Index - FAQ - Rechercher - Membres - Groupes - S’enregistrer - Messages Privés - Connexion
droits de l'homme et de la femme‏

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    sur le sentier Index du Forum -> sur le sentier -> sur le sentier -> thèmes de réflexions en cours -> articles sur le net
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
damejane
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 14 Aoû 2008
Messages: 6 013

MessagePosté le: Sam 22 Aoû 2009 - 20:19    Sujet du message: droits de l'homme et de la femme‏ Répondre en citant

« le: 12 Août 2009 à 17:00: »

.


droits de l'homme et de la femme‏
Un article sur le net à lire..


Pygmées et Congolais
Mardi, 11 Août 2009


Citation:
""Cette année les autorités congolaises n’ont pas répété la « connerie » qu’elles avaient commise en 2007. Pour le 9 août dernier, date à laquelle est célébrée chaque année la Journée internationale des populations autochtones (résolution résolution 49/214 des Nations unies) on n’a pas logé de pygmées au zoo de Brazzaville. On se rappelle qu’il y a deux ans une délégation de pygmées invitée également au Fespam avait été installée dans les huttes, dans la zone détente du parc zoologique de Brazzaville. Certaines autorités, appuyées par le sieur Akouala, ministre des Démentis (lequel s’excusa par la suite platement au nom du gouvernement), expliquaient alors qu’il s’agissait de reconstituer pour ces populations leur milieu naturel. Le Zoo de Brazzaville semblait alors tout indiqué…""




.
_________________
La vérité est la lumière de feu que te dicte ton coeur.
"Shanti-Om"


Revenir en haut
Publicité






MessagePosté le: Sam 22 Aoû 2009 - 20:19    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
damejane
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 14 Aoû 2008
Messages: 6 013

MessagePosté le: Sam 22 Aoû 2009 - 20:19    Sujet du message: droits de l'homme et de la femme‏-Olympe de Gouges, sa place est au Panthéon Répondre en citant

Répondre #1 le: 15 Août 2009 à 18:05: »

.


droits de l'homme et de la femme‏
Un article sur le net à lire..



Olympe de Gouges,
sa place est au Panthéon !



Portrait. 220 ans après la révolution française




1748-1793 . Unique auteure d’une Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, elle avait aussi à dénoncer l’esclavage dans les colonies françaises. En vain, elle invita les femmes à revendiquer l’égalité avec les hommes. Elle fut la pionnière d’un combat féministe qui est encore très loin aujourd’hui d’être achevé.
« Les plus extravagants assurent que mes ouvrages ne m’appartiennent pas, qu’il y a trop d’énergie et de connaissance des lois dans mes écrits pour qu’ils soient le travail d’une femme. »


Nous sommes en mai 1789, à l’aube de la Révolution, et Olympe de Gouges répond à ses calomniateurs. Pour l’heure, elle a notamment écrit sur l’esclavage des Noirs avec une pièce de théâtre qui attend d’être jouée au Théâtre Français. Deux ans plus tard, elle sera l’auteure de la désormais célèbre Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne (septembre 1791). C’est vrai, ses détracteurs ont raison, il faut de l’énergie et de la connaissance pour « décalquer » la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen : « Homme es-tu capable d’être juste ? C’est une femme qui t’en fait la question ; tu ne lui ôteras pas du moins ce droit. Dis-moi : qui t’a donné le souverain empire d’opprimer mon sexe ? » Dix-sept articles pour déclarer les droits de la femme que la Déclaration « universelle » n’a pas su prendre en compte ; puis un postambule qui commence par « Femme, réveille-toi ». À l’homme de penser authentiquement ce qui est juste, à la femme la nécessité de se révolter. Tout y est dans cette Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, l’énergie de la transgression et de la provocation autant que la connaissance précise du droit et de la politique, de l’histoire en train de se faire.


Oui, Olympe de Gouges écrit pour dénoncer l’esclavage dès les années 1780 (« Apprendra-t-on avec indifférence que je fus la première qui m’occupais du sort déplorable des Nègres ? »). Elle est très active sur la scène publique par ses multiples écrits. À ce titre, elle est une héroïne de la Révolution française car elle monte sur l’échafaud non pour sa naissance et son rang mais pour son engagement politique. Celui-ci a commencé avec ses réflexions sur les Noirs, ou sur l’« impôt volontaire », et elle l’a vécu au point d’y perdre la vie. Girondine, elle fut guillotinée en 1793. Voilà pour les faits qui lui donnent, depuis récemment, seulement, un nom propre dans l’histoire de la Révolution. Avoir un nom propre, dans l’histoire, cela ne va pas de soi ; encore plus, il faut continuer à le dire, si c’est une femme. Dans les livres scolaires de nos enfants, Olympe de Gouges voisine avec des femmes d’exception, Flora Tristan et George Sand pour le XIXe siècle. Les femmes restent des figures à part, regroupées sur une page de manuel.


La citation donnée plus haut est de mai 1789 ; poursuivons : « Pitoyables et ridicules calomniateurs, on vous a appris à lire… Vous en avez tiré de grandes connaissances, qui vous empêchent de reconnaître qu’à chaque ligne de mes écrits, on y trouve le cachet de l’ignorance ; mais cette ignorance n’est pas incompatible avec un génie naturel, et, sans le génie, que produit l’instruction ? » On peut être ignorant et génial, dit-elle. En effet, certains disent qu’elle ne savait pas écrire et qu’il lui fallait un porte-plume pour dicter ses idées ; d’autres disent que, si, elle savait écrire. Par-delà l’histoire personnelle d’Olympe, à la fois ignorante pour elle-même et savante pour ses ennemis, se lit l’histoire plus générale de ces femmes qui transgressent les règles, qui sautent les obstacles : qu’importe l’instruction, si la nécessité d’écrire et d’agir s’impose ?


Olympe de Gouges fut, certes, une pionnière, pour dénoncer l’esclavage des Noirs et l’oppression des femmes. Elle fut aussi une femme libre, consciente de sa transgression : « Ô mon pauvre sexe, ô femmes qui n’avez rien acquis dans cette Révolution des droits de la nature, et dans ce partage populaire, qui n’osez même pas égaler les hommes en travers d’esprit et d’imagination : imitez-moi, rendez-vous utiles » (mars 1792).


En quoi fut-elle utile, Olympe de Gouges ? Comme femme politique, comme femme girondine, à la fois monarchiste et démocrate, dit-elle. Oui, Olympe se réclame du centre et non de la gauche radicale. Mais c’est peut-être ce qui permet certaines libertés intellectuelles et politiques. J’ai montré dans Muse de la raison que la gauche révolutionnaire, sous la plume de Sylvain Maréchal (rédacteur du Manifeste des égaux de Babeuf), refusait de penser l’égalité des sexes (rêvant d’interdire aux femmes d’apprendre à lire…). C’est un paradoxe désormais bien connu que les plus révolutionnaires ne sont pas les plus féministes. C’est vrai pour aujourd’hui comme pour hier ; je sais ne pas plaire en écrivant cela.



Venons-en à la Déclaration :

« L’oubli ou le mépris » des droits des femmes : ainsi vient le malheur des peuples, nous dit-elle. L’oubli d’un côté, le mépris de l’autre, deux traits des difficultés de la démocratie à venir. Dans les deux cas, les femmes sont mises hors jeu. Impossible, dit-elle.


« L’administration nocturne des femmes » : ainsi vécut l’Ancien Régime. Le pouvoir d’influence fut la face cachée du pouvoir public de la monarchie, dit-on. Et ce peut l’être encore : de l’oreiller au salon, de la chambre nocturne à la mondanité des réceptions, les images de femmes intrigantes perdurent ; les images, ou la réalité ?


« Monter à l’échafaud, monter à la tribune » : si les femmes montent à l’échafaud, il faut qu’on les laisse monter à la tribune. Si l’équation entre l’échafaud et la tribune n’a, on l’espère, plus d’avenir historique, elle a un sens politique : qui fait l’histoire ? Qui est responsable des événements et de la marche du temps ? Celui, celle qui monte à l’échafaud, ou celui, celle, qui monte à la tribune ? Réduire la responsabilité des femmes à leur culpabilité (bonne pour l’échafaud) est une erreur historique. En écartant le droit à la tribune, citoyenneté, gouvernement, les femmes furent privées de l’exercice de leur raison et de leur pouvoir. Accusées d’être responsables des désordres du monde, les femmes peuvent être coupables, sans être acceptées comme de véritables actrices de l’histoire. Drôle de place dans la causalité historique !


