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Les Amis de Comenius - Via Lucis - Préface 2

 
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damejane
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MessagePosté le: Jeu 30 Juin 2011 - 11:25    Sujet du message: Les Amis de Comenius - Via Lucis - Préface 2 Répondre en citant

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- Fleischl Christian

Via Lucis - Préface 2


En 1648, Coménius fut élu évêque des Moraves de Lissa. Il quitta alors Elbing pour fixer de nouveau sa résidence dans cette ville où il avait déjà passé douze années. Mais, en 1650, le prince hongrois Sigismond Rakoczy lui écrivit pour l'engager à venir fonder dans ses domaines, à Saros-Patak, une école modèle, d'après les principes de la pansophie.

Coménius se rendit à cette invitation, et traça le plan de l'école à fonder, dans un ouvrage dédié au prince Rakoczy et intitulé : Scholae pansophiae classibus septem adornandae Delineatio (Esquisse d'une école pansophique de sept classes). Mais des sept classes que l'école modèle de Patak devait compter, il ne put organiser que les trois inférieures, qu'il appela le vestibule, la porte et l'atrium, et dans chacune desquelles on étudiait le manuel latin portant le titre correspondant.

Les quatres classes supérieures devaient porter le nom de philosophique, logique, politique et théosophique. La mort du prince Rakoczy, survenue en 1654, arrêta le développement de l'école de Patak, et Comenius se décida à retourner à Lissa ; mais, avant de quitter la Hongrie, il y avait composé le plus populaire de ses ouvrages, l'Orbis pictus (l'Univers en image), dans lequel il put enfin réaliser en partie son grand principe pédagogique, en plaçant à côté du mot, sinon la chose elle-même, du moins l'image de la chose. L'Orbis pictus, qui n'est rien autre qu'une réédition légèrement modifiée de la Janua linguarum, avec addition de gravures sur bois, parut à Nuremberg en 1658.

Comenius avait repris ses fonctions d'évêque morave à Lissa, lorsque cette ville fut brûlée par les catholiques polonais (1656) ; il perdit dans ce désastre tous ses livres et ses manuscrits, et dut reprendre de nouveau, à soixante-quatorze ans, le chemin de l'exil. Il trouva un refuge à Amsterdam, chez Laurent De Geer, le fils de son ancien protecteur, et il y passa les cinq dernières années de sa vie si agitée. C'est là qu'il publia, en 1657, une édition complète de ses oeuvres.

. Il mourut le 15 novembre 1671, après avoir publié son testament spirituel “L’Unique Nécessaire” (edité en français chez “L’Harmattan”
-http://www.editions/-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=29019)
Peu d'auteurs ont été plus féconds que Comenius ; on a de lui, tant en tchèque qu'en allemand et en latin, plus de quatre-vingts ouvrages publiés de son vivant, sans compter un certain nombre d’œuvres posthumes. Nous pensons sérieusement que ses trois oeuvres maîtresses sont , sur le plan spirituel et pédagogique au sens large, :
-”Le Labyrinthe du Monde et le Paradis du Cœur
- “La Voie de Lumière”
- “L’Unique Nécessaire”
Toutes les trois traduites par mes soins (voir Notes) . Donnons ici cependant l’essentiel de la :
DIDACTICA MAGNA. — La Grande Didactique de Coménius est sans contredit l'un des traités les plus remarquables qui aient été écrits sur la science de l'éducation. Précisons que la contribution liminaire de Jean Valentin Andreae n’est pas anodine. L’avant-propos ne laisse aucun doute sur les intentions profondes de sa pédagogie, de même que la caution apportée par Jean Valention Andreae, dirigeant de la première vague de la Rose-Croix classique.
“Didactique signifie “Art d’enseigner”. Certains hommes éminents, pris de pitié pour les écoliers condamnés comme Sisyphe à rouler sans succès le rocher du savoir, (se sont penchés sur le sujet, en vain la plupart du temps).

