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L'hortithérapie ou comment imaginer le jardin qui soigne

 
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damejane
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MessagePosté le: Lun 9 Avr 2012 - 09:58    Sujet du message: L'hortithérapie ou comment imaginer le jardin qui soigne Répondre en citant

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L'hortithérapie ou comment imaginer le jardin qui soigne.




Tout d’abord, qu’est ce que l’hortithérapie ? La thérapie par les plantes médicinales ? Pas du tout. C’est une thérapie qui s’intéresse à l’action du jardinage sur le corps, l’intellectuel, le psychisme et le mental.

Les précurseurs de cette thérapie sont les Canadiens et les Américains. Elle s’est ensuite répandue au Royaume-Uni et au Japon et tend à se développer en Europe. En France, elle est encore trop méconnue. Des associations se sont créées comme Belles plantes de Annes Ribes, une précurseur dans ce domaine qui a à son actif quatre centres dédiés à l’hortithérapie sur la capitale.

Malheureusement, rien n’est centralisé en France et chacun fait des essais aux quatre coins de l’hexagone sans tenir compte des expériences faites dans les autres associations. Cela explique aussi pourquoi la définition de l’hortithérapie est en elle-même vague et donc difficile à cerner.


Pour les malades comme les biens portants

Pour la CHTA (Canadian Horticultural Therapy Association ou association d’hortithérapie canadienne) et la AHTA (version américaine), la définition de l’hortithérapie n’est que très récente, celle-ci date de 2008 :

« L’utilisation des plantes, par un professionnel formé, comme moyen pour atteindre des objectifs cliniques préétablis. »

C’est une définition très médicale et qui nécessite forcément un hortithérapeute. Dans ces pays, des formations d’hortithérapies sont possibles alors qu’en France seuls des stages sont accessibles et donnés par des centres hospitaliers comme le CHU de Nancy géré par le Dr. Jonveaux.

Après réflexion, une autre définition s’est imposée :

« L’hortithérapie est un moyen de venir en aide à une clientèle en difficulté physique, psychique, intellectuelle et/ou mentale en utilisant le jardin thérapeutique comme support de travail par le biais d’activités encadrées par des professionnels formés. »


Cette définition associe davantage les domaines « médecine » et « paysage » car la conception d’un aménagement paysagé, par un jardin thérapeutique est énoncé explicitement.


Il faut savoir aussi que l’hortithérapie n’est pas seulement utile pour les personnes ayant des troubles divers. Elle peut s’appliquer pour des personnes bien portantes comme pour des personnes malades, pour des enfants comme pour des personnes âgées ainsi qu’aux personnes encadrantes. Il est donc nécessaire, en fonction du contexte, d’avoir un espace qui a été réfléchi et adapté pour un ou plusieurs type(s) de population.

On ne va pas aménager un jardin pour des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer de la même façon que pour des enfants. En addition à cela, la mixité de tous ces genres est une richesse inépuisable et rend l’hortithérapie très intéressante. Nous le savons, toutes les relations intergénérationnelles sont très bénéfiques.


En Egypte, les mutilés de guerres au jardin.

La plus grande qualité de l’hortithérapie est l’adaptabilité de cette pratique : nous n’aurons pas les mêmes objectifs avec une personne atteinte de la maladie de Parkinson qu’avec un enfant ayant des troubles psychotiques. Nous avons, là, la réponse au pourquoi faut-il des personnes formées ? Elles doivent, en effet, bien connaître la maladie de leurs patients pour en connaître les contraintes, les évolutions possibles et les attitudes à adopter face à certaines réactions.

Depuis des milliers d’années, nous avons bénéficié du lien qui maintenait la nature et la médecine ensemble. Le jardinage peut être un outil pour la médecine, les bienfaits ont été reconnus scientifiquement (exemple : augmentation de la production de vitamine D3 par l’exposition au soleil, certaines bactéries du sol peuvent améliorer notre santé…).

Au temps de l’Egypte Ancienne, les mutilés de guerres et autres blessés avaient pour ordre de passer du temps dans les jardins lors de leur convalescence. Nous avons perdu cette liaison avec la nature, mais l’hortithérapie nous donne l’occasion de la retrouver.


Stimuler les cinq sens

Pour qu’un jardin soit un bon outil thérapeutique, il doit être adapté à sa population. Par exemple, le CHU de Nancy a créé à l’initiative du Dr Jonveaux et un médecin paysagiste sculpteur allemand Reinhard Fescharek en 2008, spécialisés dans la maladie d’Alzheimer, a dans son jardin tout ce qui est sujet à la mémoire. Il est conçu en quatre carrés thématiques selon les éléments invariables : l’eau, le feu, la terre et le vent. Autour de ces quatre éléments, sont joints des plantes – qui changeront au fil des saisons – et des sculptures pour accentuer ces thèmes et stimuler les sens.

Des repères spatio-temporels sont également introduits tels une horloge, une station météo ou encore des espèces végétales tampon permettant de se l’approprier. Par exemple, le muguet qui rappelle le mois de mai avec des souvenirs qui y sont liés ou encore un sapin pour Noël. On peut aussi utiliser des céréales pour des anciens agriculteurs ou des pâquerettes… En utilisant les cinq sens et en rendant les patients acteurs, ces derniers vont s’investir et vont stimuler leur mémoire avec plaisir et de façon inconsciente.