Depuis vingt ans, les féministes réclament l’entrée d’Olympe de Gouges au Panthéon, monument des grands hommes. Il est sûr que sa Déclaration des droits de la femme est non seulement un geste historique remarquable, mais aussi l’invitation à une pensée rigoureuse de l’universel.


Geneviève Fraisse, philosophe



Lien source :
Tribune libre
- Article paru
le 13 août 2009

http://www.humanite.fr/2009-08-13_Tribune-libre_Olympe-de-Gouges-sa-place-e…





damejane



.
_________________
La vérité est la lumière de feu que te dicte ton coeur.
"Shanti-Om"


Revenir en haut
damejane
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 14 Aoû 2008
Messages: 6 013

MessagePosté le: Sam 22 Aoû 2009 - 20:21    Sujet du message: droits de l'homme et de la femme‏ Répondre en citant

« Répondre #2 le: 15 Août 2009 à 18:23: »



Olympe de Gouges

Forme du contrat social de l'homme
et de la femme





Nous N. et N, mus par notre propre volonté, nous unissons pour le terme de notre vie, et pour la durée de nos penchans mutuels, aux conditions suivantes:

Nous entendons et voulons mettre nos fortunes en communauté, en nous réservant cependant le droit de les séparer en faveur de nos enfans, et de ceux que nous pourrions avoir d'une inclination particulière, reconnoissant mutuellement que notre bien appartient directement à nos enfans, de quelque lit qu'ils sortent, et que tous indistinctement ont le droit de porter le nom des pères et mères qui les ont avoués, et nous imposons de souscrire à la loi qui punit l'abnégation de son propre sang.


Nous nous obligeons également, au cas de séparation, de faire le partage de notre fortune, et de prélever la portion de nos enfants indiquée par la loi; et, au cas d'union parfaite, celui qui viendroit à mourir, se désisteroit de la moitié de ses propriétés en faveur de ses enfans; et si l'un mouroit sans enfans, le survivant hériteroit de droit, à moins que le mourant n'ait disposé de la moitié du bien commun en faveur de qui il jugerait à propos.


Voila à peu-près la formule de l'acte conjugal dont je propose 'exécution. À la lecture de ce bizarre écrit, je vois s'élever contre moi les tartufes, les bégueules, le Clergé et toute la séquelle infernale. Mais combien il offrira aux sages de moyens moraux pour arriver à la perfectibilité d'un gouvernement heureux! j'en vais donner en peu de mots la preuve physique. Le riche Epicurien sans enfans, trouve fort bon d'aller chez son voisin pauvre augmenter sa famille. Lorsqu'il y aura une loi qui autorisera la femme du pauvre à faire adopter au riche ses enfans, les liens de la société seront plus resserrés, et les mœurs plus épurées. Cette loi conservera peut-être le bien de la communauté, et retiendra le désordre qui conduit tant de victimes dans les hospices de l'opprobre, de la bassesse et de la dégénération des principes humains, où, depuis longtemps, gémit la nature. Que les détracteurs de la saine philosophie cessent donc de se récrier contre les mœurs primitives, ou qu'ils aillent se perdre dans la source de leurs citations.



Je voudrais encore une loi qui avantageât les veuves et les demoiselles trompées par les fausses promesses d'un homme à qui elles se seroient attachées; je voudrois, dis-je, que cette loi forçât un inconstant à tenir ses engagements, ou à une indemnité proportionée à sa fortune.

Je voudrais encore que cette loi fût rigoureuse contre les femmes, du moins pour celles qui auraient le front de recourir à une loi qu'elles auraient elles-mêmes enfreinte par leur inconduite, si la preuve en était faite.

Je voudrais, en même temps, comme je l'ai exposée dans Le Bonheur primitif de l'Homme, en 1788, que les filles publiques fussent placées dans des quartiers désignés. Ce ne sont pas les femmes publiques qui contribuent le plus à la dépravation des mœurs, ce sont les femmes de la société. En restaurant les dernières, on modifie les premières. Cette chaîne d'union fraternelle offrira d'abord le désordre, mais par les suites, elle produira à la fin un ensemble parfait.



J'offre un moyen invincible pour élever l'âme des femmes; c'est de les joindre à tous les exercices de l'homme: si l'homme s'obstine à trouver ce moyen impraticable, qu'il partage sa fortune avec la femme, non à son caprice, mais par la sagesse des lois. Le préjugé tombe, les mœurs s'épurent, et la nature reprend tous ses droits. Ajoutez-y le mariage des prêtres; le Roi, raffermi sur son trône, et le gouvernement français ne saurait plus périr.


Il était bien nécessaire que je dise quelques mots sur les troubles que cause, dit-on, le décret en faveur des hommes de couleur, dans nos îles. C'est là où la nature frémit d'horreur; c'est là où la raison et l'humanité, n'ont pas encore touché les âmes endurcies; c'est là surtout où la division et la discorde agitent leurs habitants. Il n'est pas difficile de deviner les instigateurs de ces fermentations incendiaires: il y en a dans le sein même de l'Assemblée nationale: ils allument en Europe le feu qui doit embraser l'Amérique. Les Colons prétendent régner en despotes sur des hommes dont ils sont les péres et les fréres; et méconnaissant les droits de la nature, ils en poursuivent la source jusque dans la plus petite teinte de leur sang. Ces Colons inhumains disent: notre sang circule dans leurs veines, mais nous le répandrons tout, s'il le faut, pour assouvir notre cupidité, ou notre aveugle ambition.


C'est dans ces lieux les plus près de la nature, que le pére méconnaît le fils; sourd aux cris du sang, il en étouffe tous les charmes; que peut-on espérer de la résistance qu'on lui oppose? la contraindre avec violence, c'est la rendre terrible, la laisser encore dans les fers, c'est acheminer toutes les calamités vers l'Amérique.


Une main divine semble répandre par tout l'apanage de l'homme, la liberté; la loi seule a le droit de réprimer cette liberté, si elle dégénère en licence; mais elle doit être égale pour tous, c'est elle surtout qui doit renfermer l'Assemblée nationale dans son décret, dicté par la prudence et par la justice. Puisse-t-elle agir de même pour l'Etat de la France, et se rendre aussi attentive sur les nouveaux abus, comme elle l'a été sur les anciens qui deviennent chaque jour plus effroyable!


Mon opinion serait encore de raccommoder le pouvoir exécutif avec le pouvoir législatif, car il me semble que l'un est tout, et que l'autre n'est rien; d'où naîtra, malheureusement peut-être, la perte de l'Empire Français. Je considère ces deux pouvoirs, comme l'homme et la femme qui doivent être unis, mais égaux en force et en vertu, pour faire un bon ménage.