Pour moi, je prends le risque de promettre une Grande Didactique”, cad un art universel de tout enseigner à tous, sûr, rapide, solide, et certain quand au résultat, assez plaisant pour éviter l’ennui des élèves et des maîtres, ...je tire cela de la nature immuable des choses ... j’établis un art universel qui permet de fonder des ecoles universelles ... l’affaire est de gfande importance : tous doivent souhaiter sa réussite ... Il y va du salut de l’humanité entière ...quelle constitution plus grande et plus haute pouvons-nous apporter à la République que d’instruire et de former la jeunesse, surtout lorsque les moeurs du temps la mettent sur une voie qu’il faut freiner ...Professer l’art des arts, la pédagogie, est un travail difficile qui exige le jugement sûtr, non seulement d’un seul homme, mais de plusieurs, car ce qui échappe à la vigilance d’un seul n’échappera peut-être pas à tous ... Dans ce siècle naissant, Dieu a envoyé récemment la promesse d’une aurore ...

.... En particulmier JV Andreae... Seul celui-ci répondit à mes lettres :
Voici ce qu’il répondit à Comenius :
Le fait qu’une didactique soit correctement établie importe :
- Aux parents qui jusqu’à présent ne savaient pas ce qu’ils devaient attendre de leurs enfants : ils les guidaient, les fléchissaient par des prières, les charmaient par des cadeaux, les transformaient même totalement, le plus souvent sans fruit.
Mais puisque nous avons tracé une méthode de formation conduisant à une certitude infaillible, l’effet espéré ne saura manquer de suivre, avec l’aide de Dieu.

- Aux maîtres dont la plupart n’ont pas eu une claire connaissance de l’art d’enseigner et, pour cette raison, malgré leur bonne volonté, se minaient et épuisaient leur force dans un zèle laborieux pendant que d’autres changeaient de méthode au hasard des résultats non sans perte fastidieuse de temps et d’efforts.

- Aux élèves, pour qu’ils puissent atteindre le sommet des sciences sans difficultés, cris et coups, mais comme par jeu et plaisanterie.

- Aux écoles, qui, une fois leur méthode réformée, pourront non seulement se maintenir vigoureuses mais s’accroître à l’infini. Car ce seront véritablement des écoles, demeures remplies de délices et d’attrait. Et lorsque (parce que la méthode est infaillible), on fera de n’importe quel élève un docteur (de grade inférieur ou supérieur), jamais ne pourront faire défaut les directeurs compétents, jamis les études ne manqueront de force.

A la République, suivant le témoignage de Cicéron ... avec lequel concorde celui de Diogène le Pythagoricien : “Quel est le fondement de la République ? L’éducation des jeunes gens, car jamais n’ont produit de fruits utiles les vignes qui n’ont pas été cultivées avec soin”
- A l’église, parce qu’une organisation correcte de”s écoles peut seule lui fournir des docteurs érudits, et aussi des auditeurs convenablement instruits pour entendre ces derniers.

- Au ciel enfin, pour une culture exacte et universelle des âmes que la réforme des écoles permettra de libérer plus facilement des ténèbres et de rendre sensibles à l’éclat de la lumière divine.... Par conséquent nous croyons qu’il est de notre devoir de prêter attention aux réalités courantes grâce auxquelles toute la jeunesse ...acquerra l’intelligence vigoureuse et l’amour des choses célestes. Si nous y parvenons, nous verrons le royaume des cieux déployer sa majesté comme autrefois.

Par suite que personne ne soustraie d’un projet aussi sacré ses pensées, ses désirs, ses forces et ses ressources. Celui qui a donné la volonté donnera aussi la force d’aller jusqu’au bout. Sollicitons instamment cela de la miséricorde divine et représentons nous en l’espoir. C’est du salut des hommes et de la gloire du très haut qu’il s’agit.

J.V. Andreae
On ne peut pas être plus clair !
Voici, toujours dans la grande didactique, deux citation très actuelle où le développement de l’esprit de recherche, de découverte et d’autonomie sont mis en relief :

« A l’armée on associe conscrits et vétérans, faibles et robustes, indolents et vaillants. Ils s’avancent sous le même drapeau, commandés par le même chef. De même dans les troupes du savoir, il faut mêler les esprits lents et rapides, les obtus et les éveillés, les têtus et les dociles. Tant qu’ils auront besoin d’être guidés, ils le seront suivant les mêmes règles et les mêmes exemples. A la sortie de l’école, le cursus scolaire accompli, chacun prendra la route à son pas. » (ch XII)

