodhisattva étant muni de ce savoir
et de cette sagesse, tous les actes qu'il accomplit
sont conformes au savoir et à la sagesse
et il n'est pas souillé par le fruit des actes. » »


Citation 2 :
[color=green]« Artabhâga  demande à Yâjnavalkya :

-  Où demeure l’homme quand il meurt ; ou va-t-il ?
Yâjnavalkya emmène le questionneur à l’écart afin que nul entende sa réponse,
s’entretient avec lui du karman et lui déclare :
- Par ses œuvres pures, l’homme devient pur ;
par ses œuvres mauvaises, il devient mauvais. »

[color=navy]Respectivement les œuvres pures ou impures  produites par l’homme,
conditionneront leur futures renaissances et leur futures conditions de vies karmiques
à vivre, à expérimenter, à épurer par des actions pures pour enfin briser un jour,
dans une incarnation, le cercle dont le produit est l’ignorance,
les désirs, les mauvais choix, le partage du karma de groupe…
Les successions d’actions « mauvaises » forment une ligne d’énergie emmagasinées
de même qu’il en est ainsi pour les  bonnes actions,
comme une onde qui se nourrit tout au long de la vie de cet homme,
ce sont des lignes de forces qui forment
et préparent  les êtres dans et par leur karma. 



[color=blue]« Le but de la vie sainte n’est pas d’acquérir de la réputation,
de devenir moralement impeccable, de se concentrer ou de devenir savant.
C’est l’inébranlable délivrance du cœur qui est l’objet de la vie sainte »  Bouddha


[center]

[color=orange]
Il y aura une suite probable si cela intéresse quelqu'un
dameJane, auteure de l'article dans son intégralité,
tous droits réservés:



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MessagePosté le: Mer 10 Sep 2008 - 21:29    Sujet du message: Publicité

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damejane
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MessagePosté le: Sam 25 Juil 2009 - 20:00    Sujet du message: Le Karma Répondre en citant

« Répondre #1 le: 04 Juillet 2009 à 17:26: »
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MessagePosté le: Mar 3 Nov 2009 - 18:36    Sujet du message: La notion de Karman et de réincarnation selon le Bouddhisme.. Répondre en citant

« Répondre #2 le: 04 Octobre 2009 à 23:37: »
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Nota de (DJ)
remerciements à Rigpa Ni Ni pour ce partage..



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MessagePosté le: Aujourd’hui à 11:35    Sujet du message: La notion de Karman et de réincarnation selon le Bouddhisme..

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