Il est donc vrai que nul individu ne peut échapper à son sort; j'en fais l'expérience aujourd'hui. J'avais résolu et décidé de ne pas me permettre le plus petit mot pour rire dans cette production, mais le sort en a décidé autrement: voici le fait:

L'économie n'est point défendue, surtout dans ce temps de misère. J'habite la campagne. Ce matin à huit heures je suis partie d'Auteuil, et me suis acheminée vers la route qui conduit de Paris à Versailles, où l'on trouve souvent ces fameuses guinguettes qui ramassent les passants à peu de frais. Sans doute une mauvaise étoile me poursuivait dès le matin. J'arrive à la barrière où je ne trouve pas même le triste sapin aristocrate. Je me repose sur les marches de cet édifice insolent qui recelait des commis. Neuf heures sonnent, et je continue mon chemin: une voiture s'offre à mes regards, j'y prends place, et j'arrive à neuf heures un quart, à deux montres différentes, au Pont-Royal. J'y prends le sapin, et je vole chez mon imprimeur, rue Christine, car je ne peux aller que là si matin: en corrigeant mes épreuves, il me reste toujours quelque chose à faire, si les pages ne sont pas bien serrées et remplies. Je reste à-peu-près vingt minutes; et fatiguée de marche, de composition et d'impression, je me propose d'aller prendre un bain dans le quartier du Temple, où j'allais diner. J'arrive à onze heures moins un quart à la pendule du bain; je devais donc au cocher une heure et demie; mais, pour ne pas avoir de dispute avec lui, je lui offre 48 sols: il exige plus, comme d'ordinaire, il fait du bruit. Je m'obstine à ne vouloir plus lui donner que son dû, car l'être équitable aime mieux être généreux que dupe. Je le menace de la loi, il me dit qu'il s'en moque, et que je lui payerai deux heures. Nous arrivons chez un commissaire de paix, que j'ai la générosité de ne pas nommer, quoique l'acte d'autorité qu'il s'est permis envers moi mérite un dénonciation formelle. Il ignorait sans doute que la femme qui réclamait sa justice était la femme auteur de tant de bienfaisance et d'équité. Sans avoir égard à mes raisons, il me condamne impitoyablement à payer au cocher ce qu'il demandait. Connaissant mieux la loi que lui, je lui dis: Monsieur, je m'y refuse, et je vous prie de faire attention que vous n'êtes pas dans le principe de votre charge. Alors cet homme, ou, pour mieux dire, ce forcené s'emporte, me menace de la Force si je ne paye à l'instant, ou de rester toute la journée dans son bureau. Je lui demande de me faire conduire au tribunal de département ou à la mairie, ayant à me plaindre de son coup d'autorité. Le grave magistrat, en rédingotte poudreuse et dégoûtante comme sa conversation, m'a dit plaisamment: cette affaire ira sans doute à l'Assemblée nationale? Cela se pourrait bien, lui dis-je; et je m'en fus moitié furieuse et moitié riant du jugement de ce moderne Bride-Oison, en disant: c'est donc là l'espèce d'homme qui doit juger un Peuple éclairé! On ne voit que cela.



Semblables aventures arrivent indistinctement aux bons Patriotes, comme aux mauvais. Il n'y a qu'un cri sur les désordres des sections et des tribunaux. La justice ne se rend pas; la loi est méconnue, et la police se fait, Dieu sait comment. On ne peut plus retrouver les cochers à qui l'on confie des effets; ils changent les numéros à leur fantaisie, et plusieurs personnes, ainsi que moi, ont fait des pertes considérables dans les voitures.

Sous l'ancien régime, quel que fût son brigandage, on trouvait la trace de ses pertes, en faisant un appel nominal des cochers, et par l'inspection exacte des numéros; enfin on était en sûreté. Que font ces juges de paix? que font ces commissaires, ces inspecteurs du nouveau régime? Rien que des sottises et des monopoles. L'Assemblée nationale doit fixer toute son attention sur cette partie qui embrasse l'ordre social.



P. S.
Cet ouvrage était composé depuis quelques jours; il a été retardé encore à l'impression; et au moment que M. Talleyrand, dont le nom sera toujours cher à la postérité, venant de donner son ouvrage sur les principes de l'éducation nationale, cette production était déjà sous la presse.

Heureuse si je me suis rencontrée avec les vues de cet orateur! Cependant je ne puis m'empécher d'arréter la presse, et de faire éclater la pure joie, que mon cœur a ressentie à la nouvelle que le roi venait d'accepter la Constitution, et que l'Assemblée nationale - que j'adore actuellement, sans excepter l'abbé Maury et la Fayette est un dieu - avait proclamé d'une voix unanime une amnistie générale.

Providence divine, fais que cette joie publique ne soit pas une fausse illusion! Renvoie-nous, en corps, tous nos fugitifs, et que je puisse avec un peuple aimant, voler sur leur passage; et dans ce jour solennel, nous rendrons tous hommage à ta puissance.
(14 septembre 1791)

Lire aussi Very Happy é c l a r a t i o n d e s d r o i t s d e l a f e m m e .

_________________
La vérité est la lumière de feu que te dicte ton coeur.
"Shanti-Om"


Revenir en haut
damejane
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 14 Aoû 2008
Messages: 6 013

MessagePosté le: Mar 3 Nov 2009 - 00:32    Sujet du message: droits de l'homme et de la femme‏ Répondre en citant

« Répondre #3 le: 25 Septembre 2009 à 01:15: »

.


droits de l'homme et de la femme‏
Un article sur le net à lire..
par Roger GBEGNONVI

15.09.09



Que s’élève l’homme
à hauteur de la femme



Si Dieu existe – et il faut croire qu’il existe – il doit bien rire de nos minuscules trouvailles de vains lilliputiens, dont la mesquinerie dépasse parfois tout entendement. Passe encore si ces ‘‘petit-choses'’ restaient ici, entre nous, sur le plancher des vache, au ras des pâquerettes.

Au lieu de cela, nous n’avons de cesse de mêler l’Auguste Olympe à nos basses besognes. Car comment pouvons-nous croire en Allah le Miséricordieux, en Dieu, Père et Amour, créateur du ciel et de la terre et de tout ce qu’il y a entre les deux, comment pouvons-nous croire en Lui et soutenir crânement qu’Il prend un malin et diabolique plaisir à contempler le mâle soumettre la femme au piétinement, au fouet, voire à la torture, et qu’Il approuve en dodelinant de la tête quand il entend le mâle arguer qu’ainsi le veut Dieu ?


Au Bénin, Etat laïc et sans prédominance d’aucune religion rattachée au Dieu unique, le Code de la Famille et des Personnes, plus de quarante ans après les indépendances, a passé sept ans sur la table des députés avant d’être voté en l’état. Dans le Parlement béninois à haute prédominance masculine, le Code a été regardé de travers pendant pratiquement deux législatures parce qu’il avait le tort immense d’affirmer en droit ce qu’affirme la Constitution du Bénin ainsi que la Déclaration universelle des Droits de l’Homme, à laquelle le Bénin, membre de l’Organisation des Nations Unies, adhère avec tellement de ferveur qu’il l’a intégrée à sa propre Constitution, savoir que la femme a les mêmes droits que l’homme…

Oui, mais si le Dieu sage de nos ancêtres, Dieu analphabète et muet, voulait vraiment que la femme ait les mêmes droits que l’homme dont elle est l’égale, on le saurait.



Au Mali, Etat autant laïc que le Bénin, à la différence près qu’y prédomine l’une des trois religions du Livre, où Dieu sage et savant, sachant lire et écrire, a parlé et écrit, tollé et lever de boucliers après le vote par les députés d’un code de la famille suggérant l’égalité en droit entre le Malien et la Malienne. Embarras dans le Landernau. Le Chef de l’Etat renvoie le code aux députés pour une seconde lecture. Pour en retrancher quel paragraphe que Dieu n’aime pas ? Pour y corriger quel article qui déplaît à Allah ?


Au Soudan, où règne Allah, Loubna Ahmed al-Hussein a porté un pantalon sous sa blouse dont la partie supérieure lui couvre les cheveux. La demoiselle n’a donc rien laissé paraître de son corps en dehors de son visage et de ses mains pour manger dans le restaurant où elle fut surprise. Oui, surprise et interpellée pour avoir porté un pantalon. Jugée et condamnée, elle échappa de justesse aux quarante coups de fouet contre une forte amende ou un séjour d’un mois en prison, séjour qu’elle avait entamé quand l’Association des Journalistes du Soudan paya pour que la consœur sortît de là. Belle solidarité corporatiste.


Mademoiselle Loubna Ahmed al-Hussein a beaucoup de chance. Si elle appartient au corps des gardiens de la liberté, que sont les journalistes, c’est parce qu’elle sait lire et écrire comme le Dieu savant du Coran. Et c’est ce privilège divin (‘‘privilège absolu de l’écriture’’) qui lui permet d’entrer en dialogue avec Allah le Miséricordieux pour savoir que le garde-robe des homme et des femmes lui importe infiniment peu, et qu’il ne s’en occupe pas du tout. Sachant que la demoiselle sait, les magistrats qui l’ont jugée ont fait très attention pour savoir raison divine garder. Ils ne l’ont pas traitée à quarante coups de fouet plus autres humiliations pour l’exemple, comme ils l’auraient fait pour n’importe quelle autre analphabète soudanaise surprise en pantalon. L’analphabète subit et se laisse interpréter le Coran par les hommes.