« Pour tout arbre, l’écorce, les feuilles, les fleurs, les fruits, tout ce qui se développe provient des racines et non d’ailleurs. La nourriture, l’eau passent par elles pour nourrir les parties supérieures. Ainsi le jardinier qui transporte des marcottes emporte-t-il de la terre avec les racines. De même l’oiseau n’emprunte passes plumes à un autre volatile, mais les fabrique à parti de ses propres organes internes. Quant à l’architecte, s’il n’assoit pas ses fondements d manière solide, alors les poutres ne reposent sur rien et la construction est vouée à la ruine. Ainsi celui qui prépare un bassin ou une réserve d’eau ne transporte pas l’eau d’ailleurs, ni n’espère en l pluie pour les remplir ; il découvre une source d’eau vive et jaillissante qu’il conduit par des canaux souterrains vers son réservoir. De cette règle fondamentale, il découle que pour bien instruire la jeunesse, il ne faut pas farcir l’esprit d’un fatras de mots, de phrases, de maximes ou d’opinions glanées ça et là dans les livres, mais il faut éveiller l’intelligence comme une source d’où vont jaillir des ruisseaux qui nourriront bourgeons, fleurs, fruits auxquels succèdent de nouveaux bourgeons, de nouvelles fleurs et de nouveaux fruits. On n’a pas habitué jusqu’ici les esprits à puiser leur force, comme les jeunes plantes, dans leurs propres racines. On leur a greffé de petites branches arrachées ailleurs et on les a parés des plumes d’autrui comme le corbeau de la fable d’Esope. Les écoles n’ont pas eu pour objet de découvrir en eux la source cachée de l’intelligence, mais de les arroser des ruisseaux d’autrui. C’est-à-dire qu’on n’a pas mis les élèves en présence des choses, pas plus qu’on ne leur a montré comment les choses existent par elles-mêmes et en elles-mêmes, mais qu’on leur a fait voir seulement ce qu’ont pensé ou écrit sur telle ou telle question, divers auteurs. »


L'ouvrage proprement dit est divisé en trente-trois chapitres. Dans les douze premiers, l'auteur expose les principes généraux de sa théorie de l'éducation. L'homme est la plus excellente des créatures ; sa fin dernière est placée au delà de la vie terrestre, laquelle n'est qu'une préparation à la vie éternelle. La nature humaine présente trois degrés de développement progressif : la vie végétative, la vie animale et la vie intellectuelle, qui correspondent à trois étapes différentes de la vie de l'homme : dans le sein de sa mère, sur la terre et dans le ciel. L'homme doit acquérir trois choses : la science, la morale et le sentiment religieux ; le germe de ces choses existe en lui, mais l'éducation est nécessaire pour le développer. La jeunesse, tant de l'un que de l'autre sexe, a donc besoin d'éducation ; cette éducation doit être donnée dans des écoles publiques ; mais il faut des écoles où tous puissent recevoir un enseignement complet sur toutes choses. Des écoles de ce genre ont manqué jusqu'à présent ; toutefois il est possible de réformer et d'améliorer celles qui existent.

Dans les quatorze chapitres qui suivent, Comenius développe son programme et sa méthode d'enseignement. « L'art de l'enseignement n'exige rien d'autre qu'une judicieuse disposition du temps, des choses et de la méthode. » Cette disposition doit être basée sur la nature, comme sur un roc inébranlable, car « l'art ne peut faire qu'imiter la nature ». Il insiste, en premier lieu, sur l'importance de l'éducation physique ; puis donne, en neuf sentences, ce qu'il considère comme les règles naturelles de la manière d'enseigner en général. Il développe ensuite les principes spéciaux de sa méthode. L'enseignement doit être facile ; il doit être solide ; il doit enfin être prompt et succinct.
Il doit parler aux sens, donner aux élèves la connaissance directe des objets par l'intuition, car, selon le mot célèbre auquel Comenius revient sans cesse, « il n'y a rien dans l'intelligence qui n'ait d'abord passé par les sens », c'est-à-dire « il n'y a pas de pensée qui ne dérive d'une sensation » Donc, il ne faut pas décrire les objets aux élèves, mais les leur montrer. Il ne faut pas leur faire apprendre des définitions et des règles abstraites, mais les exercer par des exemples. « On doit présenter toutes choses, autant qu'il se peut faire, aux sens qui leur correspondent : que l'élève apprenne à connaître les choses visibles par la vue, les sons par l'ouïe, les odeurs par l'odorat, les choses sapides par le goût, les choses tangibles par le toucher. »

— Que faut-il •enseigner?


