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Justice : les raisons d'un divorce

 
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damejane
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MessagePosté le: Mar 22 Fév 2011 - 20:31    Sujet du message: Justice : les raisons d'un divorce Répondre en citant

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Justice : les raisons d'un divorce






a rupture entre les Français et leur justice ne présage rien de bon. Car il n’y a pas de démocratie sans droit. Mais quand les juges, garants du droit, perdent leur légitimité aux yeux du peuple, c’est la démocratie qui perd ses droits. Et c’est aux magistrats eux-mêmes qu’il appartient de rétablir le lien qui s’étiole gravement. Plutôt que de se trouver des excuses d’enfants gâtés, qu’ils regardent ce qu’est leur justice, qu’ils constatent son décalage avec notre temps, qu’ils acceptent d’être des citoyens comme les autres et renoncent à leurs privilèges de caste.

LE malaise ne date pas d'hier. Déjà, au XVIIe siècle, Jean de La Fontaine dans sa fable « Les animaux malades de la peste » s'en faisait l'écho : « Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir ». La Révolution venue un siècle plus tard n'a pas totalement changé les états d'esprit. La justice républicaine n'a en rien dissipé les antagonismes entre le loup, le renard, le lion, le tigre, l'ours et la tourterelle, l'âne ou les moutons. Le temps passant, le fossé s'est même élargi. Les magistrats repliés dans leur tour d'ivoire, engoncés dans leur robe rouge ou noire qu'ils portent telle une armure qui les protégerait des maux venus du peuple, sont de moins en moins en phase avec les justiciables, ces citoyens dont ils ont
en charge le droit à la sécurité et à la justice. La mise en scène, le cérémonial, le rituel même du déroulement des audiences a favorisé le sentiment de mépris et de condescendance ressenti par ceux qui comparaissent.
On a sacralisé la justice des hommes en lui donnant mission de remplacer la justice divine. Mais pire, on a sacralisé ses juges qui se sont enfermés sans des symboles de l'ancien régime. Ils portent au quotidien ces résurgences du temps jadis. Les curés, avec le temps, ont su poser la soutane pour adopter la veste et le pantalon plus en phase avec notre époque.

Cérémonie divine

Nos juges ont déposé la perruque mais ils ont gardé leur robe noire ou pourpre, la toque et l'hermine. Ils se sont enfermés dans des palais, (le palais de justice, la mal nommée, est le seul lieu public des services de la République à garder cette dénomination), aux allures de temples dans les lesquels ils se sont installés sur des promontoires, non pas pour être vus de tous, mais pour induire une hiérarchie avec le justiciable. Ils ont cultivé l'art de parler un langage incompréhensible, hormis par eux, et ritualisé leur fonctionnement comme une cérémonie divine. Ils se sont écartés de leur raison d'être, le peuple, pour donner la vision d'un instrument du pouvoir et de l'arbitraire. Ils ont affirmé une nouvelle force, la république des juges, qui tente régulièrement de prendre le pas sur le pouvoir politique élu du peuple, ce qu'ils ne sont pas. Ils se sont attribué toutes les prérogatives sans concession. Pire, ils sont devenus des justiciables pas comme les autres qui se jugent entre eux, et qui ne s'appliquent pas à eux-mêmes le droit qu'ils appliquent aux autres. Pour le citoyen, ils sont même devenus des intouchables qui jouissent de privilèges considérables.
Un tableau peu amène qui aurait pu être accepté s'ils étaient irréprochables. Ce qui n'est pas le cas.
Il n'est pas question de revenir sur l'indépendance du juge que lui confère son statut, même si cette notion a été réévaluée récemment. Pas plus que de le responsabiliser dans ses décisions dues à sa fonction, les dysfonctionnements ou les fautes de jugement. Le responsable, c'est l'Etat, car c'est l'Etat qui assume la responsabilité du rendu de la justice devant le peuple.

Injustice

Mais il ne peut en être de même lorsque la faute du magistrat commise dans l'exercice de sa fonction relève du droit commun. Hélas, il est aisé de constater que c'est justement le cas. Les magistrats répugnent à juger leurs pairs. Réflexe corporatif, attitude de caste, on déporte le jugement vers des juridictions d'exception qui leur appartiennent où on déqualifie la faute commise. Les exemples ne manquent pas et nous, ou d'autres médias s'en s'ont déjà fait l'écho, nourrissant sans intention, un sentiment d'injustice grandissant dans la population. Les juges sont des hommes. Ils sont donc faillibles. Mais pour que cela soit admis par la population, il faut qu'ils soient condamnables, que soient abolies les mutations diplomatiques et les petits arrangements entre amis.
L'avenir n'a qu'une issue. Il faudra que les magistrats rompent avec le boulet qui les accompagne. Ce n'est qu'à ce prix qu'ils retrouveront la crédibilité indispensable à leur exercice. Ils sont là au nom du peuple et pour le peuple. Il faudra qu'ils s'en persuadent.
Christian CHARDON



À propos de la question web


Cette Question Web, qui n’a pas valeur de sondage au sens strict du terme mais constitue néanmoins un sujet d’analyse intéressant notamment par le nombre des votants, a été réalisée sur le site web de l’union - L’Ardennais, entre le mardi 8 février 15 heures et le jeudi 10 à 15 heures. Soit une durée d’exposition de 48 heures, destinée à ouvrir le plus possible cette question aux réponses de nos lecteurs en minimisant au maximum l’impact du moment choisi, sur les réponses. 1 572 votants se sont exprimés. Ce nombre est largement supérieur à celui généralement constaté pour les autres Questions Web. Autre signe d’intérêt du sujet présenté : le caractère tranché des réponses. 28 % assurent avoir confiance dans les magistrats. C’est peu, et même très peu, alors que 66 % affirment ne pas avoir confiance, ce qui est beaucoup, et sans doute trop. Ce qui impressionne, c’est l’écart entre le chiffre des deux réponses. Un constat qui rend la réponse d’une clarté saisissante. Dernière preuve de l’intérêt des internautes pour le sujet traité : le nombre de ceux qui ne se prononcent pas. Seulement 6 %. C’est un minimum, presque un record. Ce coup de sonde dans l’opinion n’est pas pour rassurer. Noter qu’un tel fossé s’est désormais creusé entre les justiciables et les juges qui leur rendent justice, c’est aussi constater qu’un des rouages essentiels de notre démocratie est gravement malade. Car lorsque les justiciables n’ont plus confiance en leurs juges, ils ont tendance à rendre la justice eux-mêmes. Le signal d’alarme est tiré. Aux magistrats d’en tenir compte.

publié le 14-02-2011.

Source :
http://www.lunion.presse.fr/article/ardennes/justice-les-raisons-dun-divorc….



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_________________
La vérité est la lumière de feu que te dicte ton coeur.
"Shanti-Om"


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MessagePosté le: Mar 22 Fév 2011 - 20:31    Sujet du message: Publicité

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