Que faire ? En attendant que toutes les femmes sachent lire et écrire pour entrer en dialogue libérateur avec Allah le Miséricordieux, la balle est dans le camp des mâles. Eux savent d’ores et déjà que Dieu, qui sait tout, ignore toute exclusion, tout ostracisme et toute niaiserie, et qu’Il continuera de faire naître les femmes partout, y compris là où on Lui fait dire et écrire qu’Il ne les aime que soumise, battue et fouettée. Il revient donc aux mâles de savoir raison divine garder pour ne plus injurier Dieu et s’élever à hauteur de la femme, mère qui élève les hommes, et qu’une des religions monothéistes a faite également mère de Dieu.

(Par Roger Gbégnonvi)

_________________
La vérité est la lumière de feu que te dicte ton coeur.
"Shanti-Om"


Revenir en haut
damejane
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 14 Aoû 2008
Messages: 6 013

MessagePosté le: Mar 3 Nov 2009 - 00:32    Sujet du message: droits de l'homme et de la femme‏ Répondre en citant

« Répondre #4 le: 27 Septembre 2009 à 16:49: »

.
droits de l'homme et de la femme‏
Un article sur le net à lire..




[size=18pt]Une footballeuse lesbienne
victime d’un
« viol de correction » ?








[b]Une footballeuse lesbienne victime d’un « viol de correction » ?


La justice sud-africaine a condamné à la perpétuité le violeur et meurtrier d’Eudy Simelane
Le verdict est sans appel : Themba Mvubu terminera sa vie en prison. Accusé de l’enlèvement, du viol et du meurtre d’Eudy Simelane, le jeune homme a été écroué, mardi, en Afrique du Sud. La victime, une footballeuse professionnelle de 31 ans, était l’une des premières femmes à assumer ouvertement son homosexualité. Certains militants estiment qu’elle a subi un « viol de correction ». Au cours de la dernière décennie, une trentaine de lesbiennes auraient été tuées dans le pays.
Mercredi 23 septembre 2009, par Stéphanie Plasse

Themba Mvubu, un jeune homme de 24 ans, a été condamné mardi à la prison à perpétuité en Afrique du sud. Il a été reconnu coupable de l’enlèvement, du viol, du meurtre d’Eudy Simelane. Agée de 31 ans, cette footballeuse internationale lesbienne a été l’une des premières femmes à assumer ouvertement son homosexualité dans le township de Kwa Thelma, une localité située près de Johannesburg. Elle avait joué pour l’équipe féminine sud-africaine et travaillé comme entraîneur et arbitre.

En avril 2008, la sportive avait été kidnappée alors qu’elle sortait d’un pub. Par la suite, elle avait été violée par quatre hommes et poignardée à 12 reprises. Les agresseurs ont ensuite trainé son corps jusque dans un terrain vague où ils l’ont abandonné. Des militants pour les droits des homosexuels estiment qu’elle a été violentée en raison de son orientation sexuelle. En Afrique du sud, la pratique appelée « viol de correction » ou « viol thérapeutique » par laquelle les hommes prétendent « soigner » les femmes de leur homosexualité est répandue. Ces attaques vont parfois jusqu’au meurtre. Selon un récent rapport, une trentaine de lesbiennes ont été tuées au cours de la décennie écoulée dans de telles circonstances.

Themba Mvubu clame son innocence

« Eudy Slimane a subi une mort brutale, indigne », a lancé le juge Ratha Mokgoathlendg devant la Cour de Delmas, où se tenait le procès. « L’accusé n’a montré aucun remords. Il maintient qu’il est innocent. C’est son droit. Il est douloureux d’envoyer un jeune en prison mais s’il se comporte en criminel, il ne peut pas se cacher derrière sa jeunesse », a-t-il ajouté. Themba Mvubu est le deuxième homme inculpé dans cette affaire. Plus tôt dans l’année, Thato Mphithi a plaidé coupable pour l’enlèvement, le viol et le meurtre d’Eudy Slimane. Il a été condamné à 32 ans de prison. La mère de la victime, Mally, ne comprend pas cette haine. « Je veux dire aux autres mères que ce sont nos enfants », a déclaré à l’AFP cette ancienne domestique. « Ce ne sont pas des animaux mais des êtres humains. Ce sont les enfants de l’Afrique du Sud d’aujourd’hui ».

En Afrique du Sud, le taux de violence sexuelle est l’un des plus élevés au monde. En effet, plus de 54 000 cas sont rapportés à la police chaque année.



.
_________________
La vérité est la lumière de feu que te dicte ton coeur.
"Shanti-Om"


Revenir en haut
damejane
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 14 Aoû 2008
Messages: 6 013

MessagePosté le: Mar 3 Nov 2009 - 00:33    Sujet du message: droits de l'homme et de la femme‏ Répondre en citant

« Répondre #5 le: 27 Septembre 2009 à 17:07: »

.




Le fichage ADN devant la justice







Pays Basque
24/09/2009

Claire REVENU-JOMIER


«Nous espérons obtenir la relaxe de Jean-Michel Ayçaguer» : son avocate Maître Anne-Marie Mendiboure, des membres du syndicat ELB, le GFAM Lurra, et les six inculpés dans l'affaire Kako, étaient réunis hier au Trinquet Moderne de Bayonne autour du militant syndicaliste paysan, comme il se définit lui-même pour lui témoigner leur soutien dans le cadre de son procès prévu le 29 septembre prochain.

Pour rappel, Jean-Michel Ayçaguer avait été arrêté avec cinq autres militants le 17 janvier 2008 à l'issue d'une manifestation organisée par Euskal herriko Laborarien Batasuna et le Groupement Foncier Agricole Mutuel Lurra. Elle avait pour objet le soutien à l'installation de Fred Larragnaga et se déroulait devant la SAFER chargée de gérer la vente de la ferme Kako à Ainharp. Placé en garde à vue, Jean-Michel avait refusé de donner son ADN. Le 25 décembre 2008, il était de nouveau arrêté. Gardé à vue, il avait renouvelé son opposition à un prélèvement.

Il risque aujourd'hui jusqu'à un an de prison et 15 000 euros d'amende. «Pour un prélèvement d'ADN, un consentement est requis mais un refus est poursuivi» explique Anne-Marie Mendiboure. «Ce prélèvement est un acte attentatoire au respect de la vie privée qui viole de surcroît l'article 8 de la Convention Européenne des droits de l'Homme. Le choix délibéré du parquet d Bayonne de le convoquer devant la justice mardi prochain relève de l'acharnement judiciaire». L'avocate souligne qu'un fichage ADN a une durée de vie de quarante ans, parfaitement excessive dans le cadre d'une activité syndicale. D'autant que la position que le militant défendait à l'époque a aujourd'hui triomphé avec l'installation définitive de Fred Larragnaga à la ferme Kako.

«C'est une violation de l'individu» estime Jean-Michel Ayçaguer. «Les cinq autres personnes qui se trouvaient avec moi en garde à vue n'ont pas pu refuser devant la menace de sanctions. On a violé leur patrimoine personnel. 1 % de la population est aujourd'hui fichée. Il est encore temps aujourd'hui de dire non ! En tant qu'éleveur de brebis, j'ai eu la chance d'avoir travaillé sur l'ADN pendant six ans, d'étudier l'interprétation qu'on fait sur les animaux. Si on fait ça sur les êtres humains où va-t-on ? Vers les bons d'un côté et les mauvais de l'autre ? Je veux me battre pour que nos enfants aient la liberté de décider».

ELB et le GFAM Lurra dénoncent «l'atteinte grave» au droit syndical qu'est le fichage ADN et veulent apporter tout leur soutien à Jean-Michel Ayçaguer. «Aujourd'hui, paysans et ouvriers nous trouvons face aux mêmes enjeux, défense de l'outil de travail, érosion de nos droits, précarité grandissante. les attaques au droit syndical se multiplient. Par le fichage, on isole l'individu, on l'empêche de participer à d'autres luttes, on entrave gravement sa liberté d'expression. Par contre, les auteurs de délits financiers (abus de biens sociaux, trafic d'influence, corruption...) eux, échappent au fichage génétique» dénonce le syndicat paysan.