Cinq choses : les sciences, les arts, les langues, la morale, la piété. Les sciences sont la connaissance des choses comme instrument, comme matière, comme modèle. Les arts consistent à savoir se servir des choses dont les sciences donnent la connaissance ; ils doivent s'enseigner par la pratique. L'usage des instruments doit se montrer par des exemples plus que par des préceptes. Les langues ne font pas partie des sciences proprement dites : elles ne sont qu'un moyen de les acquérir et de les communiquer : et l'étude du mot doit toujours marcher parallèlement avec l'étude de la chose. L'étude de la morale et celle de la religion sont distinctes. Comenius rattache la morale à la discipline de l'école : l'élève doit apprendre à se dominer, à diriger sa volonté, à aimer le bien pour l'amour du bien. La piété comprend trois choses : la réflexion ou méditation, la prière, l'examen intérieur ; cet enseignement religieux est le couronnement de toute l'éducation.


C’est ce que nous appelons le “Devenir Humain”
Nous reviendrons sur l’organisation des études dans notre prochaine traduction de “Lécole de l’enfance”

Comenius veut que tout soit enseigné à tous II n'entend pas par là que tous les enfants doivent suivre les cours de l'école latine et de l'académie ; ce qu'il demande, c'est que la schola vernacula ou école primaire donne à tous des notions suffisantes, quoique élémentaires, sur l'ensemble des connaissances humaines. Il veut en outre que les écoles supérieures soient accessibles à tous ceux qui montrent des aptitudes, et non pas seulement aux enfants des riches et des nobles ; c'est pour cela que l'école primaire ne doit pas être l'école des pauvres, mais l'école générale de tous, et la pépinière où se formeront, sans distinction de conditions sociales, tous ceux que leur zèle et leurs talents désigneront ensuite pour la carrière des hautes études.

Il démontre à plusieurs reprises la nécessité de donner à la femme une éducation identique à celle de l'homme ; elle doit apprendre à fond non seulement sa propre langue, mais encore, si elle le peut, le latin et les langues étrangères. C'est seulement alors qu'elle sera à même de diriger sa maison pour son propre bonheur, pour celui de son mari, de ses enfants et de tous ceux qui seront appelés à la servir et à vivre avec elle ; qu'elle sera capable de remplir ce rôle de première éducatrice que Comenius lui assigne.
La méthode d'enseignement doit tenir compte des tendances et des aptitudes de chaque élève. Le seul moyen d'enseigner avec succès est de suivre la voie de la nature, qui ne se presse pas et fait chaque chose en son temps, qui prépare la matière avant de lui imprimer la forme. La nature fait une chose après l'autre, elle va de l'ensemble aux détails, ne fait pas de sauts, ne laisse pas de lacunes, mais avance pas à pas. Ce que l'homme apprend en premier lieu doit être le flambeau qui éclairera ses études subséquentes. L'enseignement doit être le même à tous les degrés ; il ne doit différer que pour la forme et pour les détails. Pour cela, Comenius demande que l'enseignement représente une série de cercles concentriques allant en s'agrandissant de l'école maternelle à l’université.
Voici maintenant un autre texte de Comenius, qui nous semblera peut-être très actuel et nous ramènera à la “Voie de Lumière”

" Il semble que l'état actuel du monde tende vers ce but, c'est à dire qu'il se prépare à une sorte de renaissance. Si Dieu a noyé dans le déluge (ici déluge de feu dont parle Mirdad, le héros du livre de ) la méchanceté des hommes, poussée à son paroxysme, et s'il a répandu sur eux son juste courroux, s'il permet que les hommes se détruisent entre eux, alors il prépare, avec la déchéance universelle des choses, la transmutation universelle des choses."

8 avril 2011, 17:41
Fleischl Christian
http://www.facebook.com/home.php?sk=group_149218599002


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_________________
La vérité est la lumière de feu que te dicte ton coeur.
"Shanti-Om"


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MessagePosté le: Jeu 30 Juin 2011 - 11:25    Sujet du message: Publicité

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