Par l’aménagement et la gestion d’un jardin, nous pouvons stimuler tous les sens :

L’ouïe par le bruissement du vent dans des végétaux choisis, par l’eau qui ruisselle, par les oiseaux et autres êtres vivants…
L’odorat par le parfum des plantes, par l’herbe fraîchement coupée, par l’odeur du bois utilisé en paillage, l’odeur de la terre humide…
La vue par les couleurs, la forme géométrique des sculptures, la verticalité des végétaux ou au contraire des parterres couvrant une certaine superficie...
Le toucher par la texture des végétaux, le cheminement qui peut être parfois du sable, des galets, des copeaux de bois ou des lattes de bois, la texture des sculptures, bois, roches...
Le goût par l’introduction de plantes comestibles (attention de ne pas les mettre avec certaines qui sont toxiques) que l’on récolte et avec lesquelles d’autres activités sensorielles sont par la suite rendues possibles. Un partage des fruits de l’année lors d’une rencontre intergénérationnelle dans des maisons de retraite est tout à fait possible et tout de suite bien plus accueillant.



Oublier son statut de patient

Pour des hôpitaux, comme le Centre François Baclesse situé à Caen, le jardin thérapeutique (qui donne naissance à l’hortithérapie) peut être aussi un moyen de rendre l’hospitalité à l’hôpital. En donnant un lieu de rencontres, de guérison à l’extérieur de l’établissement, cela favorise cet effet. Ce jardin correspond à une demande des patients et de l’équipe soignante car il n’y a pas que les patients qui en récupèrent les bienfaits.

Le jardin de Caen, encore en construction, regroupe sept ambiances différentes : forestière, zénitude, aquatique, les jeux d’enfant, détente, un bain de soleil et une autre plus ombragée avec une pergola. En fonction des humeurs, de la saison et du temps chacun sera libre d’aller là où il se sent le mieux pour être seul ou accompagné.

Dans une chambre d’hôpital, les murs de votre chambre ne vont pas changer pendant l’année et l’équipe médicale a beau être la plus accueillante du monde, elle ne changera pas non plus tout le temps (heureusement).

Dans un jardin en revanche, les saisons vont changer ses aspects et il ne sera jamais à l’identique. Il y a de l’attente quand vient l’automne, on voit les feuilles tombées puis vient la neige et là, on espère qu’elle fondra au plus vite pour revoir ce joli vert, jeune et puissant des nouvelles pousses de l’année.

Quand on travaille avec le végétal, nous sommes aussi plus humbles face à la frustration car nous travaillons avec du vivant. Malgré notre envie de tout gouverner, de maîtriser la nature, nous savons qu’elle a aussi son « libre arbitre » et beaucoup de choses peuvent échapper à notre contrôle. On cherchera à savoir ce qui n’a pas marché pour cette plante et nos idées pour l’aider grandiront avec elle.

En déambulant dans cet espace et en participant aux différentes activités de jardinage proposées, la personne soignée oublie son statut de patient pendant un instant. Son activité ne se cantonne plus à marcher de long en large dans un couloir blanc et stérile. Son corps bouge, se met en action lui permettant ainsi de se sentir « vivre », d’être elle même et non une personne à soigner. C’est pratiquer un effort physique tout en accomplissant une expérience gratifiante.



Baisse de prise de médicaments avec un poster de paysage.



L’hortithérapie sème sa petite graine et tend à se développer. Mais on ne peut être l’initiateur d’un projet dont on ne connaît pas ou peu les bénéfices. Je vous invite donc à en apprendre davantage par le biais d’ouvrages, de témoignages qui y sont consacrés. Il n’y a que par la communication que nous toucherons le plus de monde. Si comme moi vous êtes plus qu’intéressé, parlez-en, vivez la et vous en sortirez plus enrichi et meilleur.

Cela peut paraître trop utopique pour des personnes cartésiennes mais de plus en plus d’individus deviennent « adeptes » de cette thérapie, qu’ils soient médecins ou simple jardiniers. Venant d’un bac scientifique et très cartésien au départ, ma vision a beaucoup évolué. Dans certains cas, elle a fait régresser la maladie d’Alzheimer de cinq ans ; c’est une preuve que ça peut marcher.

Des études d’éco-psychologie ont été menées aussi, l’expérience était d’avoir des chambres d’hôpital avec des posters différents, certains étaient des paysages et d’autres des tableaux d’art abstrait. Dans la majorité des cas où il y avait un poster de paysage, on constatait une baisse des prises de médicaments et un mieux être chez la personne. Nous pouvons réitérer cette expérience avec une personne dont le bureau donne une vue sur un aménagement paysager et une autre avec un bureau donnant sur un parking dénudé de tout végétal ; on obtiendrait le même résultat.

Tout cela peut aussi s’appliquer dans les milieux carcéraux pour réduire la violence. Nous sommes le pays qui consommons le plus d’antidépresseurs au monde alors que nous ne sommes pas les derniers à devoir être plaints à en juger nos conditions de vie. Une étude du magazine Sciences et avenir démontre que l’abus de tranquillisants et de somnifères sur plusieurs années augmenterait le risque de maladie d’Alzheimer.

Alors oui, l’idée est sans doute utopique pour les cartésiens, mais des effets sont notoires et beaucoup de personnes ont foi en cette thérapie. Après avoir parlé avec beaucoup d’acteurs de cette « nouvelle » thérapie, cela m’a donné l’espoir et la conviction que cela peut permettre un meilleur être, d’améliorer la vie en établissement de soins ou non, dans notre société.


Source :
http://www.rue89.com/rue89-planete/2012/03/27/lhortitherapie-ou-comment-ima…


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_________________
La vérité est la lumière de feu que te dicte ton coeur.
"Shanti-Om"


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MessagePosté le: Lun 9 Avr 2012 - 09:58    Sujet du message: Publicité

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