.
_________________
La vérité est la lumière de feu que te dicte ton coeur.
"Shanti-Om"


Revenir en haut
damejane
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 14 Aoû 2008
Messages: 6 013

MessagePosté le: Mer 11 Nov 2009 - 23:45    Sujet du message: droits de l'homme et de la femme‏ Répondre en citant

.



Première femme avocat au Sénégal :
Me Ousmane Sèye demande
un hommage pour
Me Mame Bassine Niang






Première femme sénégalaise à accéder au barreau de Dakar en 1975, Me Mame Bassine devient avocat. Mais également première présidente de la fédération internationale des femmes juristes. Au cours de la première émission de Rewmi Fm diffusée dans le net et qui s’intitule: l’heure de vérité, Me Ousmane Sèye a loué la constance intrinsèque de cette femme et a souligné à l’endroit de toutes les femmes que l’heure est venue de lui rendre un hommage.

Si nul ne conteste sa personnalité au sein du barreau et dans les milieux les plus huppés, Me Ousmane Ousmane Sèye fait partie des rares personnes qui l’ont approchée. En effet, il a fait ses premiers pas dans le cabinet de cette bonne dame sur recommandation de son oncle Ousmane Ndiaye avant qu’il ne prête serment pour être avocat. Il avait alors trouvé sur place Me Madické Niang, qui est un «Njatigé» à son oncle. Mame Bassine l’a adopté comme son propre fils, l’a responsabilisé dans son cabinet, présenté à tous ses parents, dont son père qu’elle affectionnait beaucoup. Elle lui offre par la suite sa première voiture: Une R5.

En 1988, Me Sèye défend Abdoulaye Wade en tant que stagiaire, alors que Me Mame Bassine était avocat de l’Etat. Elle a laissé faire avec fair-play. Et c’est avec beaucoup d’émotion qu’il se rappelle de ce compagnonnage: «Avec Me Niang, c’est la grande royale. Elle adore les gens qui ont une forte personnalité. C’est une femme d’élite et adore les hommes d’élites. Le culte de l’excellence prime avant tout chez elle. Dans son cabinet, j’ai partagé mon bureau avec Me Madické Niang durant 4 ans. Nous avions le même oncle qui nous a recommandé à Me Niang. Vous constatez que des liens forts me lient à eux. Après mon stage, j’ai été associé avec elle jusqu’en 1992, c’est plus tard que j’ai ouvert mon propre cabinet». Il poursuit dans cette lancée qu’elle a été aussi la première dame à créer l’organisation des droits de l’homme au Sénégal avec l’ONDH. Elle a contribué au développement du droit et pour cela, toutes les femmes doivent lui rendre un hommage. «C’est ma conviction, elle a beaucoup fait pour son pays, et les femmes du Sénégal doivent aujourd’hui lui rendre hommage» ajoute-t-il. Une femme qui déteste les courbettes et qui a connu beaucoup d’adversités.

Au-delà, de cette interview sur Rewmi Fm toujours en ligne jusqu’à jeudi, Me Sèye a abordé plusieurs questions politiques. Entre autres, pourquoi il a attendu tardivement pour descendre dans l’arène politique, est-ce pour recevoir sa part du gâteau? Et mieux, il ne connaît que les audiences au tribunal, est-il capable de drainer la foule, de faire du porte à porte et de subir des coups bas. Pour toutes ces questions, il nous balance ceci en se redressant de son fauteuil: «Je considère que le pays n’est pas à partager. Avec mon expérience, il est tant pour moi de partager mes connaissances et de les mettre au service de la population. C’est peut être tardif, mais, il n’est jamais trop tard pour bien faire. Je n’ai pas peur de me lancer dans la politique, j’ai connu des dossiers très «hard». J’ai été un fervent militant des droits de l’homme avec Me Mame Bassine et je sais toujours mener un combat. Toutefois, lorsque je suis descendu dans l’arène, j’ai constaté qu’il y avait un hiatus, qu’il n’y avait pas de symbiose entre le responsable et la base. Il faut servir la politique et non se servir de la politique». Encore une fois, vous pouvez consultez notre site et avoir des informations complémentaires à l’interview.


http://www.rewmi.com/Premiere-femme-avocat-au-Senegal-Me-Ousmane-Seye-deman…

.


.
_________________
La vérité est la lumière de feu que te dicte ton coeur.
"Shanti-Om"


Revenir en haut
damejane
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 14 Aoû 2008
Messages: 6 013

MessagePosté le: Mer 5 Mai 2010 - 14:01    Sujet du message: droits de l'homme et de la femme‏ Répondre en citant

.



Un rapport chinois trace
un portrait désastreux
des droits de l'homme
aux Etats-Unis


par Patrick Martin






Le 13 mars, le Bureau de l'information chinois du Conseil d'État publiait un rapport intitulé : « Le dossier des droits de l'homme aux États-Unis en 2009 ».

Ce document était clairement destiné à réfuter le rapport annuel du département d'État américain sur le respect des droits de l'homme pour 2009, publié deux jours plus tôt.

Le rapport chinois souligne légitimement que le gouvernement des Etats-Unis « publie année après année des rapports sur les droits de l'homme pour accuser d'autres pays, et utilise la question des droits de l'homme à des fins politiques pour s'ingérer dans les affaires internes des autres pays, diffamer leur image et avancer ses propres intérêts stratégiques. Cela expose complètement son double standard en matière de droits de l'homme... »

Administrer au gouvernement des Etats-Unis une dose bien méritée de sa propre médecine n'absout pas pour autant le régime chinois de ses violations flagrantes des droits de l'homme. Il gouverne de manière autocratique sur une population de 1,3 milliard de personnes, la plupart étant des paysans désespérément pauvres et des travailleurs très exploités.

Ceci étant dit, le rapport chinois est un document révélateur –sobre, parfois même subtil, basé sur des faits tirés entièrement de source gouvernementale et médiatique des Etats-Unis, chaque élément étant soigneusement documenté. Il donne un portrait des Etats-Unis du 21e siècle conforme à celui vu par la plupart du monde, un portrait contrastant de façon éclatante avec la mythologie officielle et la propagande médiatique américaine.

C'est sans surprise que ce rapport est passé inaperçu dans les médias de masse aux Etats-Unis. Le rapport de 14 pages est divisé en six sections principales : la vie, la propriété et la sécurité personnelle ; les droits civiques et politiques ; les droits économiques, sociaux et culturels ; la discrimination raciale ; les droits des femmes et des enfants ; la violation des droits de l'homme par les Etats-Unis contre les autres nations. Le portrait cumulatif en est un d'une société en profonde crise qui va en s'aggravant.

Quelques statistiques et faits cités sur la violence et la répression policière aux Etats-Unis :

*
Chaque année, 30.000 personnes meurent dans des incidents impliquant une arme à feu.
*
Il y a eu 14.180 meurtres l'an dernier.
*
Dans les dix premiers mois de 2009, 45 personnes ont été tuées en raison de l'utilisation du Taser par la police, le total s'élevant à 389 pour la décennie.
*
L'an dernier, 315 policiers de la ville de New York ont été soumis à une supervision interne suite à une « utilisation incontrôlée de la violence ».
*
7,3 millions d'Américains sont sous la juridiction des autorités du système correctionnel, plus que tout autre pays.
*
60.000 prisonniers, selon les estimations, ont été violés en détention l'an dernier.

Sur les droits démocratiques, le rapport note l'espionnage gouvernemental omniprésent de sa population, autorisé en vertu du Patriot Act, le vaste réseau de surveillance d'Internet par l'Agence de sécurité nationale (NSA), et le harcèlement policier contre les manifestants antimondialisation à Pittsburgh l'an dernier lors du sommet du G-20. Soulignant l'hypocrisie de la rhétorique du gouvernement des Etats-Unis sur les « droits de l'homme », les auteurs observent que « la même conduite dans d'autres pays aurait été dénoncée comme étant une violation des droits de l'homme, alors qu'aux États-Unis cela est présenté comme un contrôle nécessaire du crime ».

