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Les people se droguent, les forêts se meurent

 
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damejane
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MessagePosté le: Ven 6 Nov 2009 - 01:16    Sujet du message: Les people se droguent, les forêts se meurent Répondre en citant

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Les people se droguent,
les forêts se meurent


29.10.2009 






En faisant involontairement la promotion de la consommation de cocaïne,
certaines célébrités du show-biz participent à la destruction de l’environnement !




e lien entre les célébrités qui con­somment des drogues dures et les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) n’est peut-être pas évident pour tout le monde, mais force est d’admettre que le capitalisme peut engendrer d’étranges connexions. Les FARC contrôlent la majorité de la production colombienne de cocaïne depuis plus d’une décennie. Elles sont également responsables de l’abattage et de la combustion de plus de 2 millions d’hectares – une superficie égale à celle du pays de Galles – de forêt tropicale humide primaire et secondaire d’Amazonie, dans le pays qui présente la plus grande biodiversité du monde. Quant aux célébrités, qui ont tant d’influence sur le public, elles contribuent – en prenant plus ou moins ouvertement de la cocaïne – à soutenir l’activité des producteurs colombiens de coca qui travaillent pour les FARC.

On estime à 4 mètres carrés la surface requise pour produire un gramme de cocaïne. Et, pour planter un hectare de coca en Colombie, on abat actuellement entre 3 et 4 hectares de forêt tropicale. La cocaïne que l’on pouvait se procurer en Occident à la fin des années 1980 était d’origine plus probablement péruvienne que colombienne, mais les produits chimiques utilisés dans sa production étaient les mêmes. Ils comprenaient des pesticides et des herbicides tels que le paraquat, interdit aux Etats-Unis, et ces cultures nécessitent aussi des dizaines de millions de litres de kérosène, d’acide sulfurique, d’acétone, de ciment et d’autres polluants qui sont déversés chaque année sur le sol et dans les rivières avoisinantes, empoisonnant plantes, animaux et organismes aquatiques.

Le marché de la coca est avantageux pour les paysans

Comme pour beaucoup d’autres dro­gues, les toxicomanes invétérés représentent une minorité des consommateurs de cocaïne. La grande majorité sont des consommateurs occasionnels, issus d’un large spectre de la société. On compte même parmi eux de nombreux écologistes. Selon les derniers chiffres de l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies, on estime que 12 millions d’Européens d’un âge compris entre 15 et 64 ans ont déjà consommé de la cocaïne. D’après les informations du ministère de l’Intérieur britannique, il est parfois possible de se procurer une ligne de cocaïne pour 1 livre [1,10 euro]. Pas plus cher qu’une tasse de café ! De prime abord, il peut sembler saugrenu d’imputer l’écocide de la forêt amazonienne à des célébrités qui conduisent des Hummer, font des fêtes entre membres de la jet-set et sniffent de la cocaïne. Mais le rapport 2008 de l’Organe international de contrôle des stupéfiants [OICS, une agence onusienne] soulignait pour la première fois l’influence néfaste que des acteurs, des sportifs et des musiciens qui se droguent peuvent avoir sur leurs fans. On y lit : “Des célébrités qui commettent des infractions liées à la drogue peuvent influencer profondément l’attitude, les valeurs et le comportement du public à l’égard de l’abus de drogues, en particulier les jeunes, qui n’ont pas encore d’avis ferme et bien éclairé sur la question.” Alun Morinan, un conseiller scientifique de l’organisation caritative Hope UK, qui œuvre pour la prévention de la toxicomanie, partage cet avis : “Quand vous voyez ces journaux gratuits londoniens avec leurs photos de célébrités passant aussi facilement des boîtes de nuit aux centres de désintoxication que si elles devaient effectuer un contrôle technique, vous comprenez pourquoi les jeunes admirent leur mode de vie.”

La cocaïne a détrôné le café en tant que premier produit colombien quand le gouvernement péruvien a commencé à abattre systématiquement tous les petits avions soupçonnés de trafic de drogue et que la production s’est déplacée en Colombie. La demande de cocaïne fait que la place des producteurs de coca dans l’économie mondiale est différente de celle occupée par les producteurs de denrées alimentaires. Les paysans colombiens produisent des feuilles de coca parce qu’ils savent que c’est un marché intéressant, où les gains sont plus importants que pour d’autres cultures. Sans forcément devenir riches, ils sont sûrs de pouvoir offrir un meilleur revenu à leur famille.