Le rapport ne fait qu'effleurer le problème de la crise socioéconomique aux Etats-Unis, notant un niveau record de chômage, de pauvreté, de famine et de sans-abris, ainsi que 46,3 millions de personnes sans assurance-maladie. Il offre quelques faits rarement discutés dans les médias américains : 712 personnes ont été incinérées aux frais du public dans la ville de Los Angeles parce que les familles étaient trop pauvres pour payer l'enterrement. Il y a eu 5.657 morts au travail en 2007, la dernière année pour laquelle des données sont disponibles, soit un taux de 17 décès par jours (pas un seul employeur n'a été accusé au criminel pour ces ces morts). Quelque 2.266 vétérans sont morts des conséquences d'un manque d'assurance-maladie en 2008, 14 fois le nombre de soldats tués en Afghanistan cette année.

Le rapport démontre l'existence d'une discrimination raciale omniprésente contre les Noirs, les hispanophones et les Amérindiens, les sections les plus opprimées de la classe ouvrière. Ce phénomène s'exprime aussi par un nombre record de plaintes de discrimination raciale à l'embauche, soit plus de 32.000. Le rapport note également le nombre croissant d'incidents de discrimination ou de violence contre les musulmans, et la détention de 300.000 immigrants « illégaux » chaque année, 30.000 immigrants se retrouvant dans un centre de détention chaque jour de l'année.

Le rapport note que l'Etat de Californie a imposé des sentences de prison à vie 18 fois plus souvent à des noirs qu'à des blancs, et que, en 2008, lorsque la police de New York fait usage d'une arme à feu, 75 pour cent des cibles sont noires, 22 pour cent hispaniques et seulement 3 pour cent blanches.

Le rapport fait référence à la réalité bien connue de l'iniquité salariale pour les femmes, avec un salaire médian à seulement 77 pour cent de celui des hommes, par rapport à 78 pour cent en 2007. Selon le rapport, 70 pour cent des femmes en âge de travailler n'ont pas d'assurance-maladie, ou ont une couverture inadéquate, des factures ou des dettes élevées reliées à des questions de santé.

Les enfants sont de loin les plus durement touchés par la misère économique, 16,7 millions d'enfants ayant manqué de nourriture à un certain moment durant l'année 2008, et 3,5 millions d'enfants de moins de 5 ans souffrant de la faim et de la malnutrition, soit 17 pour cent au total. La faim chez les enfants est combinée à un autre phénomène malsain, celui du travail endémique des enfants dans l'agriculture : quelque 400.000 enfants font du travail de cueillette. Les Etats-Unis sont également les premiers au monde dans l'emprisonnement des enfants et des mineurs, et le seul pays qui n'offre pas de liberté conditionnelle aux contrevenants juvéniles.

La politique étrangère américaine est également l'objet de critiques justifiées. Un pays avec autant de pauvres et d'affamés compte pour près de 42 pour cent du total des dépenses militaires mondiales, un colossal 607 milliards de dollars, et il est le premier marchand d'armes mondial, avec des ventes internationales de 37,8 milliards de dollars en 2008, une augmentation de près de 50 pour cent par rapport à l'année précédente.

Le rapport chinois mentionne également les preuves documentées de la torture des prisonniers en Afghanistan, en Irak et a Guantanamo Bay, le réseau mondial de bases militaires américain, l'embargo américain de Cuba (opposé par l'Assemblée générale de l'ONU par un vote de 187 contre 3), et l'espionnage systématique du globe par les Etats-Unis avec le système d'interception NSA « ECHELON », aussi bien que le monopole américain sur serveurs Internet responsables de la gestion du trafic.

Le rapport souligne aussi les violations délibérées par les Etats-Unis des conventions internationales sur les droits de l'homme. Washington a soit signé et non ratifié ou refusé de signer quatre conventions majeures des Nations unies : sur les droits économiques, sociaux et culturels ; sur les droits des femmes ; sur les droits des personnes handicapés ; et sur les droits des peuples autochtones.

Le rapport ne discute pas des causes de la dégénérescence des conditions sociales aux États-Unis — il ne fallait d'ailleurs pas s'y attendre, puisque cela nécessiterait une explication du lien causal entre la pauvreté, la répression et la discrimination et le fonctionnement du système de profit capitaliste, une explication que Beijing peut difficilement entreprendre.




Article original en anglais, WSWS, paru le 19 mars 2010

Articles de Patrick Martin publiés par Mondialisation.ca


http://mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=18933



.
_________________
La vérité est la lumière de feu que te dicte ton coeur.
"Shanti-Om"


Revenir en haut
damejane
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 14 Aoû 2008
Messages: 6 013

MessagePosté le: Lun 10 Jan 2011 - 13:11    Sujet du message: droits de l'homme et de la femme‏ Répondre en citant

.





Viols en RDC :
Ils cherchent de l'or dans nos vagins


www.rue89.com

""En République démocratique du Congo,
« les viols massifs se déroulent dans des villages près des zones minières,
là où il y a une forte concentration d'or.
Souvent, les femmes cachent de....""


http://www.rue89.com/2010/11/07/viols-en-rdc-ils-cherchent-de-lor-dans-nos-…



_________________
La vérité est la lumière de feu que te dicte ton coeur.
"Shanti-Om"


Revenir en haut
damejane
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 14 Aoû 2008
Messages: 6 013

MessagePosté le: Mar 1 Fév 2011 - 13:22    Sujet du message: “Women are heroes” de JR Répondre en citant

.




“Women are heroes” de JR :
Ça l’affiche bien


mardi 18 janvier 2011


Women are heroes n’est pas un film. C’est un projet artistique ambitieux, tant sur le plan humain que sur le plan technique, qui fait intervenir plusieurs médias.

Il s’agit tout d’abord d’un documentaire dans lequel l’artiste, JR, parcourt le monde pour filmer, comme le titre l’indique, des femmes courageuses, vivant dans des conditions souvent difficiles mais cherchant à se construire un avenir meilleur. Sa caméra se pose dans des pays touchés par la guerre, la famine, la violence et la misère. Des favellas de Rio de Janeiro aux artères poussiéreuses de New Dehli, des bidonvilles kenyans aux rues de Phnom Penh, les témoignages se succèdent et se ressemblent.


pour lire la suite :
http://www.orserie.fr/culture-tentations/article/women-are-heroes-de-jr-ca-…




_________________
La vérité est la lumière de feu que te dicte ton coeur.
"Shanti-Om"


Dernière édition par damejane le Sam 25 Juin 2011 - 01:13; édité 1 fois
Revenir en haut
damejane
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 14 Aoû 2008
Messages: 6 013

MessagePosté le: Sam 25 Juin 2011 - 01:12    Sujet du message: UNE FEMME À LA TÊTE DU CONSEIL DES DROITS DE L’HOMME Répondre en citant

.




ONU : UNE FEMME À LA TÊTE
DU CONSEIL DES DROITS DE L’HOMME







Ambassadrice de l’Uruguay au Conseil des droits de l’homme, Laura Dupuy Lasserre a été élue lundi à la tête de cet organe de l’ONU qui fête son 5e anniversaire. A 43 ans, la diplomate devient donc la première femme à présider le Conseil des droits de l’homme, dont le siège est à Genève. Elle prendra la succession du Thaïlandais Sihasak Phuangketkeow pour un mandat d’un an. Laura Dupuy Lasserre sera assistée d’un bureau de quatre vice-présidents, les représentants du Cameroun, de la Hongrie, du Kirghizstan et de l’Autriche.

Nommée ambassadrice en 2008 pour la première fois de sa carrière, Laura Dupuy Lasserre a auparavant occupé le poste de secrétaire de la mission à Genève de 1995 à 2000, puis a rejoint la direction pour l’intégration et le Mercosur. En 2002, elle est devenue conseillère auprès de l’Organisation des Etats américains à Washington, avant d’être nommée à la direction des Amériques en 2008. Après 20 ans de diplomatie, Laura Dupuy Lasserre arrive donc à la tête du Conseil des droits de l'homme, un organe intergouvernemental du système des Nations Unies, composé de 47 états. Ceux-ci ont la responsabilité de renforcer la promotion et la protection des droits de l'homme autour du globe.

Le Conseil a été créé par l'Assemblée générale de l'ONU, le 15 mars 2006, avec le but principal d'aborder des situations de violations de droits de l'homme et d'émettre des recommandations à leur encontre. « La question des droits de l’homme est primordiale à Genève et il m’importe de voir ce dossier avancer dans le monde et dans mon pays. Rien n’est jamais totalement acquis en la matière », déclarait Laura Dupuy Lasserre en novembre dernier.

A.S. Le 20/06/2011

Source :
http://www.elle.fr/Societe/News/ONU-une-femme-a-la-tete-du-Conseil-des-droi…
_________________
La vérité est la lumière de feu que te dicte ton coeur.
"Shanti-Om"


Dernière édition par damejane le Sam 25 Juin 2011 - 01:33; édité 2 fois
Revenir en haut
damejane
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 14 Aoû 2008
Messages: 6 013

MessagePosté le: Sam 25 Juin 2011 - 01:33    Sujet du message: droits de l'homme et de la femme‏ Répondre en citant

.



Le protocole de Maputo :
Le fil d’Ariane de la femme africaine





Le 11 juillet 2003, l’Afrique est entrée dans l’histoire pas comme ce continent qui se suicide comme le mentionne Stephen Smith dans son célèbre ouvrage « Négrologie », encore moins comme cet ailleurs étrange qui se caractérise principalement par la violence, la morbidité et la calamité, mais comme un espace capable de garantir les droits de l’ensemble de ses citoyens sans aucune forme de ségrégation.

C’est ainsi qu’est sorti des fonds baptismaux, à Maputo, sous l’égide des chefs d’Etats africains, le Protocole à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatif aux droits de la femme. L’Afrique sonnait alors le glas du confinement de la femme dans la sphère des seconds rôles. Cet instrument juridique inédit est venu matérialiser, de façon particulière, les idées qui avaient longtemps été exprimées à travers le Plan d’Action de Lagos en 1980, la Journée internationale de la femme africaine et plusieurs autres outils juridiques comme la Convention sur l’élimination de toutes formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF) et les Pactes internationaux relatifs aux droits civils et politiques, ainsi qu’aux droits économiques, sociaux et culturels.

Malgré quelques remous que sa ratification a suscitée dans certains pays , (1) le Protocole de Maputo a été un objet de joie et de réjouissance. Non seulement pour les nombreuses associations féminines qui se sont battues pour la reconnaissance des droits de la femme, mais aussi pour ceux qui ont la conscience de l’approche genre, dont les jeunes. C’est ainsi que nous allons, dans les lignes qui suivent, dire en quoi ce protocole est un faisceau d’opportunités. Non pas uniquement pour les femmes, mais pour l’ensemble du continent africain qui, aujourd’hui, a besoin d’entrer dans la nouvelle dynamique de l’approche genre pour faire décoller le développement tant économique que politique que prône des initiatives comme celle du NEPAD.

Il faudrait, selon nous, toute une éternité pour dire ou pour égrener le chapelet de toutes les fenêtres d’opportunité qu’ouvre ce Protocole. En effet, chacun des 32 articles qu’il comporte peut faire l’objet d’une intense exégèse. C’est pourquoi nous ne pouvons que dire de façon succincte ce que nous pensons de la place cardinale et centrale du Protocole.

LA DECONSTRUCTION DU MYTHE DE L’HOMME SUREVALUE


Comme le remarquait la juriste Camerounaise Diffo Tchunkam, dans une conférence lors de la Journée Internationale de la femme africaine, le 31 juillet 2009, les « Droits des femmes sont perçus par la société comme étant des droits de seconde génération, des droits mineurs dont on peut se passer. » (2) Cette conception, qui a longtemps eu la primauté dans les sociétés africaines, a fossilisé dans les esprits de plusieurs l’idée d’une supériorité de l’homme, sans qui rien n’est possible. Ce qui a permis au paradigme de l’hégémonie masculine (3) de prospérer. « Parler de l’homme, c’était parler de l’humanité toute entière et de façon neutre comme si le signe distinctif ou générique n’avait pas de distinction sur les descriptions objectives. », souligne Norberto Inda.

Le Protocole de Maputo, qui ne s’éloigne pas de cette spécificité africaine, vient déconstruire ce mythe qui a depuis des lustres fait son lit dans l’hypogée de la pensée de plus d’un. Son article 2 sur l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes fait de la consécration de ce principe d’égalité une obligation pour les Etats et les contraint à l’insérer dans leurs différents dispositifs juridiques. Le paragraphe 1 alinéa a de cet article 2 demande sans détour aux Etats d’ « inscrire dans leur Constitution et autres instruments législatifs , si cela n’est pas encore fait, le principe de l’égalité entre les hommes et les femmes, et en assurer l’application effective. » Cette loi est ainsi aux antipodes de la logique de la femme comme être caractérisé par sa faiblesse d’esprit (imbecillitas mentis dans la Rome Antique) devant toujours être sous l’autorité de l’homme qui possède la puissance paternelle (patria potestas). (4) La femme africaine n’est donc plus cette matrice non citoyenne livrée à une kyrielle d’injustices.

LA FEMME COMME ACTEUR DU PROCESSUS POLITIQUE


Jean Bodin s’exprimait sur le statut de la femme en ces termes, en 1586 dans ses « Six Livres de la République » : « Quant à l’ordre et à la condition des femmes, je ne veux pas m’en mêler. Je pense simplement qu’elles doivent être tenues à l’écart de toute magistrature, poste de commandement, tribunal, assemblées publiques et conseils, de sorte qu’elles puissent accorder toute leur attention à leurs tâches féminines et domestiques. » Cette assertion de Bodin fait écho de l’absence de la femme qui a, depuis belle lurette, eu droit de cité dans les sphères de prise de décision dans plusieurs pays africains.

Selon l’article 9 paragraphe 2, du Protocole, «les Etats assurent une représentation et une participation accrue, significatives et efficaces des femmes à tous les niveaux de la prise de décisions. » Cette disposition s’inscrit dans le sillage de l’Objectif du millénaire N03, qui vise une autonomisation substantielle de la femme d’ici 2015. Une parité est désormais non seulement réclamée, mais exigée pour tous les Etats à la traîne . (5) L’enjeu de cette question n’est pas juste une représentation pour la représentation, mais on remarque que c’est la présence effective de la femme qui permet de pouvoir défendre les intérêts de la femme et leur permettre de participer elles aussi à la construction de la société. Et il faut déjà ici apprécier l’effort du Rwanda dans ce sens qui aujourd’hui tient la tête du peloton pour ce qui est de la parité parlementaire.

LA FEMME COMME MOTEUR DE LA CROISSANCE
ET DU DEVELOPPEMENT


Plusieurs éléments ont, pendant des décennies, occulté le rôle des femmes dans le développement économique et social. Et comme le note Caroline Moser, « dans la plupart des sociétés du Tiers-Monde, le stéréotype de l’homme soutien de la famille prédomine, c’est-à-dire l’homme travailleur, productif, même quand il ne répond pas à la réalité. » (7) Leur contribution au développement était frappée d’ostracisme. Ce qui ne coïncidait guère avec la réalité. Or ce moteur de la croissance, comme le soulignait Virginie Malingre dans « Le Monde en 1999 », est une créatrice de richesses tout comme l’homme.

Le Protocole, en son article 13 sur les droits économiques et la protection sociale alinéa e, appelle les Etats à « créer les conditions pour promouvoir et soutenir les métiers et activités économiques des femmes, en particulier dans le secteur informel. » Si on regarde par exemple le secteur agricole africain qui, de nos jours, constitue une part substantielle du PIB de plusieurs pays (33% pour le Cameroun et 45% pour le Nigéria), on se rend à l’évidence que les femmes en majorité rurales, représentent près de 70% de la force de travail. (8) Or, comme le constatait Koffi Annan, elles « …reçoivent peu ou prou le soutien des gouvernements. » et parfois ont un accès très difficile à la terre. L’article 15 du Protocole sur la sécurité alimentaire apporte cependant du sang neuf en indiquant que les Etats «doivent assurer aux femmes l'accès à l'eau potable, aux sources d'énergie domestique, à la terre et aux moyens de production alimentaire. » En effet les femmes ont un rôle de pierre angulaire à jouer pour ce qui est de la révolution verte africaine, tremplin pour la garantie de la sécurité alimentaire.