“Pour que les efforts d’éradication portent leurs fruits, il a fallu procéder à des investissements pendant des décennies et dialoguer directement avec les producteurs”, souligne Liliana M. Dávalos, maître de conférences au groupe de recherches interdisciplinaires sur l’environnement de l’université de Stony Brook, à New York. “La Thaïlande et le Laos ont par exemple réduit considérablement leur production d’opium en tendant la main aux producteurs, en leur promettant des écoles, des routes et des centres de soins pour les inciter à quitter leurs terres à faible rendement, en subventionnant des coopératives agricoles, en leur assurant un soutien technique et en garantissant pratiquement l’achat des produits agricoles légaux.”

Les drogues participent au réchauffement climatique

On peut peut-être envisager une autre stratégie pour combattre cette demande. Dans l’enseignement, par exemple, les effets de la consommation de drogue sur l’environnement pourraient être utilisés pour sensibiliser davantage les enfants à la question, en particulier ceux qui sont réfractaires aux arguments liés à la santé et au bien-être mental. C’est précisément ce que recommande la dernière directive du gouvernement britannique, intitulée “Drugs: Guidance for Schools” [Drogue : une initiative pour les écoles]. On y lit que l’enseignement devrait donner aux enfants l’occasion de réfléchir à leur comportement à l’égard des stupéfiants et les aider à développer les capacités requises pour faire des choix éclairés, au lieu de se contenter de chercher à améliorer leurs connaissances sur la question. Siobhan Farmer, conseiller pour la santé dans les écoles au conseil municipal de St. Helens, dans le Lancashire [Royaume-Uni], estime que, si cela ne marche pas pour tous les enfants, l’étude des conséquences de la con­sommation occasionnelle de drogue offre la possibilité aux enseignants et aux élèves de se montrer plus créatifs dans l’analyse du rôle de la drogue dans la société d’aujourd’hui. “On peut lier l’étude de la question, dit-il, à des sujets plus vastes tels que la citoyenneté (qui recouvre la politique, les droits et les responsabilités), la géographie, la biologie et la sociologie.”

Ne pourrait-on pas, par exemple, demander aux enfants d’étudier les effets de la consommation de cocaïne sur la grenouille dorée, une espèce nouvellement découverte, de la taille d’un ongle, dont l’habitat d’à peine 0,4 hectare se trouve dans les montagnes reculées de la Colombie ? Quelles discussions pourrait susciter la compréhension des effets de la con­sommation d’ecstasy sur les tigres, les pangolins, les paons, les pythons et autres chats sauvages, piégés pour être mangés ou vendus illégalement par les propriétaires des laboratoires situés dans les monts Cardamome, au Cambodge ? S’ils connaissaient ces faits, peut-être certains enfants regarderaient-ils d’un autre œil les célébrités qui se droguent. Pour beaucoup de consommateurs, la drogue est un moyen d’échapper aux dures réalités de la vie, et la menace imminente du réchauffement climatique ne leur remonte pas vraiment le moral. Même quand les perspectives sont sombres, nous nous raccrochons à notre droit au bonheur. Mais tout cela doit changer. Les effets de la production de méthamphétamine et l’industrialisation de la culture de la marijuana sont, semble-t-il, moins graves pour le réchauffement planétaire, mais il existe des liens manifestes entre l’usage de cocaïne (et donc de crack) et d’ecstasy et la disparition des forêts tropicales humides. Ce sont ces mêmes forêts qui, selon une récente étude publiée dans la revue Nature, absorbent environ 18 % du CO2 dégagé chaque année dans l’atmosphère par l’utilisation de combustibles fossiles. L’impact environnemental de la production d’opium en Afghanistan (qui représente plus de 90 % du stock mondial d’héroïne) est moins facile à déterminer, mais on sait que plus de la moitié des forêts de trois provinces afghanes ont été dé­truites en vingt-cinq ans de conflit.

A moins que les gouvernements ne décident soudain de délivrer des stupéfiants sur ordonnance en puisant dans des réserves durables ou n’établissent un label bio, il incombe aux consommateurs de drogue de réfléchir sur la menace imminente que leur dépendance fait peser sur l’environnement.



http://www.courrierinternational.com/article/2009/10/29/les-people-se-drogu…

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_________________
La vérité est la lumière de feu que te dicte ton coeur.
"Shanti-Om"


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MessagePosté le: Ven 6 Nov 2009 - 01:16    Sujet du message: Publicité

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