ACCES EQUITABLE A L’EDUCATION
ET DROIT A LA PROTECTION EN TOUTES CIRCONSTANCES


L’une des innovations du Protocole de Maputo est à notre sens l’emphase qu’il met sur l’éducation en son article 12. Un accès équitable et non discriminatoire est recommandé. Condorcet s’écriait en 1787 qu’« il n’y a entre les deux sexes aucune différence qui ne soit l’ouvrage de l’éducation ». La femme africaine a besoin de formation et cette « formation dont on parle est d’abord celle donnée par l’enseignement de base, ayant cessé de prédéterminer ou de limiter les options d’emplois d’une manière différente pour les filles et les garçons, ensuite la formation continue. » (9)

Par ailleurs, ce Protocole n’oublie pas la femme dans la diversité de son statut ou des situations dans lesquelles elle peut se trouver. Tant la femme dans les conflits armés (article 11), la veuve (article 20), les femmes âgées (article 22), les handicapées (article 23), que celles qui sont en situation de détresse (article 24) ont besoin d’une protection. Toute femme en Afrique doit être à l’abri des pratiques néfastes. Dans un contexte ou foisonnent l’excision, les conflits armés, etc., le Protocole constitue un parapluie pour l’ensemble de la gent féminine africaine.

CONCLUSION


Le Protocole de Maputo, texte spécifique, qui traite directement des droits des femmes africaines est incontestablement un progrès vers le firmament de la libération de celles-ci. Et on peut clamer avec Stendhal que : « L’admission de la femme à l’égalité parfaite serait la marque la plus sûre de la civilisation. Elle doublerait les forces intellectuelles du genre humain et ses chances de bonheur. » (10) Cependant nous croyons et pensons que cela ne sera possible que si un travail de sensibilisation intense et d’éducation est effectuée pour que les populations africaines s’en approprient afin de se débarrasser des préjugés séculaires au sujet de la femme.

Une réelle mise en œuvre sortira de terre si les Etats s’engagent dans la logique des budgets sexospécifiques comme le recommande l’article 26 du Protocole. Car des retombées concrètes doivent être prévues pour les femmes dans les budgets. Et comme le remarquait la députée sud-africaine Pregs Govender, « Si vous voulez connaître la direction que prend un pays, vous n’avez qu’à étudier son budget et la place qu’il accorde aux femmes et aux enfants .» (11) Le Protocole de Maputo légitime le combat des femmes au sein des Etats. L’avenir dépend incontestablement de cette légitimation. Une réelle osmose et symbiose entre l’homme et la femme est désormais nécessaire pour une culture de la paix et de la stabilité sur le Continent.


Bibliographie


- Malado Dembele, « Afrique :la terre à celles qui la cultivent. », Syfia Presse, n°28, 2003/05.

- Institut Internationale des sciences administratives, La place de la femme dans la vie publique et dans la prise de décision, Harmattan, Paris,1997.

- Cahier Genre et Développement, Genre :un outil nécessaire, n°1, 2000, Harmattan.
- Michael Fleshman, «Des budgets en quête d’équité entre les sexes», Afrique relance, Volume 16, page 4,
- "Femmes, histoire des." Microsoft® Encarta® 2009 [DVD]. Microsoft Corporation, 2008.
- Le Protocole de Maputo.


NOTES

1) Le Journal du Cameroun, quotidien en ligne camerounais mentionne ainsi les marches qui ont été organisées par le Cardinal Christian Tumi avec plusieurs de ses ouailles pour dénoncer ce protocole et principalement son article 14 qui selon eux légitime l’avortement ou l’assassinat des enfants. On peut aussi mentionner dans ce cas l’ensemble des remous qui ont été créés au Mali dans le même ordre d’idée.

2) Diffo Tchunkam Justine est universitaire et fervente militante des droits humains.

3) Cette expression d’hégémonie masculine a été évoqué pour la toute première fois par l’américain W. Connell.

4) Dans la Rome Antique, la faiblesse de la femme selon le législateur grec légitimait son incapacité juridique.

5) Pour le Cameroun, on remarque une représentation pas très significative de la femme dans les sphères de prise décision selon la Commission Nationale des droits de l’homme et des libertés. Au parlement, sur 180 députés, on a 25 femmes seulement et dans le gouvernement, on compte 5 femmes.

6) Depuis 2009, le Rwanda compte plus de femmes que d’hommes dans son parlement.

7) Caroline Noser, « Planification selon le genre dans le Tiers-Monde :comment satisfaire les besoins pratiques et stratégiques selon le genre. » in Cahier Genre et Développement, N01, 2000, Harmattan.
8) Malado Dembele, « Afrique :la terre à celles qui la cultivent. », Syfia Presse, n°28, 2003/05, P. 14-15).

9) Institut Internationale des sciences administratives, La place de la femme dans la vie publique et dans la prise de décision, Harmattan, Paris,1997 P 11.

10) Idem.

11) Michael Fleshman, «Des budgets en quête d’équité entre les sexes», Afrique relance, Volume 16, page 4.


* Lemogo Jerry Laurence, fils d’un enseignant et d’une ménagère de l’Ouest Cameroun. Agé de 23 ans, il est passionné de culture générale et surtout des questions internationales. Il est Titulaire d’une licence en lettres trilingues (français-anglais-espagnol) et d’un bac+4 en langue espagnole. Actuellement il est en Master II de Communication et Action Publique Internationales à l’Institut des Relations Internationales du Cameroun. Son leitmotiv est le suivant : « Se battre pour toujours être le meilleur » et il croit comme le disait Talleyrand : « Là où plusieurs hommes ont échoué, une femme peut réussir. »
_________________
La vérité est la lumière de feu que te dicte ton coeur.
"Shanti-Om"


Revenir en haut
damejane
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 14 Aoû 2008
Messages: 6 013

MessagePosté le: Lun 9 Avr 2012 - 10:06    Sujet du message: Le suicide qui bouleverse la société marocaine Répondre en citant

.





Le suicide qui bouleverse la société marocaine

LE MONDE | 24.03.2012






Citation:
C'est un fait divers qui a ouvert un vif débat de société sur la condition de la femme au Maroc. Le 10 mars, à Larache, près de Tanger, au nord du pays, Amina El-Filali, 16 ans, contrainte par sa famille d'épouser l'homme qui l'avait violée à deux reprises, s'est suicidée en ingurgitant de la mort-aux-rats. Aussitôt, les associations féministes ont réagi pour réclamer, comme elles le font depuis plusieurs années, la réforme du code pénal qui permet ce genre d'"arrangement". Mais la mobilisation la plus forte est venue des réseaux sociaux. A leur initiative, une nouvelle manifestation devait avoir lieu, dimanche 25mars, à Casablanca.

Plusieurs sit-in ont déjà réuni des militantes féministes et des jeunes brandissant des pancartes "Nous sommes tous des Amina", "La loi m'a tuée". Mais ces rassemblements de quelques centaines de personnes, somme toute modestes, sont sans commune mesure avec l'ébullition qui perdure sur les réseaux sociaux. Un compte Twitter #RIPAmina, pour "Repose en paix Amina", a ainsi drainé des réactions en chaîne, tandis que celui d'Abdellilah Benkirane, le premier ministre marocain, a été saturé de messages. Cinq mois après l'arrivée au pouvoir, pour la première fois au Maroc, d'un parti islamiste, le Parti de la justice et du développement (PJD), l'affaire Amina met en difficulté le gouvernement, qui semble tergiverser......


pour lire la suite :
http://www.lemonde.fr/afrique/article/2012/03/24/le-suicide-qui-bouleverse-…
_________________
La vérité est la lumière de feu que te dicte ton coeur.
"Shanti-Om"


Revenir en haut
Contenu Sponsorisé






MessagePosté le: Aujourd’hui à 11:35    Sujet du message: droits de l'homme et de la femme‏

Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    sur le sentier Index du Forum -> sur le sentier -> sur le sentier -> thèmes de réflexions en cours -> articles sur le net Toutes les heures sont au format GMT + 2 Heures
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  

Portail | Index | faire son forum | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB
Appalachia Theme © 2002 Droshi's Island
Traduction par : phpBB-fr.com
Designed & images by Kooky